Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

L’était

Featured Replies

Posté(e)

À P., disparue récemment à l'âge de 89 ans

 

Je devrais m’assoupir
près de la cheminée
avec mes souvenirs
et mes mains chagrinées
priant pour le réveil
du feu et des tisons.

 

Elles sont toutes mortes, 
il ne reste que moi,
pourtant j'ouvre la porte 
comme je fais parfois
et laisse le soleil
pénétrer la maison.

 

Le genêt est en fleurs,
les figues bientôt mûres,
où est donc la fraîcheur,
ces jours-ci l’été dure
et la chaleur s’éveille
si tôt dans la saison.

 

Elles ne sont plus là
où sont-elles parties,
quand a sonné le glas,
celles qui m’ont nantie
de monts et de merveilles,
sans rime ni raison.

 

Je n’ai pas balayé
ce soir devant ma porte,
il faudrait essayer,
le vent plus rien n’emporte
depuis que les cyprès
sont devenus si grands.

 

Elles sont toutes mortes,
il ne reste que moi
qui à nul autre importe,
faut-il perdre la foi
ou croire en un après
pour remplacer l'avant.

 

Le jardin veut entrer
jusque dans la maison.
Ma mémoire a cloîtré
mon cœur de floraisons,
mais c’est sans importance 
car le temps s’est enfui.

 

Elles ne sont plus là
et les jours se succèdent,
la senteur des lilas
n’est plus qu’un intermède,
qui distrait de l’absence
aux reflets gris et nuit.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

"Je n’ai pas balayé
  ce soir devant ma porte,
  il faudrait essayer,
  le vent plus rien n’emporte
  depuis que les cyprès
  sont devenus si grands."

En fait , je pourrais citer tant de vers... @Natacha Félix.

Un bel hommage tendre et émouvant où l'absence imprègne les lieux. Ce poème m'a émue.💫

Modifié par Sophie

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème infiniment touchant et superbement écrit !

Posté(e)

Ce sont les neiges d'antan qui recouvrent ces vers émouvants?

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très bel hommage et combien touchant que ces vers qui, dans leur simplicité et leur fluidité, se glissent dans l’esprit d’une vieille dame disparue.

Posté(e)
Il y a 13 heures, Natacha Félix a écrit :

il ne reste que moi
qui à nul autre importe,
faut-il perdre la foi
ou croire en un après
pour remplacer l'avant.

Tout est beau Natacha dans ce poème, mais ce passage m’a particulièrement 

remuée …

Posté(e)

Vos vers glissent comme une onde tranquille traversant une prairie.

Posté(e)

Impossible de citer un seul passage de ce poème sans l'amputer de tout ce qu'il recèle de pudeur et de tendresse. 

Posté(e)

Merci Natacha, pour ce beau et émouvant texte.

Posté(e)

Que dire, si ce n'est que ce texte est d'une grande beauté ?

Posté(e)

@Natacha Félix

 

Mourir si jeune ! Mon père a 99 ans...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

On est remué par cette nostalgie aux accents méridionaux. La nature est là qu'il faut laisser entrer, seule compagne - elle éternelle.

 

 

 

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)
  • Auteur
Le 20/04/2024 à 19:51, Eau de brume a écrit :

Ce sont les neiges d'antan qui recouvrent ces vers émouvants?

C'est une conversation que j'avais eue avec P. un jour où elle m'avait invitée à boire le café chez elle qui a inspiré ce poème. C'était une personne au regard pétillant, facétieuse, on entendait toujours son rire dans la rue et jusqu'à l'âge de 82 ans, il n'était pas rare de la trouver en haut d'une échelle en train d'élaguer un arbre. Pourtant, lors de cette conversation, entre une plaisanterie et le récit d'un souvenir, elle a dû répéter 6 ou 7 fois la phrase "elles sont toutes mortes", ce qui m'a bouleversée... née dans le village, elle y connaissait tout le monde, mais toutes ses amies étaient décédées avant elle, et malgré sa légèreté apparente, j'ai ressenti en elle une profonde tristesse, une solitude et un questionnement sur beaucoup de choses, dont la foi (elle était chrétienne et ne manquait jamais la messe du dimanche).

 

Il y a 21 heures, Marc Hiver a écrit :

@Natacha Félix

 

Mourir si jeune ! Mon père a 99 ans...

Les gènes sont alors en ta faveur ! 🙂 

 

Le 21/04/2024 à 07:44, Diane a écrit :

Tout est beau Natacha dans ce poème, mais ce passage m’a particulièrement 

remuée …

Un questionnement sans réponse, un choix à faire...

 

Merci @Sophie, @Alba, @Eau de brume, @Jeep, @Diane, @Illiz, @Joailes, @Pascal Dut, @Papy Adgio, @Marc Hiver et @Thy Jeanin pour vos lectures et commetaires

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 21/04/2024 à 01:05, Natacha Félix a écrit :

Je n’ai pas balayé
ce soir devant ma porte,
il faudrait essayer,
le vent plus rien n’emporte
depuis que les cyprès
sont devenus si grands.

Le thème de l’absence évoqué par votre plume avec cette simplicité profonde qui fait ressentir tout le vide exprimé par cet imparfait : L’était…

J’ai beaucoup aimé @Natacha Félix !

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)
Le 20/04/2024 à 18:05, Natacha Félix a écrit :

Le jardin veut entrer
jusque dans la maison.
Ma mémoire a cloîtré
mon cœur de floraisons,
mais c’est sans importance 
car le temps s’est enfui.

Un délicat hommage dont cette strophe, qui allie la vie et la brièveté du temps, est un bien beau bouquet. 🌟

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.