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Détisser les abîmes

Featured Replies

Posté(e)

Au gong d’un morbide bal de cauchemars,

Une abomination mi-père, mi-crapaud, géante,

Aux yeux luisants couleur suie, bouche béante.

Fruit de l’étreinte pestiférée de batracien et de mare

Du néant, gargouille baveuse aux pores déconstruits

 

Suintant la bile, remueuse de mauvaise tourbe

De l’Etang-aux-Morts, statue d’algues au charme détruit,

Concentré du mal, rejeton en laisse d’un démon fourbe ;

Était-ce ma peur qui me faisait te croire immobile ?

 

Scellée, par les chaînes troublantes d’un abandon débile,

Aux maillons forgés sur une enclume d’immondices ;

Restait l’unique vision d’une chimère comme supplice,

Au coassement décuplé par les tréfonds d’un enfer

 

Distordant le cauchemar, empoignant mes artères,

À en faire bourdonner mes tympans,

À me réveiller sur-le-champ.

 

 

 

Si tant est que, parfois, je me demande

Si je ne dors pas réellement accompagnée,

Comme ce jour, où, lorsque l’aube perce

Enfin les petits trous des volets roulants,

 

J’aperçois un reste de jambe en travers

Du lit. Un pied qui dépasse à l’horizontale,

Ni trop grand, ni trop petit, lui aussi

Immobile. Quand rien ne bouge, l’esprit si.

 

Alors, je me dis qu’il me faut me recoucher,

Ou aller consulter, ou tirer toute cette affaire au clair.

Oui, faisons cela, tirons voir cette maudite couette.

À mon grand désespoir, cela ne change rien

 

À cette forme de travers qui ne me sied pas,

Qui ressemble encore à un pied de travers.

 

J’aurais préféré me savoir endormie,

Plutôt que bloquée avec l’illusion du noir,

Dans mon lit mezzanine.

 

 

 

Les jeux des ombres crépusculaires

Me paraissant tellement sincères,

J’ai dû y trouver quelque bête parade,

 

Héroïne de mes nocturnes bousculades.

Mon lit est désormais sûr, un sanctuaire,

Je n’y redoute plus présences étrangères.

 

Adieu, formes tapies dans la fange,

Mains saisisseuses de pieds,

Bouches dévoreuses d’anges,

 

Contours visqueux à la démarche larvaire,

Restez bien loin, je ne vous laisserai plus faire.

 

 

 

J’ai manqué le coche, plouf dans la mare ;

Embourbée à nouveau dans les eaux putrides,

Bien qu’éveillée, tout autour s’est fait noir,

Seule à lutter contre mes démons placides.

 

Celui-là, part des tréfonds de mon estomac

Comme noué, est-ce encore mon corps ?

La vile présence fomente quelque chose en bas,

Remuant des horreurs dignes d’un mauvais sort,

 

Cherchant la sortie, désespérant mon salut.

Le monstre aux tortillements dénués de sagesse,

S’en va par l’œsophage aux bords distordus.

Comment s’y prendre pour qu’il ne me blesse ?

 

Dans un semblant de geste de désespoir,

Les mains tâtonnant l’air des possibilités,

Appétit démoniaque, je gobe le repas du soir,

En espérant que la bête se soit calmée.

 

 

 

Où naissent les cauchemars sinon dans l’esprit ?

Parti prenant, je me laisse choir dans mon lit

La nuit est claire et tachetée, l’air paisible,

Bruits de fond glissent sur mon corps impassible…

 

Une eau limpide, où flottent des rayons éphémères

Traversant le regard, l’esprit, de joie, réverbère

Cette lumineuse chaleur aux filaments sensibles :

La mer me murmure ses mots indicibles.

 

Alors pourquoi ne puis-je plus y respirer, 

Tels les poissons aux écailles dansantes

En banc, en ballets ? Je vois les autres admirer

Le chemin de l’eau dans ma gorge délirante.

Posté(e)
il y a une heure, Kurauh a écrit :

Au gong d’un morbide bal de cauchemars,

Une abomination mi-père, mi-crapaud, géante,

Aux yeux luisants couleur suie, bouche béante.

Fruit de l’étreinte pestiférée de batracien et de mare

Du néant, gargouille baveuse aux pores déconstruits

 

Suintant la bile, remueuse de mauvaise tourbe

De l’Etang-aux-Morts, statue d’algues au charme détruit,

Concentré du mal, rejeton en laisse d’un démon fourbe ;

Était-ce ma peur qui me faisait te croire immobile ?

 

Scellée, par les chaînes troublantes d’un abandon débile,

Aux maillons forgés sur une enclume d’immondices ;

Restait l’unique vision d’une chimère comme supplice,

Au coassement décuplé par les tréfonds d’un enfer

Très belle partie débutant ce poème, mots surprenants et délicats qui escaladent les vers.

Superbe!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La mare fait place à la mer et les eaux deviennent limpides. Et les rayons flottent,

" cette lumineuse chaleur aux filaments sensibles ". Superbe métaphore, @Kurauh.

