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Baudelaire et l'éclipse fantôme (version finale)

Featured Replies

Posté(e)

Baudelaire et l’éclipse fantôme

 

 

J’ose supplier la rosée de l’innocence

D’illuminer en grâce feu Jeanne Duval,

Deux jeunes naufragés hantent l’Île de France ;

Un fier soleil sublime l’azur pastoral !

 

 

L’horizon rempli de féerie enchanteresse

Fuit l’éclipse fantôme de tes yeux d’agate,

Tu chéris d’innombrables larmes de déesse 

Puis bondis avec l’agilité d’une chatte.

 

 

Le trophée bouillonnant de ton ventre d’étain 

Prédit tantôt l’acmé de la concupiscence,

Sa substance amoureuse rappelle Gauguin

Inspiré par les vers de « Lola de Valence ».

 

 

Traduisant la meilleure esquisse d’un seul maître,

L’orée enchaîne la sirène du mystère

Contre ce sein devenu mon phénix champêtre ;

J’enfreins la vertu occultée sous le rosaire.

 

 

Cinq carillons lents jubilent au crépuscule 

Et la toison angélique inspecte le ciel,

L’enivrante oasis de candeur véhicule

Ta bouche écarlate ainsi le bon Nathaniel.

                                                                                                                

 

Notre vaisseau d’Éden gagne l’aube céleste,

Les récifs de santal bordant le Pacifique

Sollicitent l’offrande que Zeus admoneste

Sur ton minois, blason d’un Mohur britannique.

 

 

Nymphe d’ébène familière du Satyre,

J’ai l’odorat épris devant le doux fumet

D’un corps brûlant comme cette Sainte martyre ;

L’écume sensuelle heurte l’humble corset !

 

 

L’abondant verger de tes mirettes créoles

Nourrit ses sentinelles d’une teinte exquise,

Le miroir des ténèbres orne leurs coupoles

Livrées au sourire dont j’ignore l’emprise….

 

 

Ton iris, minaret jumeau du Taj Mahal,

Souffre le tendre ballet de trois chérubins,

L’armure de sang de tes lèvres est le Graal

Bombé vers l’abside des palais byzantins.

 

 

Mille baisers consacrent nos halos de chair !

L’indice folâtre d’une jambe perlée,

Matelassée de cuir ainsi le vieux haubert,

S’étoffe au charme de ta Méditerranée.

 

 

Savoure l’énième bluette diluvienne

Très près des gémonies du désir tropical ;

J’arpente l’intime nature mauricienne,

Les eaux turquoise béatifient le chenal.

 

 

Cher navire sorti des limbes en détresse,

Mon âme succombe au parfum toujours suave,

Ô maîtresse mélancolique, tu confesses

La féconde noblesse animant ton étrave.

 

 

L’embrun enlace le pèlerin disparate

Sous l’assaut lancinant d’une croupe alléchante,

Le rêve africain emporte loin ma frégate

Traverser le Styx et joindre l’Enfer de Dante.

Zéphyr jette sur le delta son dévolu,

Le dôme de tes cils, chapelle d’un regard,

Instruit ta beauté aux miracles de Jésus

Lorsque la brunante triomphe du brouillard.

 

 

L’office sulfureux des sylphides flagelle

La clarté des vagues empruntées par la douve,

Ton galbe échancré, nimbé de souple dentelle,

Divulgue sa cuisse bottée telle une louve.

 

 

Le mausolée soyeux de tes hanches épaisses

Cherche l’éloge de ma caresse tardive,

Moult tourments immaculés de plaisir professent

Sans envoyer notre voilier à la dérive.

 

 

La passion ressuscitée évoque Lazare,

L’audace d’une poitrine enfle sa guêpière

Complice de la moindre volupté barbare ;

L’obole charnelle dépouille l’aumônière.

 

 

Chère lune, observes-tu l’orbe diaphane ?

L’esprit sauvage, munificent laudateur,

S’échoue derrière un long spectre de courtisane ;

La Vénus bohème laisse moisir mon cœur !

 

 

Souvent l’interminable marée s’amoncelle,

Je me délecte de la nuit quand l’océan

Prodigue un éclair secret dans cette prunelle

Où Lucifer exécute son châtiment.

 

 

L’immense chevelure au mirage onirique

Magnifie bien le sommet de ta silhouette,

Cupidon épris par sa splendeur exotique

Berce le séraphin accordant la musette.

R-F LEFORT (15/3/2022)                                                                                                                                                                         

 

 

 

 

 

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une belle pièce poétique dans laquelle l'inspiration baudelairienne enflamme chaque vers !

Que d'émotion ressentie et transmise au lecteur !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Superbe développement poétique sur la maîtresse de Baudelaire.

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