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Accents poétiques

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Les jonquilles

Featured Replies

Posté(e)

En préambule, un généreux merci à celles et ceux qui m’ont accueilli sur Accents l’autre jour avec tant de délicatesse et dont j’entends bien visiter l’écriture …

 

 

 

Sur la rive étroite du chant je m’en vas

je marche d’un pas bleu et chante clair

comme depuis tant le temps s’en va

par les mots et par vous

j’ai ce pas dans la tête

et puisque par printemps se content les saisons

bon vieux ! je n’en veux plus compter

que les airs du temps

 

Sur le chemin j’étrille ta robe ma colline

je siffle et culbute mes strophes en l'air

mais l’écho me renverse les trilles

tes oiseaux manquent à la pelle

cris et vols mes anges aux ciels voisinent

je mémore vos couleurs

diable ! seules les noires en sautoirs

sur mes branches torses et nues

croches au vol silencieux

 

Le vent m'attend

sa corde raide l’autan me tend

le vent me grée à gré en brigantine

en perroquet de fougue, en perruche d’artimon

on s’y croit, fille des airs !

ma vieille souque s’en dérive et sans voile !

le céderai-je à la mélancolie de mes amarres

les yeux tannés par la langueur des troupeaux

gris qui errent et me terrent sur l’étang

je fus pirate quand je serai grand !

 

A l’aboi de l’heur au cyprès cimetière

deux chevreuils à l’orée m’ouvrent le deuil

je n’ai plus l’âge de mes souliers, tu sais

ni la pointure à l’amble de mes rêves

le vol des demoiselles aux cheveux noirs !

je n’entends plus l’aurore

veiller comme une vieille à sa grenouille

juste les matins anémiés de la terre

la mère fut une ogresse, un grand M pour elle !

je suis la vague déliée de ses entrailles

 

Il eut fallu une vie entière

pour me tailler une sépulture de papier

je vois une bière à l’ambre couverte d’écume

une nuée de vers au firmament diptère

une pierre qui roule sur le pan des astres

ce comptoir a des accents d’ivresse !

une bourde me réveille enfin de conte

trempée jusqu’aux os, ébouriffée, inquiète du voyage

j’ai plein de fleurs dans le panier

finirai-je d’aimer

avant la fin de la journée

 

 

 

 

 

Modifié par Diane
Corr.orth.

Posté(e)

Votre poème à l'allure mélodieuse m'a entraînée d'un bout à l'autre en me tenant par le coeur, j'ai adoré vous lire et je vous dépose donc un coeur et un remerciement.

Posté(e)

J'adore. Un grand coup de cœur. Poésie atemporelle capable de donner toutes voix aux choses muettes en partance. Le style et le rythme imposent une autre respiration celle de l'âme. Chapeau.

Posté(e)
Il y a 13 heures, O Salto a dit :

le vent me grée à gré en brigantine

en perroquet de fougue, en perruche d’artimon

on s’y crois, fille des airs !

ma vieille souque s’en dérive et sans voile !

le céderais-je à la mélancolie de mes amarres

les yeux tannés par la langueur des troupeaux

gris qui errent et me terrent sur l’étang

je fus pirate quand je serai grand !

 

A l’aboi de l’heur au cyprès cimetière

deux chevreuils à l’orée m’ouvrent le deuil

je n’ai plus l’age de mes souliers, tu sais

ni la pointure à l’amble de mes rêves

le vol des demoiselles aux cheveux noirs !

je n’entends plus l’aurore

veiller comme une vieille à sa grenouille

juste les matins anémiés de la terre

la mère fut une ogresse, un grand M pour elle !

je suis la vague déliée de ses entraille

Une poésie de très belle facture. Entre onirisme et confidence. Magnifique. 

Posté(e)
  • Administrateur
Le 11/03/2020 à 22:59, O Salto a dit :

un généreux merci à celles et ceux qui m’ont accueilli sur Accents l’autre jour avec tant de délicatesse

Ce poème que vous nous offrez est justement un merci très généreux 🙂 

Posté(e)
Citation

l eut fallu une vie entière

pour me tailler une sépulture de papier

Superbe texte, j'ai beaucoup aimé.

Posté(e)
Le 11/03/2020 à 22:59, O Salto a dit :

j’ai plein de fleurs dans le panier

finirai-je d’aimer

avant la fin de la journée

Les jonquilles ont la vie dure et tiennent bien même sans eau !

joli texte poétique Mr ou Mme O Salto 😉

Posté(e)

Une poésie élégiaque, celle d'un promeneur amoureux.

Posté(e)
Le 11/03/2020 à 22:59, O Salto a dit :

une pierre qui roule sur le pan des astres

Un poème qui s'en va et revient, des ondes qui se cognent et rebondissent dans vos jonquilles. Un pan parmi d'autres avec notre petite pierre en rotation. Intéressant. 

Posté(e)

Des strophes où les vers distille la raison. 

Un bilan d'une vie très inspirée.

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