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Expérience 82 - Sujet 04

Featured Replies

Posté(e)

Expérience 82 - Sujet 04

 

J’ai essayé de me suicider tant de fois,
Voici que j’ai de quoi écrire après cela.
Moi qui pensais que vous m’aviez abandonné,
Vous m’exaspérez encore davantage ainsi.
Sachez s’il vous est possible de l’ignorer,
Que chaque instant que j’ai vécu dans ce caveau,
Je l’ai dédié à précipiter ma mort.
J’y ai tant travaillé en échouant sans cesse,
Il m’apparaît alors que mourir de mes mains,
Est d’une effroyable complexité.
Parfois je l’avoue il est amusant de voir,
De sentir la griffe de la vie,
S’accrocher aux fuyard de mon espèce.
Elle ne semble apprécier que sans consultation,
L’on déserte ses impitoyables arènes,
Sans même se repentir devant sa toute-puissance.
Quel est cet orgueil ?
La garce enlacera ma carcasse branlante,
Jusqu’à ce qu’elle se brise en grossiers morceaux,
A la manière d’un vase aux feuilles fanées,
Que l’on renverse un jour,
Par négligence,
D’un geste maladroit.
La vie ne sera-t-elle alors jamais lassée,
De gagner toujours à son misérable jeu,
Toujours selon ses quelques misérables règles ?
J’ai parfois été diverti de mes idées,
Certaines ne manquèrent pas de panache,
Jugez-en vous-même.
J’ai arrêté de respirer,
Me suis jeté contre le mur,
Tête en avant de toutes mes forces,
Parfois-même les deux à en même temps,
Je m’y suis entraîné,
Avec discipline.
J’ai essayé de m’étrangler,
De me briser la nuque.
Bien entendu vous ne me laissiez,
Ni la faim ni la soif.
Vous voyez j’ai été très occupé,
Mais désormais je m’ennuie terriblement.
Et vous en tant que geôliers,
Si au moins vous étiez beaux joueurs,
Si vous reconnaissiez l’ampleur des mes efforts,
Vous m’auriez achevé il y a bien longtemps.
Mais vous n’êtes que de bien pitoyables choses,
Alors je respire encore autant que je râle.
Vous autres qui lisez en riant,
Sans toutefois faire partie des réjouissances,
Faites dont savoir à ceux qui me laissent écrire,
Toute l’étendue de leur médiocrité,
Faites leur toucher du doigt,
Même une minute,
L’essence dispensable de leur existence.
Il y a néanmoins une chose admirable,
Pour laquelle vous pourriez implorer ma clémence,
Toutes ces feuilles de papier dans ma cage.
Il n’y a bien qu’en écrivant ce torchon,
Que j’oublie un instant cette envie de mourir,
Rendez-vous compte.
Je joue au savant que je n’ai jamais été,
M’essayant à des formes accablées d’exigence,
Que je salis sans aucun doute.
Cela occupe mes nerfs.
Mais assez de tout cela,
Je ne vous oublie pas pour autant.
Sachez qu’après quelques pas en cage,
Mon idée fut que si vous vouliez mon corps,
Vous le trouviez inerte,
Sinon déjà putréfié,
En pleine déliquescence,
 Sur le sol,
Une grande flaque,
Avec encore quelques morceaux,
Je vous aurais préparé un fameux cocktail.
Vous verriez tout ce qu’on corps peut contenir,
Se déverser en marécage,

Jusque sous vos yeux.
Et cette odeur…
Votre dégoût me réjouit d’avance,
Qui que vous soyez je vous souhaite le pire.
Vous m’avez eu sans loyauté aucune,
Et ce que vous avez fait de moi est haïssable,
Dans d’autres circonstances,
J’aurais eu votre peau.
En ce qui concerne la mienne,
Aucune de mes ruses,
Ne put m’en débarrasser.
Je n’arrivai jamais à mes fins,
Sans jamais comprendre les vôtres.
Tout ce que je peux faire désormais,
C’est saisir ma chance.
Du papier un crayon,
Je n’ai que l’embarras du choix,
M’ouvrir les veines me séduit assez.
Enfin si jamais je change d’avis,
Vous le verrez bien.
Allons je vous sers un dernier verre,
Mon imbuvable liqueur,
Cet indélicat concentré d’amertume.
Tenez, penchez-vous,
 Et ramassez-moi.
Délectez-vous de mon aigreur,
Pitoyables choses.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Se jeter sous un train est assez efficace, mais entraîne un retard pour les voyageurs, donc à éviter.😊

Posté(e)
Il y a 7 heures, Picotto a dit :

Il n’y a bien qu’en écrivant ce torchon,
Que j’oublie un instant cette envie de mourir,

Comme quoi l'écriture est LE remède ?

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Discourir, première bouée de sauvetage. Dire le naufrage, c'est le tenir à distance.

Posté(e)

J'aime beaucoup ce texte qui me semble, comme le précédent, jouer avec le lecteur en donnant la parole à un animal de laboratoire (dont nous, humains, ne sommes pas si différents il semblerait parfois). Très habile morceau d'anthropomorphisme qui souligne l'universalité de certaines émotions.

Posté(e)

Le moins qu'on puisse dire c'est que votre poésie sort des sentiers battus ... il est difficile de la commenter, je trouve, difficile d'en percer le mystère. 

Voudriez-vous donner un indice ..? 😉 

Posté(e)
  • Auteur

Merci de souligner ce point @Joailes, je dois encore travailler mon idée visiblement 😅

 

L'idée est un peu farfelue mais je vais essayer de m'expliquer... J'imaginais des êtres retirés de leur environnement et isolés de tout pour une durée indéterminée. Jusqu'à ce qu'ils trouvent de quoi écrire dans leur cage / cellule / sous sols ou autre. Ce que ces individus écrivent serait alors comme des rapports d'expériences, des résultats en eux-même, de l'effet d'un tel isolement sur de tels individus. Je me suis alors laissé à imaginer deux sujets de l'expérience, celui-ci et le sujet 03, avec des profils et des réactions différentes... 

 

Quant au protocole de l'expérience en elle-même, j'essaie de l'écrire pour en faire un texte digne d'intérêt,ce qui n'est pas gagné, tant dans le fond que dans la forme.

 

Je ne sais pas si tout cela à pu vous aider dans votre lecture, désolé si tout ça semble opaque ou hermétique, je ne me rends pas bien compte en ayant le nez dedans 🙂

Posté(e)

Ne soyez jamais désolé de ce que vous écrivez, continuez ... "C'est beau d'avoir élu domicile vivant et de loger le temps dans un cœur continu ..." (Jules Supervielle : un poème magnifique ! )

 

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