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Souvenirs d’enfance (Première partie)

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  • Semeur d’échos

Souvenirs d’enfance

Première partie

 

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La villa de tante Sybille, à Arcachon, avec le concours de l’IA

Lorsque j’avais sept ou huit ans, mon existence juvénile était rythmée par la danse de la serpillère et la musique stomacale de ma grand-tante Sibylle. Oui, aussi incroyable que cela paraisse, cette dame d’un âge respectable était une grande artiste, dotée de talents divers et jouant d’instruments variés. Cela peut sembler bizarre ou, à tout le moins, inattendu. Mais commençons par le commencement.

C’est tous les étés que je retrouvais cette parente dans la grande maison de famille qu’elle possédait à Arcachon. C’était une villa ancienne très chic qui donnait directement sur le rivage.  De cette façon, mes parents étaient rassurés sur mon sort, eux qui, plutôt originaux, s’en allaient passer le mois d’août au Népal ou en Mongolie, le sac sur le dos.

Il est certain que cette décision était sage, si mes parents ne l’étaient guère. Une enfant, fragile comme je l’étais, n’aurait pas supporté de vivre à la dure avec eux pendant tout un mois, traînée comme un paquet à droite et à gauche au sommet de l’Himalaya. Je ne me sentais même pas abandonnée ou sacrifiée aux goûts aventureux de mes ascendants. J’étais, disons, résignée à mon sort. Il y avait un lot de consolation. La jolie villa de tante Sibylle donnait sur la baie, elle était dotée du plus récent confort et un personnel bienveillant veillait à la bonne marche de l’ensemble.

Ma grand-tante Sibylle était cependant, il faut bien le dire, un peu maniaque. Elle possédait toute une collection de serpillères achetées un peu partout dans la région et se faisait un devoir de traquer l’ultime grain de poussière restant caché sur le sol de sa vaste demeure. C’était en fin de matinée, et tous les jours, qu’elle se déchaînait. Elle enfilait une sorte de scaphandre spatial à la Gagarine (pour se protéger des miasmes sans doute) et commençait les hostilités.

La femme de ménage, après avoir fait les lits, passait dans les chambres et les pièces à vivre tous les jours pour assurer la propreté des sols et des locaux. C’était une personne consciencieuse et le sol luisait après son ménage matinal. Mais pour tante Sibylle, ce n’était pas « parfait ». Quasiment munie d’une loupe, la tante passait après la gentille Geneviève et déclarait la guerre à la poussière (imaginaire). Gare aux petites jambes des enfants qui pouvaient traîner là ! Elles étaient copieusement arrosées par l’eau du seau, compagnon inséparable de la toile de jute sibylline.

Je courais quasiment d’une pièce à l’autre tous les matins pour échapper au zèle purificateur de tante Sibylle. Je finissais par me réfugier dans la cuisine. La brave cuisinière, Martine, ne manquait pas de me raconter de jolis contes à base de lapins et de porcelets malicieux (avant cuisson). Je passais là de bons moments, baignant dans l’aimable fiction et les odeurs de cuisson, dépourvues du moindre soupçon de cruauté machiavélique.

Pendant ce temps-là, ma tante se déchaînait, parcourant les pièces à grand pas et lançant sa serpillère comme on lance un harpon. Pêche miraculeuse ! Quelquefois, elle réussissait à harponner un grain de poussière ou un fil de soie. C’était alors de grands cris de joie, quasiment une danse de sioux. J’avais assisté parfois à cette démonstration d’allégresse et la toute petite fille que j’étais alors s’était interrogée très sérieusement sur l’équilibre mental de sa grand-tante.

Mais peu importait. Ce manège se renouvelait chaque matin avant le déjeuner pendant lequel ma grand-tante et moi-même savourions les produits locaux, sages comme des images et nous regardant mutuellement en chiens de faïence. L’après-midi était plus paisible, quoique… Je m’évadais dans le vaste jardin qui donnait sur la mer, lisant ou devisant avec les oiseaux pendant de longs moments. Quelquefois, je courais après les papillons en prenant soin de ne pas les attraper. Cette solitude relative ne me pesait guère car la compagnie de ma tante se révélait assez désagréable aux heures chaudes.

En effet, parmi les nombreux talents de ma grand-tante Sibylle, figurait celui de trompettiste… de l’estomac ! Était-ce l’âge, la digestion, l’air du temps ? Que sais-je ? Toujours est-il que tante Sibylle avait la digestion bruyante. C’était un vrai concert de borborygmes en tous genres qui se renouvelait chaque après-midi.

 

(À suivre…)

 

Modifié par Alba

  • Le titre a été modifié en Souvenirs d’enfance (Première partie)
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