Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Reflets de fables 38) L’Enjeu

Featured Replies

Posté(e)

Les hommes contestaient Jupiter et son monde.

« Nous ne voulons d’un dieu qui se veut arrogant !

Qu’il soit à notre échelle et l’on verra s’il fonde

Un univers accommodant ! »

Clamaient-ils partout dans les rues.

Jupiter n’est content, il en tombe des nues

Et pour cette fois-ci, le sens est littéral

Puisqu’il atterrit dans la fange.

« Tiens ? Quel est ce nectar qui n’a rien d’idéal,

Se demande le dieu d’un ton que rien n’arrange.

Je ne me souviens point avoir créé ceci ;

Je ne fais cependant les choses à demi

Et si j’ai décidé d’inventer ce breuvage,

Je l’ai sûrement fait sans aucun gaspillage.

Que j’avise un humain, il dira ce qu’il faut

Et je corrigerai son plus petit défaut.

Jupin qui s’en dédit ou je suis un avare ! »

C’est là qu’un Fermier écoutait notre dieu

Et souhaite le prendre à son jeu.

« Seigneur, cette boisson, que je vous le déclare,

Est la meilleure invention !

Goût juteux, texture agréable,

C’est le nectar de l’homme et sans exception !

- Le fait est-il vérifiable ?

Lui répond Jupiter qui se veut plus malin.

- Sûr ! » fait le Fermier en sincère aigrefin.

Se saisissant d’un verre et sans nulle grimace,

Ce dernier démontre au dieu son grand dessein.

Il boit, il est content, l’autre admire l’audace

Et le paye comptant juste avant son départ.

Voilà le mérite de l’art

De mentir. L’on contente et le pauvre et le riche

Dans un même équilibre où tous font leur métier :

Le petit veut se plaindre ? Il joue à la godiche

Quand le grand le menace afin d’y remédier.

 

-----

 

Est-ce pour autant sûr ? Poursuivons cette fable

Et quant au Fermier une autre intention…

Jupiter reprend donc d’un ton désagréable :

« Quittons-nous à l’instant sur cette attention ! »

Le Fermier esquisse un geste :

« Seigneur, pardonnez-moi si je me manifeste

Mais n’avez-vous pas dit que vous changeriez

Qui vous apporterait la plus simple réponse ?

- Vous déformez. J’ai vu combien vous étiez

Un homme de parole et donc je vous annonce

Que rien en vous ne vaut une seule semonce !

- Justement, c’est là mon défaut :

Le fort se doit du faible éprouver le modèle.

Vous avez pu voir le dépôt

Que j’ai bu : serez-vous fidèle

A vos dires d’avant en en faisant autant ?

- Je n’ai jamais fait de promesse ;

Vous abusez, Monsieur : il faut que l’on vous laisse.

- Vous dites vrai, Monsieur, je suis là médisant.

Il n’en reste pas moins que je constate encore

Qu’un seigneur veut toujours qu’un manant corrobore

Ce qu’il a dit lui-même : « il dira ce qu’il faut »

Est le plus grand mépris de qui se trouve en haut.

- Vous méritez, Monsieur, que je vous fasse taire !

- Fais donc, Dieu méprisant qui pousse à la colère !

Tu descends dans nos champs, tu veux nous écouter

Mais nous devons parler comme tu le décides !

Selon toi, c’est parlementer ?

- Suffit ! Je n’en puis plus : tes propos intrépides

Seront tes derniers. Je te rendrai muet

Pour faire taire ton sifflet. »

Voilà les frais de la parole :

Le dominant aura pour lui l’ultime mot,

Le dominé n’aura que vaine gloriole,

Mais quand on pousse à bout, ne doutons de l’assaut.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un tableau original de la relation dominant-dominé à travers cette fable, la morale est d'une subtilité particulière !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Encore un gilet jaune qui tient tête à Jupiter !

Posté(e)
Il y a 14 heures, Nils Exo a écrit :

Les hommes contestaient Jupiter et son monde.

« Nous ne voulons d’un dieu qui se veut arrogant !

