Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Liturgie amoureuse

Featured Replies

Posté(e)

Sur tes mains ouvertes comme un ostensoir de désirs,

Je me prosterne, buvant le vin noir de tes veines mortes.

Sur l'autel fragile de ton corps se posent mes lèvres de cierge .

Chaque baiser s’élève en encens vers une divinité sans nom.

 

Sous la voûte des draps, nous célébrons l’office des ténèbres.

Ton ventre est une châsse où je dépose mes psaumes d’ombre.

Ton sang imaginaire ruisselle comme une hostie renversée.

J’y trempe ma bouche, avide d’un sacrilège amoureux.

 

Alors que s’incline la croix en feu sur tes reins meurtris,

Mon corps s’évide, calice rempli de sombres abîmes interdits.

Je lèche ta plaie béante comme une eucharistie de chair.

Ma langue communie aux cendres de ton haleine asséchée.

 

Colonne de marbre offerte au couteau, ton cou nu se dresse.

Je l’embrasse comme le prêtre scellant l’ultime sacrement.

Je me courbe devant ton sexe, tel devant un tabernacle maudit.

Tes hanches s'agitent comme des ailes d’archange crucifié.

 

Qu'importe que s'engloutisse le monde dans notre liturgie,

Les anges déchus veillent, brandissant des bougies de soufre.

Dans l’orgasme funéraire de notre grand-messe nocturne,

Nos chairs s’écroulent en poussière sous les stèles ardentes.

 

Et j’entre avec toi dans l’éternité des amants profanés.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

« L’ostensoir », « l’autel fragile » et « la grand-messe nocturne » viennent transformer l’étreinte charnelle en un rituel sacrilège où l’amour est à la fois prière et profanation, une liturgie dans laquelle le macabre côtoie l’érotisme et les mots jubilatoires.

Modifié par Jeep

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Célébrant sa messe noire d'amours sulfureuses, ce poème empli de belles ténèbres prend résolument le contrepied des hommages décoratifs et joyeux aux jouissances ensoleillées !

Une inversion heureuse : que de banalités fadasses doit-on lire au nom de passions hautement proclamées et soi-disant profondes !

Posté(e)

Eathanor, j'adore!

Votre univers gothique, presque macabre m'enchante. Il crée une atmosphère de passion tragique, où l'amour devient un rituel sacrificiel et où chaque terme sacré est détourné pour évoquer le désir, la souffrance et la communion des corps.

Posté(e)

Mon Dieu quelle expérience de lecture !

Une plongée dans l'extase de l'érotisme religieux ritualisé en sabbat à l'esthétique sauvage.

@Eathanor , qu'as-tu donc mis dans ton ciboire ? 😅

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J'imagine ce poème mis en musique...😉 il correspond tant à ton univers musical, @Eathanor .

Une liturgie amoureuse intense aux métaphores originales où foisonnent les symboles..

Posté(e)
  • Semeur d’échos

C'est une vision sombre, (et ça n'étonnera personne !) envoûtante et profondément originale de la passion amoureuse.

D'une intensité rare, ce poème construit une puissante et troublante métaphore religieuse pour évoquer l'acte d'amour. Le vocabulaire et l'imagerie de la liturgie catholique ("ostensoir", "autel", "encens", "hostie", "tabernacle") sacralise le corps de l'aimée et transforme l'étreinte en une cérémonie sacrilège.

Puissant !

Posté(e)

Ils furent bannis de s'être, se sont les êtres, trop aimés, d'avoir trop bu, d'avoir trop dit, ils sont désormais les macabres et si quelques souvenirs s'échappent encore, ils sont vapeurs au-dessus de leur demeure, celle que les respirants leur ont scellée.

Un poème qui tourne autour d'une vision.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le monde religieux est vaste @Eathanor

Posté(e)

Je lis votre texte comme un défi à la mort. Pour cela, vous vous rendez sur son propre terrain celui de la chair réduite en cendres. Cela vous donne l'occasion de célébrer des noces macabres servies par un vocabulaire religieux dont la maîtrise le détournement et l'insistance ont quelque chose de jubilatoire.

Posté(e)
Il y a 23 heures, Eathanor a écrit :

Sur tes mains ouvertes comme un ostensoir de désirs,

Je me prosterne, buvant le vin noir de tes veines mortes.

Sur l'autel fragile de ton corps se posent mes lèvres de cierge .

Chaque baiser s’élève en encens vers une divinité sans nom.

 

Sous la voûte des draps, nous célébrons l’office des ténèbres.

Ton ventre est une châsse où je dépose mes psaumes d’ombre.

Ton sang imaginaire ruisselle comme une hostie renversée.

J’y trempe ma bouche, avide d’un sacrilège amoureux.

 

Alors que s’incline la croix en feu sur tes reins meurtris,

Mon corps s’évide, calice rempli de sombres abîmes interdits.

Je lèche ta plaie béante comme une eucharistie de chair.

Ma langue communie aux cendres de ton haleine asséchée.

 

Colonne de marbre offerte au couteau, ton cou nu se dresse.

Je l’embrasse comme le prêtre scellant l’ultime sacrement.

Je me courbe devant ton sexe, tel devant un tabernacle maudit.

Tes hanches s'agitent comme des ailes d’archange crucifié.

 

Qu'importe que s'engloutisse le monde dans notre liturgie,

Les anges déchus veillent, brandissant des bougies de soufre.

Dans l’orgasme funéraire de notre grand-messe nocturne,

Nos chairs s’écroulent en poussière sous les stèles ardentes.

 

Et j’entre avec toi dans l’éternité des amants profanés.

Un poème à haute tension poétique où la communion du sacré : l’amour et la mort se célèbrent 😉 pas de dogmes juste une expérience extrême vécue depuis l’imaginaire de nos abîmes 💫

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Noire et suffocante ardeur d'amants moribonds avides de profanation. Une piété démoniaque anime cet office macabre et passionné. Le tout est orné de remarquables métaphores. Rien que celle-ci vaut la lecture!

Le 23/09/2025 à 16:21, Eathanor a écrit :

Ton ventre est une châsse où je dépose mes psaumes d’ombre.

Posté(e)

une divinité sans nom, mais divine quand même ! On n’en sortira pas, même par le blasphème ! Le corpus sacré est le lieu eucharistique de la consubstantialité ! Le rite est dévoration et retourne au divin en une consommation extatique, voire consumation. N’est-ce pas le but de tout sacrifice ? Pourquoi pas ; mais le projet n’en est-il pas dévoyé ? S’il était, toutefois ! En ceci que le sacrifice plaît à celui pour qui l'on officie et que par là on restaure la domination… de l’amour !? La messe, noire ou blanche, reste un sacrifice !

Bon, bravo pour la maîtrise du poème et son chant lexical ! Les copains-copines ont fait le nécessaire, j’y souscris.


Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.