La fin est troublante.

Un cauchemar qui paraît si réel... Quelle intensité en tes vers, @Kurauh !

Tu parviens à détisser les abîmes. 

Très émouvant et superbe poème.

 

Modifié par Sophie

Posté(e)

Il y a bal dans la mare.

Posté(e)

Un poème onirique, délirant, ce qui justifie son déroulement abracadabrantesque. L'ambiance du cauchemar y est prégnante. Le mètre est variable, ce qui s'accorde avec le sujet. En revanche, je pense que les rimes embrassées ne sont pas vraiment adaptées. J'airai plutôt vu ce poème totalement en poésie libre.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Il me semble que ce superbe cauchemar devrait trouver un écho auprès de notre cher @Eathanor

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le lit, lieu de tous les cauchemars dont les épisodes se succèdent, ferait-il place à des rêves plus légers que la poésie y perdrait sans doute de son intensité.

 

Posté(e)

Ouf! Je suis arrivée au bout complètement épuisée 

tu me sembles avoir des nuits bien agitées ! 😄

Posté(e)

Troublant, ce cauchemar qui dure jusqu'à une sensation d'étouffement. Après lecture, surtout si c'est en fin de jour, prendre deux tasses d'escholtzia et quelques benzodiazépines.  

Posté(e)

@Kurauh

 

Que dire de plus ? Et hop !

Posté(e)
  • Administrateur

Avec un titre et un contenu pareil Kurauh, comment veux-tu que je ne succombe pas... Tes cauchemars me font rêver 😈

Posté(e)
  • Auteur

Ma démarche a été la suivante : j'ai d'abord été inspirée de la thématique après une lecture d'un poème de @Racine Montignac. J'ai voulu tenter ici une sorte de frise chronologique des cauchemars qui m'ont le plus marquée et effrayée. C'est donc un résumé de l'enfance jusqu'à l'âge adulte, d'où l'impression d'évolution et d'étirement. Cela a le mérite de montrer qu'il y a pléthores de chemin possibles qui mènent aux mauvais rêves. Le dernier, qui paraît mystérieux, ne l'est pas tant que cela, il s'agit d'un rêve qui a mal tourné suite au versement d'un liquide dans ma bouche, alors que je dormais paisiblement...

@Ferrandeix, je vous rejoins sur ce point : un peu plus de liberté n'aurait pas fait de mal, même si par plusieurs endroits, je me suis pas mal affranchie des rimes. 

 

Merci à vous d'avoir eu le courage de venir barboter dans la mare 🐸 @Eathanor, @Marc Hiver, @Joailes, @Diane, @Jeep, @Tarentaise, @Illiz, @Sophie, @Ambre.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Résultat d'une nuit d'insomnie hallucinée? En tous cas, une évocation impressionnante des vilains tours que nous joue l'esprit (que nous jouent les esprits?) la nuit! Quelle entreprise que détisser les abîmes, superbe titre qui me rappelle un certain Gracq. Ta plume aura tissé un compte rendu impressionnant sur le mode lyrique. Chapeau! 💫

Posté(e)

Je viens à mon tour de barboter dans cette mare @Kurauh

et toutes mes félicitations, quelle inspiration, l'ambiance, les images et le farfelu des cauchemars y sont, et interprétés avec rythme et poésie... et on a l'impression de ne pas s'en sortir

comme disent les anglais pour cauchemar, a real nightmare... (mare de la nuit?)

 

Posté(e)
  • Auteur

C'est un univers tellement mystérieux @Thy Jeanin, je me demande si la toile que j'ai tenté de détisser n'est pas sans fin. Peu importe, cela fait office d'exutoire. C'est aussi une manière de montrer que malgré les batailles durement gagnées, les cauchemars finissent toujours par revenir, même par les voies les plus improbables.

 

Je vous rassure @Racine Montignac, j'ai eu l'impression de ne pas m'en sortir non plus pendant l'écriture 😭

Mais cette accumulation combinée à différents styles résume bien cette sensation de lourdeur et cette impression d'être démunie face au bal des cauchemars. 

 

Je vous remercie tous deux pour vos compliments très touchants.

Posté(e)

Le cauchemar ou coche-mare qui rappelle ici  l'insidieux marécage, les eaux malsaines et lugubres, la vouivre cachée quelque part sous les immondices de la nuit...Un puissant et efficace champs lexical évente d'étranges images tout le long du poème avec des sas intimistes qui en disent suffisamment sur votre sincérité. On ne sort pas naufragé de vos vers tourmentés mais ils nous questionnent sur nos propres démons expulsés des abysses.

Belle lecture. Merci et bravo.

Posté(e)

La lecture de ce poème est épuisante, pas parce qu'il est mauvais, au contraire, mais parce que son intensité ne faiblit pas malgré sa longueur. J'ai la chance de ne jamais me souvenir ni de mes rêves ni de mes cauchemars, je ne t'envie pas ! 😁

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