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Il savait que l’homme

Featured Replies

Posté(e)

 

 

"Il savait que l’homme doit bien

remplir son âme de quelque chose

et que, s’il n’y a rien,

le cœur mâche avidement son propre sang"

                                       Andreï Platonov

 

 

A l’encre des nuits bondées de pollen

D’un trait la chouette aveugle l’étang

L’eau se glisse dans les draps du ru

Où s’est lovée, flûte de bambou

Les sons d’un blues sidérant 

Le cri écrit entre les horizons 

Tend une tendresse d’or fondu

Sortilège de silence une plaie suspendue

Ouvre le songe indigo 

 

Dans les berges moites et mouvantes

Hurent les ragots les haillons de l’hiver

Dans les craquelures du breuil

Soudain se sont tus !…

 

J’ai beau tourner les cartes à l’avers

De mon pas d’une joue l’autre

Où me couch

Creuser le sable de mon crâne 

Où vient la mer paître le sel

Et sur les bosses polir ma pierre

Les mots ne créent plus de matière

 

Alors qui dieu qui maître

Qui mettre en place Dieu ?

Si au capharnaüm à ciel ouvert

Se jouent les Te deum à quelques pièce

 

Et sur ma guigne gigue danse

Lance ma balle rime et tourbillonne

Sans sens au chœur des semailles 

La marmaille ventre nu 

 

Sous mon toit toile d’étoiles pendues

Jusque la corde usées les cloches

En concert soûls des rires soupirent

" Tends la joue si le soleil te frappe !

 

Et s’il n’était écho à cette quête

Quelque verte vallée entichée à mon cru

J’irais marcher mes mots dedans ma bouche

Leur gré d’ambre jusqu’à la faim

Mes cimetières de soleils éventés

Faudrait-il titubant mourir de printemps ?

Entre les lèvres ce bouquet d’herbe

 

Écrire, toujours au bord des précipices !

Laisser mon âme plume secourable

Marcher devant…

Légère et court vêtue

 

 

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème intense et beau, aux images originales et fortes !

Posté(e)

Abasourdie et admirative je suis devant un tel travail !

 

Il y a 2 heures, O Salto a écrit :

Écrire, toujours au bord des précipices !

Laisser mon âme plume secourable

Marcher devant…

Légère et court vêtue

Et formidable chute….juste au bord du précipice !

 

Posté(e)

Depuis le début je le dis : j'aime ton univers @O Salto d'une grande intensité. 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Beaucoup de profondeur en vos vers. La chute est superbe.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Mourir de printemps doit être une belle mort. Tous ces mots mis en gerbe font une jonglerie subtile et audacieuse: la vie même!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

L’écriture au bord des précipices produit ce style de texte échevelé dont les fulgurances ravissent.

Posté(e)

Magistral roulement de mots qui rappellent que cette humanité raisonne comme un tambour. Bravo @O Salto !

Posté(e)
Le 26/03/2024 à 15:14, O Salto a écrit :

 

 

"Il savait que l’homme doit bien

remplir son âme de quelque chose

et que, s’il n’y a rien,

le cœur mâche avidement son propre sang"

                                       Andreï Platonov

 

 

A l’encre des nuits bondées de pollen

D’un trait la chouette aveugle l’étang

L’eau se glisse dans les draps du ru

Où s’est lovée, flûte de bambou

Les sons d’un blues sidérant 

Le cri écrit entre les horizons 

Tend une tendresse d’or fondu

Sortilège de silence une plaie suspendue

Ouvre le songe indigo 

 

Dans les berges moites et mouvantes

Hurent les ragots les haillons de l’hiver

Dans les craquelures du breuil

Soudain se sont tus !…

 

J’ai beau tourner les cartes à l’avers

De mon pas d’une joue l’autre

Où me couch

Creuser le sable de mon crâne 

Où vient la mer paître le sel

Et sur les bosses polir ma pierre

Les mots ne créent plus de matière

 

Alors qui dieu qui maître

Qui mettre en place Dieu ?

Si au capharnaüm à ciel ouvert

Se jouent les Te deum à quelques pièce

 

Et sur ma guigne gigue danse

Lance ma balle rime et tourbillonne

Sans sens au chœur des semailles 

La marmaille ventre nu 

 

Sous mon toit toile d’étoiles pendues

Jusque la corde usées les cloches

En concert soûls des rires soupirent

" Tends la joue si le soleil te frappe !

 

Et s’il n’était écho à cette quête

Quelque verte vallée entichée à mon cru

J’irais marcher mes mots dedans ma bouche

Leur gré d’ambre jusqu’à la faim

Mes cimetières de soleils éventés

Faudrait-il titubant mourir de printemps ?

Entre les lèvres ce bouquet d’herbe

 

Écrire, toujours au bord des précipices !

Laisser mon âme plume secourable

Marcher devant…

Légère et court vêtue

 

 

 

Un poème à réciter à haute voix, un poème théâtre à parler face à un public, un poème en aparté d’où surgit les bornes frontières du soi , un espace singulier qui se donne, se livre ! Merci O Salto !

Posté(e)

@O Salto

 

MaGniFiQue !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une gerbe de mots qui finit en feu d’artifice… superbe @O Salto

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