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Charité

Featured Replies

Posté(e)

Charité

 

Près d’une grille rouge au pied d’un bâtiment 

se tenait une femme, un enfant auprès d'elle. 

Assise, elle attendait silencieusement, 

assise, elle attendait qu'un inconnu l'appelle. 

 

Un homme protégé par les barres de fer 

lui lança quelques mots sans la laisser entrer. 

Elle lui répondit par un regard amer, 

elle lui répondit sans un son prononcer. 

 

D’autres femmes bientôt s’attroupèrent autour 

de cette grille rouge au pied du bâtiment, 

attendirent un signe, attendirent leur tour, 

attendirent que l’homme ouvre probablement. 

 

L’aiguille de l’horloge au sommet du clocher 

avança lentement et la foule augmenta, 

et la foule fixa d’un regard appliqué 

la grille, qui toujours verrouillée demeura. 

 

Une pluie acérée décida de tomber, 

dessinant des traits noirs au pied du bâtiment, 

dessinant à la foule un visage inquiet, 

tandis qu’au caniveau se formait un torrent. 

 

De ces femmes serrées, solidaires entre elles, 

superbes dans l’attente et trempées jusqu’aux os, 

nulle ne fit un pas quand s’abattit la grêle, 

nulle ne fit un pas, égales sous les eaux. 

 

Mais soudain dans l’orage, au pied du bâtiment, 

un bruit se fit entendre, un fracas de métal, 

un bruit se fit entendre et la femme à l’enfant, 

alors se mit debout d’un mouvement brutal. 

 

La grille se plia dans un choc violent, 

le rouge détonna du gris du mur de pierres, 

puis la porte s’ouvrit en un long grincement, 

puis la porte s’ouvrit dans la pâle lumière. 

 

Et l’homme fit entrer cette femme si fière, 

cette femme portant dans ses bras un enfant. 

L’homme la fit entrer, et son empreinte claire 

apparut sur l’asphalte au pied du bâtiment. 

 

Sur le pas de la porte, elle le regarda 

et secoua la tête en un vif va-et-vient. 

Sur le pas de la porte, avant d’entrer là-bas, 

elle dit fermement « Je ne demande rien ». 

 

Près d’une grille rouge au pied d’un bâtiment 

une femme sortit, un enfant dans les bras. 

Petite, elle partit, silencieusement. 

Petite, elle partit, mais elle reviendra. 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un superbe poème, très vivant et très émouvant !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

De la litanie des vers se dégage une impression de brutale réalité qui nous fait partager le courage de cette femme qui porte un enfant dans ses bras.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un récit dont la fascination doit beaucoup à l'habileté de ta plume. Cette femme s'impose dans sa dignité, le drame se joue sous nos yeux de manière presque hallucinante grâce aux répétitions bien dosées. Tu nous tiens en haleine et laisses au mystère sa part. Merci pour cette très belle lecture! 💫

 

 

 

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)

Les répétitions voulues font de ce poème quelque chose de lancinant j'ai eu l'impression d'entendre les cloches et l'orage ; atmosphère lourde et mystérieuse ... 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Si mystérieux... Une attente dépeinte avec brio, Natacha.

J'aime beaucoup la métaphore des traits noirs. 

De plus, tu sais parfaitement créer la surprise et l'interrogation.

Un très bel écrit. 💫

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je ne sais pourquoi, mais en lisant votre poème, j’ai pensé à la Légende des Siècles.

Le 20/06/2024 à 03:03, Natacha Félix a écrit :

Et l’homme fit entrer cette femme si fière, 

cette femme portant dans ses bras un enfant. 

L’homme la fit entrer, et son empreinte claire 

apparut sur l’asphalte au pied du bâtiment

Un rythme hugolien… Envoûtante lecture @Natacha Félix

Posté(e)

Beaux alexandrins pour un poème très humain.

Posté(e)

La scène est prisonnière tant la lumière est libre... et j'ai bien de mal à me détacher ! merci @Natacha Félix

Je partage évidemment les commentaires précédents.

Posté(e)

@Natacha Félix

 

Il faudrait une Berthe Sylva pour chanter ce poème. Top !

Posté(e)

J'ai trouvé le quatrième quatrain particulièrement déroutant. Je m'attendais à quelque chose en voyant du passé simple, pour au final découvrir la lenteur d'un non-évènement, ce qui crée une ambiance très pesante. De sorte à ce que je ne m'attendais pas à me faire emporter par le torrent des autres vers.

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