Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Quel cauchemar ! - La Poésie au fil du temps V

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quel cauchemar !

 

La satire souvent paraît méchanceté,
Elle agresse, elle blesse, elle semble sans âme,
Fruit d'un petit esprit empreint de lâcheté,
Elle n'amuse pas et devient vite infâme.

 

À l'inverse, Boileau reste toujours plaisant :
Sa peinture est alerte et sa phrase joyeuse
Détaille avec humour le portrait complaisant
D'un théâtre de ville à la mine fangeuse.

 

Le lecteur est ravi par cette plume d'or
Qui le fait tant sourire, il assiste à la scène,
La foule et puis le bruit, ce si vivant décor
Où prend place celui qui voudrait fuir l'arène.

 

Alba

 


***

 

Les embarras de Paris, 1666
Nicolas Boileau

 

Qui frappe l’air, bon Dieu ! de ces lugubres cris ? 
Est-ce donc pour veiller qu’on se couche à Paris ? 
Et quel fâcheux démon, durant les nuits entières, 
Rassemble ici les chats de toutes les gouttières ? 
Encor je bénirais la bonté souveraine, 
Si le ciel à ces maux avait borné ma peine ; 
Mais si, seul en mon lit, je peste avec raison, 
C’est encor pis vingt fois en quittant la maison.

 

En quelque endroit que j’aille, il faut fendre la presse 
D’un peuple d’importuns qui fourmillent sans cesse. 
L’un me heurte d’un ais dont je suis tout froissé ;
Je vois d’un autre coup mon chapeau renversé. 
Chacun prétend passer ; l’un mugit, l’autre jure. 
Des mulets en sonnant augmentent le murmure. 

 

Moi donc, qui dois souvent en certain lieu me rendre, 
Le jour déjà baissant, et qui suis las d’attendre, 
Ne sachant plus tantôt à quel saint me vouer, 
Je me mets au hasard de me faire rouer. 
Je saute vingt ruisseaux, j’esquive, je me pousse ; 
Guénaud sur son cheval en passant m’éclabousse, 
Et, n’osant plus paraître en l’état où je suis, 
Sans songer où je vais, je me sauve où je puis.

 


***

Posté(e)

Haha j'adore la chute!

 

Merci pour cette découverte @Alba

Cela dit en passant (et pas en poussant), je suis vraiment charmé par votre petit poème, 

et entre les deux, mon coeur balance...

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci d'apprécier ces stances en hommage à Boileau !

 

Vous trouverez une illustration du poème ici (Sphyria est mon autre pseudo), d'après une gravure du XVIIème siècle :

8gse.jpg

 

Modifié par Eathanor
Insertion de l'image dans le corps du texte

Posté(e)
  • Administrateur

@Alba, j'ai inséré l'image directement dans le corps de votre message précédant le mien. Elle n'en sera que mieux mise en avant 🙂 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un cauchemar si bien dépeint, @Alba. Bravo !

Posté(e)

Je vous rejoins sur ce point @Alba, je ne perçois pas de méchanceté dans les vers de Boileau qui revêtent plutôt une dimension comique. Un bel hommage à un poème toujours d'actualité, bien que les transports et les conditions sanitaires aient évolué.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le poème de Boileau est un témoignage vivant et précieux du quotidien des parisiens au XVIIème siècle. Je n’y vois pas exactement une satire.

Modifié par Jeep

Posté(e)

Lire la poésie et parois rebondir sur un poème. Merci pour ce rebondissement.

Posté(e)

@Alba

 

Sacré Boileau, il nous fera toujours rire ! Et hop !

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci à vous !

 

Ce texte est extrait des Satires de N. Boileau, publié en 1666. Il est en fait beaucoup plus long, j'ai publié un extrait.

 

N'hésitez pas à lire cette satire en entier, elle vaut le détour.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Il faut reconnaître quand même que la nuance est ténue entre la satire des baroques qu'il étrille et la sienne, écrite avec des gants. Il n'empêche: de quelle réjouissante verve fait preuve ce théoricien du classicisme!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Savoir se moquer avec l’esprit de finesse n’est il pas le trait de la vraie satire…

Merci chère @Alba de nous avoir conduits sur les trace du grand Boileau.

Posté(e)

Merci @Alba pour ton introduction poétique dont le dernier quatrain fait mouche. Le poème de Boileau n'a aucune méchanceté probablement parce qu'il semble se moquer autant de lui-même que de son environnement, et le fait avec esprit et talent. Je me demande ce qu'il écrirait sur les jours noirs de bison futé sur l'autoroute ! 😁

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.