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Quittance

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

 

Ils sont si nombreux à s’être glissés dans le sein de l’absence

Même les mécaniques les mieux huilées un jour brisent cadence

 

Quand il n’y a plus d’eau plus de fond dans la rivière sans poisson

Que le corsage des nues n’est que guenille de quinte saison

 

Le silence comme une vague de fond monte prendre la place

Le vent lui-même tait ses plus beaux chants de grâce

 

Et la nuit dissout dans l’encre les ultimes échos

Les derniers rêves absous malheureux oripeaux

 

Un vin voudrait-on la prose de cette existence

Dont en lice la lie où se perd la tempérance

 

Voici venue l’heure blanche qui ferme les yeux

Piètre caresse consolante au long des cheveux

 

*

 

Je voudrais quitter la ville par un jardin tranquille

et la plénitude des lunes enfin briserait le fil

 

je voudrais que ce soir-là ressemble à l’innocence

par laquelle venu j’entrai en patience

 

jardin n’y suffit il faut la mer il faut la cime

pour sa dette acquitter au cœur libre seing

 

rejoindre dans l’atome qui frétille pulvérulence d’astre

et dans le ciel au plus froid de la cendre hélas

 

entrer dans le grand ballet du désastre

d’un coup de balai salutaire au néant sa place !

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème exprimant un grand désenchantement, un désir d'ailleurs, une lassitude rêvant de départs.

Le train entre en gare...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Dans la densité des mots se lisent la dissolution de l’être en un « grand ballet du désastre » et la délivrance paradoxalement salutaire dans le néant. J’aime cette poésie visionnaire dont on ne sait si le fait de devoir régler la facture au grand tout est un acte de désespoir.

Posté(e)

Quittance est un poème radical.

Il ne se lamente pas, il règle ses comptes avec l'existence.

La mélancolie du début se transforme en une volonté froidement exaltante d'en finir, non par désespoir, mais par soif d'une libération totale, fût-elle dans la pulvérisation et le néant.

C'est un adieu au monde qui veut être un chef-d'œuvre, (et qui l'est) : un grand ballet . Le titre est parfait : il s'agit bien de solder, d'obtenir son reçu, de clore le dossier douloureux de la vie.

Un texte fort, sombre, et d'une cohérence implacable.

La voix qui s'y exprime n'a plus peur ; elle est déjà en partie absente, et regarde venir la fin avec une lucidité presque métaphysique.

Posté(e)
il y a une heure, Thy Jeanin a écrit :

 

Ils sont si nombreux à s’être glissés dans le sein de l’absence

Même les mécaniques les mieux huilées un jour brisent cadence

 

Quand il n’y a plus d’eau plus de fond dans la rivière sans poisson

Que le corsage des nues n’est que guenille de quinte saison

 

Le silence comme une vague de fond monte prendre la place

Le vent lui-même tait ses plus beaux chants de grâce

 

Et la nuit dissout dans l’encre les ultimes échos

Les derniers rêves absous malheureux oripeaux

 

Un vin voudrait-on la prose de cette existence

Dont en lice la lie où se perd la tempérance

 

Voici venue l’heure blanche qui ferme les yeux

Piètre caresse consolante au long des cheveux

 

*

 

Je voudrais quitter la ville par un jardin tranquille

et la plénitude des lunes enfin briserait le fil

 

je voudrais que ce soir-là ressemble à l’innocence

par laquelle venu j’entrai en patience

 

jardin n’y suffit il faut la mer il faut la cime

pour sa dette acquitter au cœur libre seing

 

rejoindre dans l’atome qui frétille pulvérulence d’astre

et dans le ciel au plus froid de la cendre hélas

 

entrer dans le grand ballet du désastre

d’un coup de balai salutaire au néant sa place !

Nous avons tant de dettes envers toutes choses, et nous mêmes… merci Thy Jeanin pour ce tableau lucide, triste et sombre au souffle puissamment poétique 💫

Posté(e)

Vous avez trouvé comment transformer l'effroi en apaisement. C'est d'un courage immense de regarder la mort en face et d'y voir, non pas seulement le vide, mais le retour à l'infini. Votre poème, Thy Jeanin, est une consolation que vous offrez et elle est vraie. Je suis très touchée par vos mots.

Posté(e)

Votre poème est fort bien construit avec ses deux parties en opposition et séparées par l'étoile ; quand la première évoque sans fard la mort, la seconde est d'une lucidité personnelle ("je") remarquable et profonde.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

jardin n’y suffit il faut la mer il faut la cime

pour sa dette acquitter au cœur libre seing

Très beau poème profond sur la relativité de l'existence et sa finitude, @Thy Jeanin

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 22/12/2025 à 03:44, Thy Jeanin a écrit :

Que le corsage des nues n’est que guenille de quinte saison

Un vers superbe dont vous avez le secret Thierry…

l’aspirateur ne remplacera pas le coup de balai plus que nécessaire !

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