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Phare

Featured Replies

Posté(e)

 

 

 

 

 

 

 

Marins en vieille marine
Les mains à gifler le vide
Ils boivent à se gonfler la panse
S’enlacent et songent à quitter la France
 

Ils rejettent leurs rages en héros
D’autres abjects vous jurent des rots
D’un râle ils s’éteignent dans les bas-fonds bistrots

L’air tristement fier d’une ardoise endettée

Des poètes, des auteurs, des étrangers
Des accents aigus en virgules étirées
Des verbes tranchants ou des sonnets tendres

La peau du visage est une croûte de mer

Tout le corps se dessine en cartes à compas
« Ah qu’elle est belle ma patrie à moi ! »
Ils tapent les chopes sur les genoux de bois
Éclabousser d’un flop ! L’avant de leurs vieux bras
 

Un tatouage délavé se dévoile tendrement
Le prénom effacé d’un amour d’antan
Quelques roses pour le bouquet final
Une douce prose en encre sale
 

Marins
En marine qui s’effrite
Les couverts trépignent dans le gîte
Tous attendent la levée des vents
Fuir ! Les fêtes de joies ! 
Ivres de solitudes des rois

Fous ! Un souffle soufre sur le foie

À souffrir d’une romance qui ne vient plus
Des baisers à jamais perdus
Ils se soutiennent d’une accolade fripée
Les épaules à soulever leurs pardons

« J’étais jeune et j’étais con ! » 
 

Ils pleurent
Ils rient
Ils dansent sur les ports la nuit
Ils crachent le vin sur leurs mégots
Des mains rayées de sombres flots 
 

Ils pleurent
Ils prient
Ils laissent dans les ports
Des bouts de leurs vies

 

 

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème d'une grande originalité et d'une forte intensité !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Fort, en effet, bravo. Un peu comme les marins d'Amsterdam.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Des vers qui sûrement ont été écrits un soir de bordée, rue de la Soif!

Modifié par Jeep

Posté(e)
Le 06/02/2024 à 17:52, Ambre a écrit :

Tout le corps se dessine en cartes à compas

Bonjour et merci @Ambre pour ce texte d'une formidable densité, prosodie maitrisée, images édifiantes.

Texte fort et d'une grande homogénéité qu'il faut lire et relire pour en apprécier toute la richesse.🌟🌟

 

Posté(e)
  • Auteur
Le 06/02/2024 à 18:54, Alba a écrit :

Un poème d'une grande originalité et d'une forte intensité !

Merci Alba pour votre lecture et votre retour 🙏

 

 

 

Le 06/02/2024 à 19:37, Thy Jeanin a écrit :

Fort, en effet, bravo. Un peu comme les marins d'Amsterdam.

Merci beaucoup Thy Jeanin !

 

 

 

il y a 44 minutes, Filae77 a écrit :

Bonjour et merci @Ambre pour ce texte d'une formidable densité, prosodie maitrisée, images édifiantes.

Texte fort et d'une grande homogénéité qu'il faut lire et relire pour en apprécier toute la richesse.🌟🌟

 

Un grand merci pour ce très beau retour touchant 💌

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Chacun des vers de ce poème semble sculpté dans le corps de ces marins en partance…

Superbe @Ambre

Posté(e)
  • Auteur
il y a 51 minutes, Tarentaise a écrit :

Chacun des vers de ce poème semble sculpté dans le corps de ces marins en partance…

Superbe @Ambre

 Votre commentaire me touche, merci Tarentaise.. 

Posté(e)
Le 06/02/2024 à 17:52, Ambre a écrit :

 

 

 

 

 

 

 

Marins en vieille marine
Les mains à gifler le vide
Ils boivent à se gonfler la panse
S’enlacent et songent à quitter la France
 

Ils rejettent leurs rages en héros
D’autres abjects vous jurent des rots
D’un râle ils s’éteignent dans les bas-fonds bistrots

L’air tristement fier d’une ardoise endettée

Des poètes, des auteurs, des étrangers
Des accents aigus en virgules étirées
Des verbes tranchants ou des sonnets tendres

La peau du visage est une croûte de mer

Tout le corps se dessine en cartes à compas
« Ah qu’elle est belle ma patrie à moi ! »
Ils tapent les chopes sur les genoux de bois
Éclabousser d’un flop ! L’avant de leurs vieux bras
 

Un tatouage délavé se dévoile tendrement
Le prénom effacé d’un amour d’antan
Quelques roses pour le bouquet final
Une douce prose en encre sale
 

Marins
En marine qui s’effrite
Les couverts trépignent dans le gîte
Tous attendent la levée des vents
Fuir ! Les fêtes de joies ! 
Ivres de solitudes des rois

Fous ! Un souffle soufre sur le foie

À souffrir d’une romance qui ne vient plus
Des baisers à jamais perdus
Ils se soutiennent d’une accolade fripée
Les épaules à soulever leurs pardons

« J’étais jeune et j’étais con ! » 
 

Ils pleurent
Ils rient
Ils dansent sur les ports la nuit
Ils crachent le vin sur leurs mégots
Des mains rayées de sombres flots 
 

Ils pleurent
Ils prient
Ils laissent dans les ports
Des bouts de leurs vies

 

 

 

Il y a du corps, de la puissance et de la fragilité mise en évidence  dans ce poème qui révèle la rudesse d’une vie marginale ! 

Posté(e)

@Ambre

 

Tiens ! ça me fait penser à :

 

 

Et hop !

 

Posté(e)
  • Auteur
Le 09/02/2024 à 09:08, Nâau a écrit :

Il y a du corps, de la puissance et de la fragilité mise en évidence  dans ce poème qui révèle la rudesse d’une vie marginale ! 

Quel beau commentaire.. Merci beaucoup Nâau 🙏

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