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Rêver d'un Montmartre de cristal

Featured Replies

Posté(e)

Rêver d'un Montmartre de cristal

 

 

Lecteur, noble convive rempli d'amertume !                          

Au réverbère scintillant de la conscience,

L'austère lanterne de miel supplie l'écume,

Le bouquet des nuages poétise l'ambiance.

 

 

L'alouette souveraine nous importune,

La chaste fraîcheur d'août console son lilas,

Soleil demeure bon soupirant d'une lune,

Ses faisceaux fragiles épousent le magenta.

 

 

L'archange des nocturnes solitaires s'éveille,                         

L'adepte de l'espoir dépose le calibre !

Dame nostalgie, prodigue, me conseille, 

L'horloge posthume s'accélère mais je vibre.  

 

 

Du jardin de l'enfer s'échappent deux martyrs,

L'antique romance valse dans l'atmosphère,                

L'honneur mystique ravive d'humbles souvenirs ;

Tu peux savourer ma tendresse millénaire.                  

       

 

Quelques couleurs inspirées d’Éden te passionnent,

Ce soir fumé expire sans moindre retard,

Les jours bleutés de l'adolescence rayonnent

Sous la voûte étoilée berçant ton regard.                              

              

 

Nymphe fertile des vallées de Cocagne,

J'ai goûté un nectar suave de mémoire,

Aucune considération ne t’accompagne  

Devant la basilique couronnée d'ivoire.  

        

                   

Côtoyant d'étonnantes visions byzantines,

Le vent me conte sa meilleure mélopée,

L'Orient parisien laisse sonner les matines ;       

D'augustes flammes rassasient la rosée !                             

 

 

L'essence sauvage m’initie au sacrifice,

J'hante vos marches parfumées du secret,

Ta beauté nacrée comme cet édifice                          

Ressuscite bien l'Olympia d'Edouard Manet.

                            

                                           

Les larmes du printemps sont des coups de pinceaux,

Mes mots dessinent ton visage magistral,

Dieu protège la butte et ses chers tourtereaux ;                        

Le dôme léger d'un Montmartre de cristal.         

                            

                                         

La fièvre de l'azur rend l'instant anonyme,

Tu embrasses enfin l'auréole de mon front,

L'aubade saisonnière heurte notre maxime ;                

Message ténébreux secouant l'horizon.       

                                 

                              

Privilégiant ta robe dentelée blanche,                                                 

Les caresses de Morphée semblent imminentes,

Une goutte de pluie dévale la branche        

Avant de saigner contre tes lèvres brillantes.      

                           

                                      

Entre mes bras experts tu arrives timide,

Le cortège de lumière albâtre t'influence,

Seigneur Cupidon baptise l'étreinte torride ;

Son sourire malicieux corrompt l'innocence.

                   

                   

L'élégance d'un ventre moulé par la flanelle

Livre sa corbeille pleine de tentations,

Je sers l'aurore jusqu'au fond de ta prunelle ;              

Temple sensuel cachant ses révélations.           

 

      

La complicité légendaire de l'absinthe

Occupe le zénith d’une heure somptueuse,

Ta peau sucrée tel un raisin de Corinthe

Adoucit le festin de cette noce honteuse.      

                                                                                

 

Souvent la liqueur enchantée de tes yeux

M'enivre de toute la magie du ciel,                            

Leur empreinte divine offre un astre radieux ;                 

Vénus bénisse mon rêve confidentiel !               

                            

       

Abandonnant l'asile de la chair brûlante,

Ton corps altier réclame tant d'abnégation,

Un félin de velours dont la griffe puissante                            

Pénètre lentement mon imagination.             

 

 

L'effroi de tes courbes lisses, pareil au jade,

Pardonne naturellement chaque blasphème,

Ta chronique sulfureuse me persuade ;                

Même Jupiter ignore combien je t'aime !     

         

                                         

Notre révolte charnelle s'avère anodine,

La grâce découvre sa prochaine héritière,  

L'amante tellement héroïque fulmine ;

Ces versets généreux se transforment en prière !

 

 

Allongée d'une manière trop éloquente,

Mes mains fidèles ne cessent de t'implorer,

L'impensable désir salue la tourmente ;

Quatre chandelles rouges souffrent le péché.

 

 

Une énigme te rapproche de l'excellence,

Vient l'exil de ta silhouette incognito,

Les cantiques nerveux déchirent le silence ;  

L'éternité sanctifie parfois l'écho !

 

 

L'éclair des violons t'emporte vers la nef,

Tes joues, novices en peine, marquent l'admirable !

La soie brodée garde ton couvre-chef,

L'insistance du chagrin paraît intenable.

 

 

L'étrange procession quitte ce sanctuaire,

Un diadème orne ta chevelure au châle,

L'élue oubliée règne six pieds sous terre ;

Fantôme de faïence terriblement pâle.

 

 

Jeunesse, regagne le voilier de l'errance !

Derrière les murs champagne du Sacré – Cœur,

L'âme désolée regrette ta présence,

Notre périple bohème jadis se meurt.   

 

 

R-F LEFORT (14/7/2012)                                                                           

 

 

 

 

Posté(e)
il y a 51 minutes, R-F Lefort a écrit :

 

Au réverbère scintillant de la conscience,

L'austère lanterne de miel supplie l'écume,

Le bouquet des nuages poétise l'ambiance.

 


Là c’est mon domaine et je puis te dire que la poésie est bien présente dans chacune de tes strophes !

Et ne dit on pas que les ailes du moulin protègent les amoureux …

Très très beau texte !

 

 

NB/ juste un petit détail : j écrirais «  je hante» c’est un H aspiré..

Posté(e)

Un magnifique poème @R-F Lefort merci pour ce cadeau 💫

Posté(e)
  • Semeur d’échos

D'éblouissantes images!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très beau poème, superberment inspiré par un lieu, une âme...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

De belles métaphores qui nous guident sur le chemin de Montmartre…

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème d’éblouissements qui aurait pu être déclamé au Chat Noir ou au Lapin Agile.

Posté(e)

Très beau poème.

Posté(e)

Wahouuuu... "       "

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une floraison de superbes métaphores, @R-F Lefort.

Posté(e)
  • Administrateur

Vous relire est une vraie joie @R-F Lefort.

J'espère que celle-ci sera vite renouvelée, tant votre présence en ces lieux  est rare.

Posté(e)

@R-F Lefort

 

Pour moi, c'est OK ! Et hop !

Posté(e)

Douze années séparent ce rêve. Un évènement particulier, une envie particulière ?

Posté(e)
  • Auteur

Merci à tous pour vos commentaires qui me vont droit au coeur !

 

Effectivement, ce texte n'est pas récent. C'est une fiction imaginée il y a longtemps. J'aurais été honoré de pouvoir la lire au "Chat Noir" avec un verre d'absinthe. Je dédie ce texte à ma Mère qui nous quitta voici déjà sept ans.

 

Ce texte est issu du recueil "Le sacre de la volupté" paru l'an passé chez Fougue.

 

J'essaierai vraiment à l'avenir d'être moins disparate sur ce merveilleux site !

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