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Accents poétiques

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Le rivage intérieur

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quelquefois je te sais ma terre, mon ancrage,

Tout en buvant l’angoisse à tes lèvres de feu,

Sous un dôme secret, lorsque je fais le vœu

De dominer le temps au-delà de notre âge ;

Quelquefois je te dis, en lisant ton visage

Que la lueur du soir encore dore un peu,

Qu’en toi j’ai confiance, en un fragile aveu

Au jardin du bonheur dont nous avons l’usage ;

Mais tu ne réponds pas, tandis que nous brûlons

L’arbre de notre amour et que nous hésitons

À disposer sa cendre au pays de nos rêves ;

Et le coeur déployé pour notre embarquement

Vers un autre rivage où les espoirs se lèvent,

Nous les voyons s’enfuir devant le firmament.

Modifié par Jeep

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un beau poème des espoirs déçus, le temps passe inexorablement, il faut cueillir le jour, mais seul le silence est la réponse à ce désir intense d'un écho amoureux !

Un rappel sans amertume et sans âcreté, la mélancolie voile ce doux poème du cœur.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un amour sans solution de continuité, terre d'accueil et non d'exil, de ce côté du rivage. Ce beau sonnet se lit comme du Lamartine.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 01/06/2026 à 18:50, Jeep a écrit :

Quelquefois je te dis, en lisant ton visage

Que la lueur du soir encore dore un peu,

Qu’en toi j’ai confiance, en un fragile aveu

Au jardin du bonheur dont nous avons l’usage

Ce quatrain est d’une grande musicalité…

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Deux rivages ... et entre eux, cette attente suspendue dans ce beau sonnet lamartinien, Jeep.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un beau monologue sur le rivage intérieur ...

"Mais tu ne réponds pas, tandis que nous brûlons

L’arbre de notre amour et que nous hésitons

À disposer sa cendre au pays de nos rêves "

C’est un sonnet élégiaque, mélancolique, d’une grande maturité poétique.

Il parle de l’impossible fixité : on voudrait que l’autre (femme ou terre, ou peut-être les deux ..?) réponde, qu’il soit un ancrage définitif, mais on n’obtient que le silence et la cendre.

Le poème ne pleure pas bruyamment, il constate, avec une douceur désespérée, que les espoirs s’enfuient au moment même où on lève les voiles.

La beauté du poème tient dans cette retenue : tout est dit, rien n’est dit.

Je lis et je relis, j'écoute le murmure ...

Superbe !

Posté(e)
Le 01/06/2026 à 11:50, Jeep a écrit :

Quelquefois je te sais ma terre, mon ancrage,

Tout en buvant l’angoisse à tes lèvres de feu,

Sous un dôme secret, lorsque je fais le vœu

De dominer le temps au-delà de notre âge ;

Quelquefois je te dis, en lisant ton visage

Que la lueur du soir encore dore un peu,

Qu’en toi j’ai confiance, en un fragile aveu

Au jardin du bonheur dont nous avons l’usage ;

Mais tu ne réponds pas, tandis que nous brûlons

L’arbre de notre amour et que nous hésitons

À disposer sa cendre au pays de nos rêves ;

Et le coeur déployé pour notre embarquement

Vers un autre rivage où les espoirs se lèvent,

Nous les voyons s’enfuir devant le firmament.

J’ai lu une caresse, une douceur de mots qui se déploie lentement à travers l’écriture sûre et certaine de celui qui aime passionnément… ce poème revêt tant de beauté, tant d’amour et de talent 💫

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