Qu’il soit à notre échelle et l’on verra s’il fonde

Un univers accommodant ! »

Clamaient-ils partout dans les rues.

Jupiter n’est content, il en tombe des nues

Et pour cette fois-ci, le sens est littéral

Puisqu’il atterrit dans la fange.

« Tiens ? Quel est ce nectar qui n’a rien d’idéal,

Se demande le dieu d’un ton que rien n’arrange.

Je ne me souviens point avoir créé ceci ;

Je ne fais cependant les choses à demi

Et si j’ai décidé d’inventer ce breuvage,

Je l’ai sûrement fait sans aucun gaspillage.

Que j’avise un humain, il dira ce qu’il faut

Et je corrigerai son plus petit défaut.

Jupin qui s’en dédit ou je suis un avare ! »

C’est là qu’un Fermier écoutait notre dieu

Et souhaite le prendre à son jeu.

« Seigneur, cette boisson, que je vous le déclare,

Est la meilleure invention !

Goût juteux, texture agréable,

C’est le nectar de l’homme et sans exception !

- Le fait est-il vérifiable ?

Lui répond Jupiter qui se veut plus malin.

- Sûr ! » fait le Fermier en sincère aigrefin.

Se saisissant d’un verre et sans nulle grimace,

Ce dernier démontre au dieu son grand dessein.

Il boit, il est content, l’autre admire l’audace

Et le paye comptant juste avant son départ.

Voilà le mérite de l’art

De mentir. L’on contente et le pauvre et le riche

Dans un même équilibre où tous font leur métier :

Le petit veut se plaindre ? Il joue à la godiche

Quand le grand le menace afin d’y remédier.

 

-----

 

Est-ce pour autant sûr ? Poursuivons cette fable

Et quant au Fermier une autre intention…

Jupiter reprend donc d’un ton désagréable :

« Quittons-nous à l’instant sur cette attention ! »

Le Fermier esquisse un geste :

« Seigneur, pardonnez-moi si je me manifeste

Mais n’avez-vous pas dit que vous changeriez

Qui vous apporterait la plus simple réponse ?

- Vous déformez. J’ai vu combien vous étiez

Un homme de parole et donc je vous annonce

Que rien en vous ne vaut une seule semonce !

- Justement, c’est là mon défaut :

Le fort se doit du faible éprouver le modèle.

Vous avez pu voir le dépôt

Que j’ai bu : serez-vous fidèle

A vos dires d’avant en en faisant autant ?

- Je n’ai jamais fait de promesse ;

Vous abusez, Monsieur : il faut que l’on vous laisse.

- Vous dites vrai, Monsieur, je suis là médisant.

Il n’en reste pas moins que je constate encore

Qu’un seigneur veut toujours qu’un manant corrobore

Ce qu’il a dit lui-même : « il dira ce qu’il faut »

Est le plus grand mépris de qui se trouve en haut.

- Vous méritez, Monsieur, que je vous fasse taire !

- Fais donc, Dieu méprisant qui pousse à la colère !

Tu descends dans nos champs, tu veux nous écouter

Mais nous devons parler comme tu le décides !

Selon toi, c’est parlementer ?

- Suffit ! Je n’en puis plus : tes propos intrépides

Seront tes derniers. Je te rendrai muet

Pour faire taire ton sifflet. »

Voilà les frais de la parole :

Le dominant aura pour lui l’ultime mot,

Le dominé n’aura que vaine gloriole,

Mais quand on pousse à bout, ne doutons de l’assaut.

Je suis épatée par tant d’imagination et l’écriture où la morale et la condition humaine sont évoquées avec une pointe d’ironie 😉💫

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La fable interroge sur les rapports de domination à travers le langage.

Le pamphlet est un art difficile que vous maîtrisez très bien, Nills Exo.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un magnifique pamphlet reflet d’actualité…

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Excellent! D'un bout à l'autre. J'en connais Un qui ne sera pas fier, là haut, ajustant ses divines lunettes, en lisant ce brillant double apologue... Voilà t'il pas que ses créatures lui font la nique! 💫

Modifié par Thy Jeanin

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.