Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Tableaux pour un portrait : faire les courses

Featured Replies

Posté(e)

Une fois par semaine, pendant que Papa est au travail, Maman va au marché accompagnée de Mamie. Pendant les vacances je suis de la partie, avec mes frère et sœur. La sortie se fait en camionnette. Ce choix, au détriment de la voiture classique, est pratique pour caser les sacs et paniers chargés de provisions. C’est aussi une solution ingénieuse pour contourner la nouvelle réglementation de circulation : une vignette autorise l’utilisation des voitures seulement certains jours afin d’économiser le carburant qui se raréfie. Tous ceux qui en avaient les moyens ont acquis un deuxième véhicule. Mes parents ont opté pour un petit utilitaire gris aux formes arrondies. Il est confortable à l’avant et beaucoup moins à l’arrière. C’est pourtant notre place à nous, les enfants, installés sur des caisses, enfermés dans la semi obscurité et glissant à chaque virage. Maman doit conduire avec prudence. « Accrochez-vous les enfants !», dit-elle à l’approche d’un tournant, à travers la grille qui sépare l’habitacle du fourgon.

En dépit de ces conditions de voyage, j’aime aller faire les courses et me plonger dans un univers coloré, parfumé, animé. Mamie me laisse observer tout à mon aise et ne m’inflige pas de conseils de bonne tenue.

Nous nous rendons au marché de Surquillo, assez proche de la maison et bien achalandé. La voiture à peine garée, un jeune garçon propose ses services de gardien. Maman le connaît et accepte qu’il stationne à côté de la fourgonnette en notre absence.

Le tour du marché débute par les primeurs, pour les légumes. Nous passons vite devant les échoppes proposant des soupes et des empanadas, traversons les étals de la boucherie et de la poissonnerie.  Les fruits seront achetés à la marchande ambulante qui circule dans le quartier de la maison ; pour la viande, nous irons chez un commerçant allemand et pour le poisson nous nous arrêterons le dimanche au retour de la plage devant un pêcheur qui vendra ses prises sur le bord de la route.

Je cherche des yeux les deux tricoteuses installées habituellement en bordure du marché. Assises par terre, en vêtements traditionnels, entourées de pelotes de laine et de pulls de toutes tailles, elles tricotent et bavardent en attendant patiemment que quelqu’un s’approche de leur marchandise. Une fois repérées, j’observe leurs gestes minutieux et tend l’oreille à leur parler chantant que je ne comprends pas, du quetchua probablement. Elles me font signe d’approcher, en souriant. J’aimerais avoir leur dextérité et leur savoir-faire pour fabriquer un vêtement de poupée, un chandail minuscule orné d’un point torsadé. Mais maman m’appelle déjà et les achats se poursuivent à l’épicerie chinoise qui jouxte la halle. C’est un vaste local garni du sol au plafond d’étagères débordant de cartons. Par terre sont alignés des sacs de jute remplis de différentes graines multicolores. Des journaux imprimés de mystérieux idéogrammes sont empilés sur le comptoir.  Employés et clients discutent en chinois. De rares « étrangers » fréquentent le magasin. 

Les courses terminées Maman, qui ne peut pas tout porter elle-même, fait appel à un porteur qui nous raccompagne jusqu’à la fourgonnette. Nous rentrons.

 

Au retour d’une de ces sorties hebdomadaires, nous avons la surprise de voir la porte du garage ouverte et la pergola fleurie qui le surplombe saccagée. Les traits du visage de Maman se défont. Elle a compris : la maison a été cambriolée. Nous nous précipitons à l’intérieur pour constater que toutes les pièces ont été visitées. Les tiroirs des meubles et les portes des placards sont tous ouverts. Des objets de valeur ont disparu. Mamie pleure, Maman tente de la consoler. Dans le désarroi général, la porte de la maison est restée ouverte. Les cris et lamentations s’entendent jusque dans la rue. Notre voisine arrive, inquiète. Elle se présente et entre. Elle ferme la maison, aide Maman à appeler la police, prépare une tisane pour Mamie, rassure les enfants. C’est ainsi que nous faisons la connaissance d’Alicia.

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.