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Accents poétiques

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Paradisiaque

Featured Replies

Posté(e)

Marcher sans savoir où l'on va, aller où vos jambes vous emmènent, ça c'est une idée ! Me voilà arrivé, et j'écris l'innocence des Origines redécouverte. S'il vous plaît qu'on m'oublie sur mon astre de fleurs des champs ! Mes habits ont brûlé avec leur ombre aujourd'hui pour que je vive en parfait sauvage en ce lieu paradisiaque où

la meule broie le grain de blé, où le silence hier tyrannique s'écoute, maintenant. Ici, des voûtes de fleurs ont la forme d'un berceau, le crime n'éveille plus l'instinct du prédateur. Le Mal pour le Mal ou le Bien pour le Bien, on a déjà choisi, ici.

« Tu ne peux pas te souvenir de moi et pourtant je suis dans ta mémoire depuis toujours... » entend-t-on murmurer depuis le chemin de terre qui traverse ce Louvre

vert de la beauté qu'est cette vallée solaire. Et les vieux soucis se déposent sur l'eau et du sang versé s'y mêle pour vaincre la mort et faire sauter les verrous de la porte du destin de l'homme en quête de sérénité. Le poème du monde débute ici. Et le poème du monde, c'est le roi des poèmes ! alors je souhaite m'y fondre définitivement jusqu'à atteindre le nirvana des grands jours.

Tout à l'heure, un oiseau buvait l'eau perdue sur la berge de la rivière qui emmène au loin dans les plies de son tablier blanc ce coin tout entier, où jamais, croirait-on, l'omniprésence d'une destruction du monde n'exista. Ici, l'abeille volette comme un songe de pâturage, et au milieu des prés aux herbes dressées pour être mangées,

le poète se sent berger de mots qu'il fait paître dans son poème. Les chevaux dans les prés des alentours promènent nombreux sur leur dos notre envie d'évasion. Merveilles jaunies des prés : divines étincelles d'un passé qui ne meurent pas.


Alors je crie « Vive le poème du monde ! » là où la béatitude accompagne le promeneur tranquille, et mon poème est tendu à chacune des extrémités de la splendeur de la vallée, me protégeant des orages de l'esprit. De mes mains jointes une église se compose et accueille en elle la prière du solitaire. Ici, l'amour d'un être cher mort on le sentirait encore des siècles après, car Dieu t'adore dans les taillis et par-dessus la verte colline ombragée, car tu lui fais honneur par ta seule présence, vois-tu !




Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un texte très riche et d'une grande émotion, rendant compte d'une expérience vécue et transmise au sein d'une nature accueillante et complice.

Tout cela est emporté par le souffle passionné du peintre-poète-philosophe, "berger de mots", qui sait voir au-delà du visible, percevoir l'avant tout en anticipant l'après, dans ses rencontres avec le présent.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 2 heures, Jean Luc a écrit :

Marcher sans savoir où l'on va, aller où vos jambes vous emmènent, ça c'est une idée

C’est aussi vrai pour votre plume, @Jean Luc , qui nous emmène sans coup férir en pays de poésie, là où

Il y a 2 heures, Jean Luc a écrit :

une église se compose et accueille en elle la prière du solitaire.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J'aime ta prose, @Jean Luc parce que je te sens profondément poète.

Je perçois ici des échos de Rousseau, le "parfait sauvage", de Whitman "la célébration d'un moi cosmique" et de la poésie mystique "la fusion avec le divin dans les taillis".

Le lyrisme, parfois incantatoire, cherche à transcender le langage lui-même pour atteindre un "nirvana des grands jours".

C'est un chant total, où tu te fais berger des mots et médiateur entre le monde et l'éternité.


Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un beau poème optimiste. Vous êtes, Jean-Luc, ce berger des mots que votre plume, dans une belle mise en abyme, célèbre en les faisant paître dans le poème du monde!

Posté(e)

Je suis ému.

Vos mots me touchent. Je vibre de cet unisson. L'univers est là qui vous entend.

Le propos est tellement évident. Claire et limpide.

Je scande votre poème comme Alan Stivell sur "Hommes liges des talus en transe".

Ou bien je le lis en écoutant "Sakura sakura" de Tamie Kitahara.

Qu'il porte bien son nom ce poème. Bravo. ! Merci pour le partage. Oui, merci.

Modifié par Errances

Posté(e)
  • Auteur

Merci!!!!!

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