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Mon corps n'est pas un simple objet !

Featured Replies

Posté(e)

Il n’est sans doute pas d’ici !

Dissimulant sa calvitie

Dans une casquette à visière,

Un monsieur à l’allure altière,

 

Son fameux Canon en sautoir,

Déambule avec nonchaloir

À travers les blanches ruelles

Où la lumière ruisselle.

 

Vieux ksar aux confins du désert.

Maisons accrochées à la pierre.

Plateau rocheux où rien ne pousse,

Et où des caprins se trémoussent.

 

L’étranger poursuit sa balade 

En jetant de vives  œillades

À  des filles et des gamins

Qui s’ébattent sur les chemins.

 

Soudain,  au fond d’une venelle,

Apparaît une demoiselle

À la taille on ne peut plus fine !

Quelles mirettes smaragdines !

 

L’homme pointe son appareil

Vers la ravissante Merveille,

Puis retentit le maudit clic !

Furieuse, la Belle réplique :

 

Bondissant  comme une tigresse,

Fond sur l’homme avec hardiesse.

─ « Mais qu’est-ce qui vous prend, monsieur ?

Vous avez le sable et les cieux,

 

Vous avez moult colifichets.

Mon corps n’est pas un simple objet !

Mon corps, ce n’est pas un joujou !

Prenez donc garde à mon courroux ! »

 

Sans  autre forme de procès,

Elle s’empare du gadget,

Le balance contre le mur.

 Il se fend comme un fruit trop mûr.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une scène du quotidien évoquée avec talent et précision qui donne à penser !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

De beaux vers pour clouer au pilori le photographe étranger, voleur d’images, aux confins d’un désert qui fait rêver.

Posté(e)

Le Photographus Impoliticus, reconnaissable à sa casquette (qui, soyons honnêtes, cache moins une calvitie qu’une absence totale de discrétion), équipé de son "Canon" (l’ironie du nom n’échappera à personne), déambule comme s’il était dans un zoo à ciel ouvert.

Le décor est magnifique : pierre, lumière, chèvres qui se trémoussent ... tout est prêt pour une carte postale. Sauf que les habitants ne sont pas des figurants et que la jolie demoiselle aux yeux émeraude est furieuse et revendique son droit à l'image !

Bravo au poète pour cette fable moderne : elle prouve que même au fin fond du désert, le respect reste la meilleure focale.


Posté(e)

Une bien jolie fable qui dénonce l'objectification du corps, le sans-gêne de certains touristes et le besoin de reconnaissance et d'identification de chacun. Votre texte m'a rappelé le roman de Michel Tournier, La Goutte d'or, dans lequel un adolescent part à la recherche de la photographie qui lui a pris son âme.

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 8 heures, Alba a écrit :

Une scène du quotidien évoquée avec talent et précision qui donne à penser !

Merci infiniment Alba. Votre commentaire m’honore et me ravit au plus haut point.

Les principes d’intimité et de  respect d’autrui en ont pris un sacré coup dans ce monde de la consommation débridée et de l’hypermédiatisation.

Les paparazzi font désormais partie de ce quotidien où l’espace public et l’espace intime n’en font plus qu’un. On voit cela surtout dans les villes, un peu moins dans les campagnes et beaucoup moins dans la région dont je suis originaire. Ce qui est encore plus grave, c’est qu’on se dévoile  soi-même aux  yeux de tout le monde, parfois dans le plus simple appareil, en se filmant ou en se prenant en photo. On marche  vraiment sur la tête. On perd la raison.

 

Il y a 8 heures, Jeep a écrit :

De beaux vers pour clouer au pilori le photographe étranger, voleur d’images, aux confins d’un désert qui fait rêver.

Il y a 8 heures, Jeep a écrit :

De beaux vers pour clouer au pilori le photographe étranger, voleur d’images, aux confins d’un désert qui fait rêver.

Vous résumez parfaitement ma pensée Jeep. À travers ces vers, je dénonce cet immixtion dans l’intimité d’autrui sans consentement, et par voyeurisme de surcroît. L’image de l’autre est devenue une source d’attraction et de curiosité. L’autre est chosifié, il n’est  plus un sujet autonome, un individu, du latin in-dividuus (qui ne peut être divisé au risque d’être détruit). Il devient un objet  s’inscrivant dans le consumérisme qui ne dit pas toujours son nom.

Il y a 7 heures, Joailes a écrit :

Le Photographus Impoliticus, reconnaissable à sa casquette (qui, soyons honnêtes, cache moins une calvitie qu’une absence totale de discrétion), équipé de son "Canon" (l’ironie du nom n’échappera à personne), déambule comme s’il était dans un zoo à ciel ouvert.

