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Sentinelles sans mémoire

Featured Replies

Posté(e)

Ils chuchotaient encore

Sous l’arche des ponts fourbus,

Des têtes se balançaient 

Comme des épis de nuit,

Etait-ce une prière ou une imprécation

Qui s’adressait au père perdu dans les éons ?

Un tulle  de brume habille les squelettes 

Des platanes en colère,

Les pages abîmées d’un livre oublié

Volent en oiseaux libres

Le long des sombres quais.

 

Des bruits de pas martèlent

Le silence des mémoires,

Doivent-ils nous réveiller

Ces souvenirs évanouis,

Pourquoi devrions-nous veiller

Sur ce verger ravagé ?

Nous ne savons plus qui nous l’a confié,

Nous ne savons plus qui nous a aimés,

Sous un soleil éteint

S’amplifie

Le cri d’une vague.

Modifié par Banniange

Posté(e)

@Banniange,

 

La forme esthétique transpose un contenu de vérité au coeur d'une exigence poétique. Et hop ! un coeur.

Posté(e)
Il y a 2 heures, Banniange a dit :

Des bruits de pas martèlent

Le silence des mémoires,

Qui doit venir réveiller

Les souvenirs évanouis,

Pourquoi devions-nous veiller

Sur ce verger ravagé ?

Nous ne savons plus qui nous l’a confié,

Nous ne savons plus qui nous a aimés,

Sous un soleil éteint

S’amplifie

Le cri d’une vague.

Sentinelle sans mémoire, une belle poésie contre l'oubli. 

Modifié par Invité

Posté(e)
  • Administrateur

J'épingle un cœur sur ces sentinelles sans mémoire.

Posté(e)

Votre texte fait écho dans ma mémoire à celui de Jean Cayrol:

 

"

Au moment où je vous parle, l'eau froide des marais et des ruines remplit le creux des charniers, une eau froide et opaque comme notre mauvaise mémoire. La guerre s'est assoupie, un œil toujours ouvert. L'herbe fidèle est venue à nouveau sur les appel­platz autour des blocks. Un village abandonné, encore plein de menaces. Le crématoire est hors d'usage. Les ruses nazies sont démodées.

Neuf millions de morts hantent ce paysage.

Qui de nous veille de cet étrange observatoire pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux? Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre?

Quelque part, parmi nous, il reste des kapos chanceux, des chefs récupérés, des dénonciateurs inconnus. Il y a nous qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s'éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que tout cela est d'un seul temps et d'un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous et qui n'entendons pas qu'on crie sans fin."

 

Nuit et Brouillard

Posté(e)
  • Auteur

Merci Marc, Seawulf, Eathanor pour vos commentaires chaleureux et un grand merci à Gabriel pour la référence à ce merveilleux poète Jean Cayrol, je ne connaissais pas ce texte, par contre je me suis rappelé de celui-ci :

 

Réveillez-vous, le froid est déjà à nos portes
et la lune se ferme comme une bouche morte.
Réveillez-vous, à votre porte on a posé
une épée, comme un enfant abandonné.

Réveillez-vous, la mort est déjà à cheval
on entend son galop dans l’écho du journal.
Réveillez-vous, hommes au gant d’acier
la nuit fait ses adieux au fond de la vallée.

Réveillez-vous, c’est moi fantôme des radios
je vous prête ma voix qui frappe dans le dos.
Réveillez-vous c’est l’heure où les lions vont boire
l’heure aiguë se referme en ses ailes d’ivoire.

Réveillez-vous, l’echelle est prête sur le mur
et la lune se lève au fond de vos armures.

Réveillez-vous vieille colère des fagots
chienne mal réveillée qui tire sur l’anneau.

Réveillez-vous, rage énorme des armoires
tremblement du plancher, bruits légers de l’espoir.
Réveillez-vous Seigneur ou vous serez mangé
Mon Dieu qui m’éclairez jusqu’au bout de l’allée.

 

et bien sûr, j'oubliais Natacha et sa légendaire empathie!

Modifié par Banniange

Posté(e)

Un rappel à l'humanité est une nécessité absolue et le poète en passeur de lumière devient indispensable dans nos sociétés. Merci pour ce texte.

Posté(e)

Simplement, un bel instant de poésie.

 

Posté(e)

un texte puissant sur les traces de sentes sentinelles que j'essaie de suivre dans mes Pyrénées inspirantes!

merci

Posté(e)

Un tulle  de brume habille les squelettes 

Des platanes en colère,

Les pages abîmées d’un livre oublié

Volent en oiseaux libres

Le long des sombres quais.

 

j aime beaucoup ce passage très imagé.

le texte est très beau dans son. Intégralité. Bravo !

Posté(e)

Un texte puissant , une très belle deuxième strophe qui invite au regard et à une forte vigilance, à une résistance

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