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Il restera toujours un coucher de soleil

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

 

 

Il reste du temps que l'on ne peut compter

sous le ciel mansardé si petit.

La tapisserie déchirée cafarde même en juillet

plus personne ici ne défait les lits.


 

Il reste des lumières que l'on ne voit pas

dans les rues obliques aux relents de tabac froid

sur les silhouettes disparates des favelas,


 

les cages se referment sur les délits qui n'en sont pas

tandis que les truands s’entre-tuent sans foi.

C'est la loi.


 

Il reste de l'amour que l'on n'éprouve pas

sur un petit balcon à la lueur du crépuscule

un poète rêve de planètes de jacarandas,

sur une ligne glauque il joue au funambule.


 

Il reste des enfants sales aux genoux écorchés

sous les porches lugubres où les sanglots résonnent.

On leur a menti, la vie n'est pas un magasin de jouets

la mort est sans fleur et sans couronne.


 

Il reste, bien loin derrière les paupières

des souvenirs vivants où puiser un peu de force

un seul rêve suffit, envahi de lumières.

Il reste quelques arbres vibrants dans leur écorce.


 

Il reste des cendres, couleur grisaille

comme un soir sur le port de Brest

même à travers un hublot de paille

il est des souvenirs qui restent.


 

Un peintre inconnu déverse ses eaux

multicolores où, durant tant de nuits

il laissa dériver ses pinceaux.

Dans ses pots il cultivait des oranges.


 

Partout, pour un instant très court,

dans les solides jardins du roi,

comme dans les sordides arrières-cours

un coucher de soleil redonne la foi.

(J.E.octobre 2019)

Posté(e)

Il en va ainsi dans la cité de Dieu. Vous m'avez fait penser à cette chanson de la sublime Juliette :

 

 

 

Posté(e)

Bonsoir @JoailesMerci pour ce chant mélancolique, pourtant haut en couleurs.., quelle vérité et quelle précision ! 🙂 , le lecteur est pris par la main et visite ce quartier déshérité où malgré la violence et l'injustice, la vie, jour après jour, suit son difficile chemin, soutenue chaque soir par le spectacle, le même pour tous,  du coucher de soleil.

J'aime beaucoup ce poème plein d'humanité ❤️!

Posté(e)

Un autre poème qui expose ta sensibilité, cette fois-ci à la condition humaine dans ce qu'elle comporte d'injuste (et d'aléatoire, "Né quelque part" de Maxime le Forestier m'est venu à l'esprit). Je suis à court de cœurs, mais je repasserai...

Posté(e)

J'ai l'impression que vous me faîtes faire un voyage  et le contez comme Gérard Manset. Des vies noires et difficiles dont le seul recours est le soleil.

Modifié par Invité
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Pour moi là ça résonne  @Joailes merci 

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  • Semeur d’échos
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  • Auteur
  • Semeur d’échos
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Posté(e)

Ce rythme est ensorcelant, tout de liberté et de sonorité. Ma foi, en effet, Baden Powell aurait assez bien plaqué ses accords sur ces vers-là !

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
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Posté(e)

@Joailes

Finalement  Aznavour avait tord la misère n'est pas moins  pénible au soleil.

 

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  • Semeur d’échos
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Posté(e)

Comme Thierry moi aussi je pense à Léo Ferré en lisant ce superbe poème, bravo et merci.

Posté(e)
Le 06/10/2019 à 12:39, Joailes a dit :

Merci cher @Marc Hiver pour ton commentaire et ton hop cœur 🙂  généreux ! 

Merci @Loht , scout toujours ? 😉 

Que diable, non ! Le Baden Powell brésilien.

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