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Ce qu'il reste des jours

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Chaque matin s’avance comme un mendiant vers la porte.

Au creux d'une paume ridée, juste une minuscule lumière.

Sur les lèvres, cette odeur de fer rouillé des nuits sanguines.

Le jour entre à peine mais déjà, un peu de moi recule.

 

Comme depuis ma naissance, les poussières me suivent.

Elle connaît mes gestes avant même qu’ils ne naissent.

Je bois, je respire, je survis, je recommence à mourir.

Dans la tasse, le café a ce goût des sols après la pluie.

 

Un premier pas dehors parmi les ombres contemporaines.

La ville endormie claque des dents sous le vent automnal.

Sur les vitres, les traces de ceux qui sont passés avant moi.

Fermer les yeux et voir le monde transpirer son absence.

 

Les ombres des passants dévorent ma silhouette éthérée.

Car vivre, ce n'est jamais qu'user son propre effacement.

Et pourtant, sous ce manteau de froid minéral, je souris

Comme le métal finira aussi par sourire avant la limaille.

 

Dans la rue, un chien fouille les papiers froissés du passé.

Je lui tends une caresse ourlée de brumes hésitantes.

Seul résonne le reflet d’un adieu que je n’ai pas su dire.

Rien ne s’échange dans le souffle des jours qui se retirent.

 

Un bruit de fonte neuve traverse la gorge du paysage.

Le ciel a cette teinte encrée des paupières avant les rêves,

Ce moment où chaque heure gratte la peau du monde.

Sous les écailles, le sang sacré des choses coule encore.
 

Et pourtant, sous la peau de l’obscur,

une braise tient tête à l’absence.

quelque part, dans la nuit,

Peut-être est-ce cela,

mourir un peu,

vivre encore.

Encore.

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Modifié par Estérina

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mourir un peu,

vivre encore.

Encore.":

Puissant!

Éathanor, vous avez écrit un poème d'une maturité rare, où chaque image pèse d'humanité. Des vers très maîtrisés et parlants.💙

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