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Rafales

Featured Replies

Posté(e)

 

Rafales


 

Je rentrais, âme épaulée, et sans fleur

j’avais perdu la guerre, personne pour y croire encore


 

Des ramées de vent raillent par les laies de bois noirs

on pense à l’effroi sidéral des marées

où se perdit l’enfance des étoiles

au foirail les bêtes pensives ruminent les trous noirs

et sur le train convolent des ciels sans mémoire

la lumière dépose sur l’indifférence crasse

le cri hautain coruscant des rapaces


 

Je retrouvai mes déserts

et quand passe le charroi pour dégager la voix des noyés

je descends et je la vois sans fin

et lointaine la peau étendue sur le kilim blanc

et le fil ténu de l’eau des jardins de sable

semble sourdre de lointaines résurgences

où je dormais les poings fermés sous la voûte

quand navigue en la nuit venue le havre-sac


 

En avais-je perdu la clé

écriture effondrée dans une cathédrale de vélin

une ronce de rosace sur la face cachée de la passion

une broche dans le dédale de sa peau

pourtant sur la boulaie avec le temps un à un

les arbres reprenaient la marche

et la tendre lisière des chevreuils broutait

la frondaison des fontaines blanches

gorgées de fiançailles.


 

Les crinières d’une rivière glacée

roulent dans l’échine des chevaux

frémissement prométhéen sur la fine pelure des carêmes

et la bête dressée sur l’antérieur désarçonne son archer

la cible-soleil le violon en mer les chardons bleus sur le sable

il était une fois qu’emporte maintenant

et l’ombre harassée des timoniers halant la barque

par le bord où le temps s’appuie légèrement à mon bras

fait fi des indolences pastorales


 

Au bout des terres affermées

les loups de velours dévoileront les canines des ages d’or

dans l’haleine blanche des brebis

et le temps reverdira sur les branches brisées

et leurs feuilles anciennes où naîtront les fleurs déshéritées

le temps où il était entouré de lierre, de noms d’oiseaux

et de mots mélangés aux graines, usés, muets d’amour

marcher, vagabonder encore dans les pollens dorés

essorer l’absence, s’asperger les sens

boire encore les venins à l’ivresse des chemins

soufi inconsolable de lumière

en chanter le silence


 

Aux marches du Palais je coucherai le soir qui tombe

sur la pierre refroidie de mon nom cerclé de rouge

les éclats noirs et blancs des micas magmatiques

couvriront d’utopiques semences sur l’horizon des limons

les yeux équarris, la bouche de sable, abattu, sous le fardier

j’attendrai que la mer se retire avec mes mots et ma tendresse


 

Sur l’écume de cette nuit en rafales

fleuriront noss épines blanches


 

 

 

 

Modifié par O Salto

Posté(e)
  • Semeur d’échos
il y a 37 minutes, O Salto a dit :

j’attendrai que la mer se retire avec mes mots et ma tendresse

Le surréalisme engendre des images surprenantes et des éclairs de sincérité, comme ce vers.

Posté(e)

Une profusion de visions singulières m'ont tenue en haleine tout au long de la lecture, vous avez su créer une atmosphère envoûtante, parfois malaisante.  J'ai beaucoup aimé. 

Posté(e)

Très joli et une belle maîtrise de la langue française. Merci du partage! 

Posté(e)

Au bout des terres affermées

les loups de velours dévoileront les canines des ages d’or

dans l’haleine blanche des brebis

et le temps reverdira sur les branches brisées

et leurs feuilles anciennes où naîtront les fleurs déshéritées

le temps où il était entouré de lierre, de noms d’oiseaux

et de mots mélangés aux graines, usés, muets d’amour

marcher, vagabonder encore dans les pollens dorés

essorer l’absence, s’asperger les sens

boire encore les venins à l’ivresse des chemins

soufi inconsolable de lumière

en chanter le silence

 

Très beau

Posté(e)
  • Administrateur

Un poème qui fait montre d'une habileté certaine de votre plume.

Mention spéciale pour cette atmosphère très particulière que vous avez su installer avec ces vers.

Posté(e)

Je savais que je n'avais pas perdu la saison, que sa clef était là. J'ai respiré les rafales qui reviennent sous le ciel. Merci.

Posté(e)

Vous m'avez embarqué sur votre navire à baroter de mots! Comme lorsque j'écoute Nougaro conter sa "plume d'ange"...C'est un beau voyage ma foi.

Posté(e)
Le 20/04/2020 à 22:57, O Salto a dit :

En avais-je perdu la clé

écriture effondrée dans une cathédrale de vélin

une ronce de rosace sur la face cachée de la passion

une broche dans le dédale de sa peau

pourtant sur la boulaie avec le temps un à un

les arbres reprenaient la marche

et la tendre lisière des chevreuils broutait

la frondaison des fontaines blanches

gorgées de fiançailles.


 

Les crinières d’une rivière glacée

roulent dans l’échine des chevaux

frémissement prométhéen sur la fine pelure des carêmes

et la bête dressée sur l’antérieur désarçonne son archer

la cible-soleil le violon en mer les chardons bleus sur le sable

il était une fois qu’emporte maintenant

et l’ombre harassée des timoniers halant la barque

par le bord où le temps s’appuie légèrement à mon bras

fait fi des indolences pastorales

Rafales, un surréalisme poétique de très belle facture.

Posté(e)

Belle écriture, libre.

Posté(e)

excellente lecture d'une écriture dont l'opacité ressemble à de la clairvoyance instinctive...

bravo!

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