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Qu'un dieu vous serve (V, 8, 9 & 10)

Featured Replies

Posté(e)

Scène 8 – Arès, Jacques, un messager

 

Jacques : Voilà un oiseau de mauvais augure ou je ne m’y connais pas…

 

Arès : Que voulez-vous dire ?

 

Jacques : C’est un de mes collègues, sa venue ne présage rien de bon…

 

Entre le messager qui ne se rend pas compte de la présence d’Arès, invisible pour lui.

 

Le messager : Bonjour, Jacques. Je ne sais pas comment te l’annoncer mais…

 

Jacques : Ne t’en fais pas : je ne tue pas le messager. Qu’as-tu à me transmettre même si j’en connais déjà la teneur ?

 

Le messager : Je ne sais pas ce que tu as encore fait mais la direction de l’usine m’a chargé de te remettre ce pli. Tu es renvoyé pour faute grave. Je suis désolé de t’apprendre cela avec une manière si désinvolte…

 

Jacques : Ce n’est rien. Je suis seulement surpris de la célérité de la classe dirigeante. Ciel, comme j’ai dû leur faire peur !

 

Le messager : Tu t’es encore emporté, c’est ça ?

 

Jacques : Oui, et je dois maintenant en payer le prix. La colère est subite, ses conséquences sont longues ! Bonne chance à toi, mon ami.

 

Le messager : Ce serait plutôt à moi de te le dire mais je n’ai pas les mots…

 

Jacques : Alors ne dis rien, c’est mieux ainsi. (Ils se serrent la main, le messager sort. Jacques se retourne vers Arès, plus agité.) Je vois Jacqueline arriver et je sens d’amères amours en vue. Arès, s-il-vous-plaît ?

 

Arès : Non, Monsieur Jacques. Je suis sincèrement désolé mais cette guerre-là, je ne peux pas la remporter pour vous. Par contre, je veux bien rester à vos côtés.

 

Jacques : Merci à vous.

Scène 9 – Arès, Jacques, Jacqueline

 

Jacqueline : Tu n’as donc pas su tenir ta langue ?

 

Jacques : Ils s’en sont pris à nos enfants ! Que voulais-tu que je fasse ?

 

Jacqueline : Je ne sais pas, ton rôle de père par exemple…

 

Jacques : Je l’ai tenu ! J’ai présenté mes excuses au nom de Julien mais cela n’a pas suffi, il leur en fallait encore ! Jusqu’où devrons-nous nous rabaisser ? Dis-le moi donc au lieu de me regarder comme tu le fais !

 

Jacqueline : Jacques… Jacques… Décidément, tu ne peux pas avoir une conversation responsable sans parler aussitôt de rabaissement ou de mépris ou d’humiliation… Je vais m’arrêter là, la liste est trop longue ! Je te l’avais pourtant dit que tes colères émotives nous causaient assez d’ennuis comme cela !

 

Jacques : Mes colères émotives ? J’ai tenu un discours on ne peut plus cohérent, je ne vois pas l’émotion là-dedans ! Oui, je m’emporte, je le reconnais, mais pour de bonnes raisons ! Pour toi, pour les enfants, pour…

 

Jacqueline : J’ai une question à te poser. Te serais-tu exprimé de la même manière si Arès n’avait pas été présent ?

 

Jacques : Arès n’est pas intervenu !

 

Jacqueline : Ce n’est pas ma question… Ce que je veux dire, puisque je dois me montrer plus claire, c’est que la présence d’Arès t’aura inconsciemment poussé à exploser, encore plus que d’habitude si j’en juge par ce qui nous tombe dessus : ta perte d’emploi !

 

Jacques : Caius, Volubile et Matamore n’en seraient pas restés là… Tu le sais bien : il voulait ma peau !

 

Jacqueline : Mais te rends-tu compte de la portée du possessif que tu utilises ? Pourquoi ramènes-tu la situation à toi alors que tu parlais des enfants et de moi il y a une minute ? Il y a dix ans, j’ai accepté de rester auprès de toi mais désormais…

 

Jacques : Non, tu ne vas pas partir tout de même ? C’est à deux que nous sommes forts, tu le sais aussi bien que moi, épaule contre épaule !

 

Jacqueline : Sauf que c’est toujours mon épaule qui doit replacer ta clavicule et j’en ai assez de jouer les chirurgiennes… J’ai deux enfants, je dois m’en occuper ; tu avais deux enfants, tu t’es occupé de toi : là est la différence !

 

Jacques : C’est faux… Mes intentions étaient pures, je te le jure, elles…

 

Jacqueline : Hell… C’est bien ce qui nous tombe dessus !

 

Jacques : Jacqueline, tes jeux de mots ne m’amusent pas : que ferai-je sans toi ?

 

Jacqueline : Jeux de mots… ou jeux de vies ? Je m’interroge. Pour l’instant je préfère prendre mes distances et je pars chez ma mère avec Julien et Juliette.

 

Jacques : Mais c’est à l’autre bout du pays !

 

Jacqueline : Je sais… mais j’ignore s’il existe une distance assez grande pour contenir ton ressentiment ou te faire prendre conscience de ton manque de jugeote…

 

Jacques : Et qu’est-ce que j’aurais dû faire selon toi ?

 

Jacqueline : Trois mots : feinte, mesure, subtilité. (Elle s’en va, Jacques ne réagit pas. Au bout d’un certain temps, il se tourne vers Arès.)

 

Arès : Cela ne vous consolera pas, Monsieur Jacques, mais j’ai aussi une séparation en vue.

Scène 10 – Arès, Chœur des Amazones, Jacques

 

Le coryphée : Que veux-tu, dieu premier rejeté parmi les dieux ? Tu nous as appelées, nous venons à toi, obéissantes malgré notre incompréhension.

 

Chœur des Amazones :

Oui, que veux-tu, toi qui contiens ta fureur ?

Sœurs, nous étions ; guerrières, nous resterons :

Que viendrait demander le laboureur

Qui ne trace pas droit son sillon ?

 

Arès : Une simple confirmation, vous venez de me la donner.

 

Le coryphée : Éclaire tes propos, dieu premier rejeté parmi les dieux. Nous ne te reconnaissons plus et c’est toi qui nous en apporte la confirmation.

 

Chœur des Amazones :

Oui, que veux-tu, toi qui contiens ta fureur ?

Guerrières, nous étions : sœurs, nous resterons :

Ton sillon n’est même plus droit désormais,

C’est ton âne qui le trace à ta place.

 

Arès : Guerrier hier, paysan aujourd’hui : après tout, l’homme qui porte la lance ne doit-il pas un jour retourner à la terre ? La boucle est bouclée, je n’ai plus rien à vous dire : partez, je ne saurais davantage tolérer la présence de qui ne me comprend pas.

 

Le coryphée : Nous partons donc, dieu premier rejeté parmi les dieux. Puisque tu ne veux plus de ta fonction, il est inutile de poursuivre : ton sort est acté.

 

Chœur des Amazones :

Oui, que veux-tu, toi qui contiens ta fureur ?

Guerrières, nous étions : sœurs, nous resterons :

Ce n’est plus l’âne que tu montes mais l’âne qui te monte,

Que tous deux vous alliez chez l’équarrisseur !

A suivre.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Voilà des scènes dramatiques (au sens émotionnel du terme) qui relancent le suspense : le lecteur (ou le spectateur) se tord les mains d'inquiétude !

À suivre...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La guerre est partout! Arès se soucie bien peu de la lutte des classes...

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