Le décor est magnifique : pierre, lumière, chèvres qui se trémoussent ... tout est prêt pour une carte postale. Sauf que les habitants ne sont pas des figurants et que la jolie demoiselle aux yeux émeraude est furieuse et revendique son droit à l'image !

Bravo au poète pour cette fable moderne : elle prouve que même au fin fond du désert, le respect reste la meilleure focale.


Excellente analyse Joailes. Bravo pour ta perspicacité. «… comme s’il était dans un zoo »,  ta métaphore animalière est très pertinente. L’autre est en effet réduit à l’état animal, c’est un objet d’attraction. La femme est devenue à certains égards un objet de convoitise s’inscrivant dans le consumérisme.  

Cette fable se veut universelle, elle célèbre  le courage de celle que l’on désignait autrefois abusivement par la périphrase : « le sexe faible ». Quoi qu’on en pense, elle l’emporte parfois sur l’homme, désigné aussi maladroitement par une autre périphrase : « le sexe fort ».

Sans prétention aucune, on peut faire des lectures plurielles de mon texte. C’est aussi une allégorie, celle-ci traduit  le rapport de force qui règne dans ce monde où l’on veut que la raison du plus fort soit toujours la meilleure. L’homme à la casquette, on peut en deviner l’identité, ce n’est guère difficile, il suffit de lorgner de droite  et de gauche pour voir sa face cramoisie qui crève les écrans de la planète. L’’appareil photo de marque japonaise « Canon » a pour homonyme le vocable « canon », cet instrument de guerre au moyen duquel on assoit sa suprématie et grâce auquel on peut aussi s’autoriser à attenter à la souveraineté d’autrui, s’accaparer ses richesses. La jeune fille aux yeux verts représente ces espaces  recelant des trésors étincelants qui font l’objet de convoitise.

Merci pour ton commentaire généreux.

 

Il y a 3 heures, Nils Exo a écrit :

Une bien jolie fable qui dénonce l'objectification du corps, le sans-gêne de certains touristes et le besoin de reconnaissance et d'identification de chacun. Votre texte m'a rappelé le roman de Michel Tournier, La Goutte d'or, dans lequel un adolescent part à la recherche de la photographie qui lui a pris son âme.

Votre commentaire est on ne peut plus pertinent. Je vous en remercie.

J’ai lu et relu le roman de Michel Tournier, La Goutte d'or, j’en étais captivé. L’auteur de Vendredi où les limbes du Pacifique  l’a écrit après avoir séjourné dans le désert.  Idriss, le personnage principal est pris en photo par une blonde qui conduit une Land Rover.

Le jeune adolescent décide de partir en France pour récupérer la photo. La photo, il ne la retrouvera jamais, encore moins la jeune femme blonde de la Land Rover. Il perd aussi le bijou, la goutte d’or.

La Goutte d'or, c’est le nom d’une rue à Paris, mais c’est un bijou qu’une femme noire, Zett Zobeida a donné à Idriss. Celui-ci montre le bijou à un orfèvre qu’il a rencontré sur le pont du  bateau Le Tipaza qui a appareillé d’Oran à destination de Marseille. (Je vous invite à relire le dialogue entre Idriss et l’orfèvre sur le bateau pp 102, 103.)

Ce que je n’ai pas aimé  dans le roman, c’est le prisme déformant du regard occidental.

Merci  derechef pour le commentaire

Posté(e)

La réplique centrale, « Mon corps n’est pas un simple objet », résonne comme un manifeste. On sent une empathie pour cette jeune femme, une manière de lui rendre sa dignité. La destruction de l’appareil photo devient presque un geste poétique : casser l’outil pour briser le regard.

Posté(e)
  • Auteur
Le 13/01/2026 à 14:26, Eathanor a écrit :

La réplique centrale, « Mon corps n’est pas un simple objet », résonne comme un manifeste. On sent une empathie pour cette jeune femme, une manière de lui rendre sa dignité. La destruction de l’appareil photo devient presque un geste poétique : casser l’outil pour briser le regard.

Merci  Eathanor pour votre commentaire fort pertinent.  Mon texte se veut être beaucoup plus  une dénonciation de la violation de l’intimité d’autrui qu’un témoignage de compassion  pour la  victime en l’occurrence la jeune femme. La destruction de l’appareil photo a pour moi une valeur hautement symbolique, elle traduit la volonté de se  libérer de la domination de l’autre.
Merci derechef.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le rythme rapide de ce récit me fait penser au genre de la fable. La réplique cinglante de la jeune femme est en soi une morale. A quoi le photographe eût pu rétorquer qu'il était un nouveau Doisneau...

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