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Des rêves plein mes jours

Featured Replies

Posté(e)

Brochée de lumières sauvages

Et émaillée par l'eau claire du ruisselet,

Où boit la mésange gênée rose de cœur,

Qui, timidement, perd un peu de mie

Dans le corsage béant de Sylvie,

L'agate au grimage clownesque,

Tombée de la poche du gosse distrait,

Gît dans les ives1 de joie à insectes bourrus ;

L'oeillette2 flammée empourprant le talus.

 

Au-dessus des mines de sang des Enfers

Une flûte sauvageonne chante pour Vénus,

Court après les cygnes amoureux traversant

Les visions folles des poètes,

ces verriers du rêve qu'ils sont...

Une mise au monde de tamaris se dessine 

Sur les draps blancs d'un ciel bas.

J'enlève sa robe à ma maîtresse Destinée

Que je pose au bord du vent qui l'emmène,

Et je m'enivre de poésie avec elle.

 

 

 

1L'ive est une plante commune à fleurs roses et jaunes.

2Variété de pavot.

Modifié par Diane
Corr titre

Posté(e)

Merci pour cette poésie. 

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront : « Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

 

Baudelaire, Le Spleen de Paris, XXXIII
Posté(e)

Les poètes mélangent les dimensions parfois, comme si chacune d'elle avait sa propre vibration, comme si le poète la ressentait avec la sienne pour en faire une autre et le tout devient unique comme l'est votre poème-oiseau-pierre-vent.

Posté(e)

Vos jours sont peuplés de visions magnifiques, qu'en est-il de vos nuits ? Une écriture vive et prenante 😊

Posté(e)
Il y a 4 heures, Jean Luc a dit :

Sur les draps blancs d'un ciel bas.

J'enlève sa robe à ma maîtresse Destinée

Que je pose au bord du vent qui l'emmène,

Et je m'enivre de poésie avec elle.

 

Un coeur sans hésitation, quand déjà bien séduite par ma lecture, ces vers me laissent songeuse. Que j'aime ! Merci.

Posté(e)
Il y a 10 heures, Jean Luc a dit :

Au-dessus des mines de sang des Enfers

Une flûte sauvageonne chante pour Vénus,

Court après les cygnes amoureux traversant

Les visions folles des poètes,

ces verriers du rêve qu'ils sont...

Une mise au monde de tamaris se dessine 

Sur les draps blancs d'un ciel bas.

J'enlève sa robe à ma maîtresse Destinée

Que je pose au bord du vent qui l'emmène,

Et je m'enivre de poésie avec elle.

Belle poésie. J'aime particulièrement la deuxième partie. 

Posté(e)
Il y a 12 heures, Jean Luc a dit :

J'enlève sa robe à ma maîtresse Destinée

Que je pose au bord du vent qui l'emmène,

Et je m'enivre de poésie avec elle.

 

Une très belle gravité.

Posté(e)

ici la nature songe comme un fil à plomb perdant la notion du vide de la verticalité

une sorte de tragique sérénité

merci

@Evenos

 

Posté(e)

… Un poème qui rejoint mon florilège personnel, avec une altération toutefois, d’ordre grammatical dans le titre ; « plein » n’est-il pas ici dans sa forme invariable ?

Posté(e)
il y a 26 minutes, LKazan a dit :

… Un poème qui rejoint mon florilège personnel, avec une altération toutefois, d’ordre grammatical dans le titre ; « plein » n’est-il pas ici dans sa forme invariable ?

Je pense que oui c’est une coquille j’ai corrigé.

 

Sinon joli texte oui.

Posté(e)
Il y a 14 heures, Jean Luc a dit :

Les visions folles des poètes,

ces verriers du rêve qu'ils sont...

J'adore. Exquise lecture. Bravo!

Posté(e)
  • Administrateur

Un cœur pour cette poésie d'une belle profondeur.

Posté(e)
  • Auteur

Merci à tous, et aussi pour la correction d'une faute inadmissible dans le titre, c'est très juste.

Modifié par Jean Luc

Posté(e)

Vos nues font le délice de nos têtes fleuries !

Posté(e)

Ivresse et inspiration. Merci pour ce joli couple.

Posté(e)

Il y a comme une résurgence de source, celle de Lautréamont bien sûr, qui fait des mots des sulfures dont le parfum se doit d'être vénéneux. Il n'y a pas de poésie sans risque.

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