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Le Copiste

Featured Replies

Posté(e)

Les bougies en tremblant pleuraient, sanglots de cire,

Ces larmes arrêtées et blanches que l’on sait.

La lueur descendait, le moine était censé

Vite tout recopier pour quelque riche sire.

 

Jusqu’à l’heure où la nuit cesse de s’obscurcir,

À sa table, il lisait, transcrivait et pensait,

Et plus il recopiait, plus il s’intéressait,

Si bien que l’orient commença de blanchir.

 

On le retrouva là, charmé jusqu’au délire.

Quel était cet écrit ? C’étaient Métamorphoses

Qu’Ovidius écrivit, qu’il lui plaisait de lire

 

Plus que la Bible même, alourdie de ses gloses.

C’était une commande, on admit sa folie,

Mais il ne copia plus de la mythologie.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un moine copiste qui ressent un émoi nouveau en copiant de la poésie latine, joli thème pour un sonnet raffiné!

Posté(e)

J'ai toujours grand intérêt à lire vos sonnets médiévaux très bien troussés.

Modifié par H. Mériadec

Posté(e)
  • Administrateur
Il y a 13 heures, Sertorius a écrit :

Plus que la Bible même, alourdie de ses gloses.

C’était une commande, on admit sa folie,

Mais il ne copia plus de la mythologie.

Quel dommage. Il m'est avis qu'il eût fallu plus de moines copistes déviants comme celui-ci au moyen-âge.

Posté(e)

Fascinant poème ! Je crois que les auteurs de fantasy s'en sont (et Dalila) largement inspirés tant ces mythes antiques sont riches !

Posté(e)
Il y a 14 heures, Sertorius a écrit :

Les bougies en tremblant pleuraient, sanglots de cire,

Ces larmes arrêtées et blanches que l’on sait.

Bonjour @Sertorius, deux vers superbes en introduction. Quoique la prosodie soit maitrisée, le style est concis, rigoureux,

quasi journalistique, le narrateur en effet relatant un fait dont il ne se fait pas juge ne verse pas dans l'émotion. (trait commun

à l'ensemble de ses publications) l'atmosphère m'a fait penser au 'Nom de la Rose'  🌟

Posté(e)
Il y a 14 heures, Sertorius a écrit :

Les bougies en tremblant pleuraient, sanglots de cire,

Ces larmes arrêtées et blanches que l’on sait.

D'accord avec @Filae77 : ça commence fort , et ça continue cinq sur cinq !

Posté(e)

Ce charme antique me ravit.

Posté(e)

Un clerc érudit qui n'aurait pas déplu à ses coreligionnaires du Nom de la Rose

Posté(e)
Il y a 20 heures, Sertorius a écrit :

Les bougies en tremblant pleuraient, sanglots de cire,

Ces larmes arrêtées et blanches que l’on sait.

La lueur descendait, le moine était censé

Vite tout recopier pour quelque riche sire.

 

Jusqu’à l’heure où la nuit cesse de s’obscurcir,

À sa table, il lisait, transcrivait et pensait,

Et plus il recopiait, plus il s’intéressait,

Si bien que l’orient commença de blanchir.

 

On le retrouva là, charmé jusqu’au délire.

Quel était cet écrit ? C’étaient Métamorphoses

Qu’Ovidius écrivit, qu’il lui plaisait de lire

 

Plus que la Bible même, alourdie de ses gloses.

C’était une commande, on admit sa folie,

Mais il ne copia plus de la mythologie.

Un beau clin d’œil au moine «  qui pense » et ne fait pas que recopier ! Merci Sertorius pour ce poème et vive le plaisir de lire ce que beau nous semble ! 😉

Posté(e)

Les ou la Métamorphose d'Ovide ou de quelqu'un d'autre. Les copier, apprendre puis se lancer.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les deux premiers vers sont si beaux... Superbe sonnet, par ailleurs, @Sertorius tant sur le fond que sur la forme.

Un bel hommage aux copistes.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Dans la vie d'un moine, heureusement qu'il y avait cela! Un travail d'artiste et une source de méditation. La mythologie irlandaise, par exemple, nous la devons aux moines. Votre impeccable sonnet m'a rappelé Le Nom de la rose.

Posté(e)

Je recommente, mais

Le 10/12/2023 à 20:51, Sertorius a écrit :

Jusqu’à l’heure où la nuit cesse de s’obscurcir,

À sa table, il lisait, transcrivait et pensait,

Et plus il recopiait, plus il s’intéressait,

Même si j'ai du mal avec le terme recopier, ici, j'adore le deuxième vers cité, qui permet de montrer que les moines copistes ne faisaient pas que "reproduire" les textes, mais les "transcrivaient", les amélioraient selon leur jugement, faisaient en réalité plus un travail d'auteur que de simple traducteur ou copiste, ce qui me replonge dans mon horreur, les cours d'histoire médiévale.

Ces quelques mots que je n'avais pas commenté me semblent en réalité porter le poème et lui donner beaucoup plus de profondeur historique et d'universalité que le reste. (Et si effectivement, cela fait penser au Nom de la Rose, ce n'est pas par hasard, pour le coup !). Je crois remarquer un éternel aller-retour entre le médiévalisme fantasmé et le médiévisme académique... Vous prenez souvent le contre-pied de ce que l'on attendrait d'un sonnet sur ces thèmes. Peut-être est-ce aussi ce qui me parle autant dans vos textes ? (Je ne suis pas convaincu, désolé @Filae77, que ce texte soit "objectif", sans émotion ou sans jugement. Au contraire, je le trouve assez engagé en réalité.)
Ce ne sont que pures hypothèses, j'essaye d’analyser mes sentiments et pourquoi j'aime autant vos écrits, pourtant assez éloignés de mes centres d'intérêts, au départ.

Modifié par H. Mériadec

Posté(e)

un texte en métamorphoses et enluminures ! Merci.

Posté(e)

Un sonnet parfait tant par la forme que par le fond, et, comme d'autres ici, j'ai pensé "au nom de la rose".

Hier comme encore aujourd'hui, les moines plongent leurs corps et leur esprit dans des travaux qui enrichissent leur coeur.

 

Posté(e)
  • Auteur

Bien sûr, j'ai pensé au Nom de la Rose (vu et revu avec bonheur).

Même si c'est bête à dire, je crois que, si j'avais vécu au Moyen-Âge, j'aurais été moine.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je suis d'accord avec vous @Sertorius, l'équilibre de la vie monacale au rythme de l'alternance de la prière et des travaux intellectuels et physiques est un exemple de sagesse. Et votre poème en est une illustration.

Posté(e)
Le 13/12/2023 à 00:04, H. Mériadec a écrit :

(Je ne suis pas convaincu, désolé @Filae77, que ce texte soit "objectif"

Bonjour @Sertorius, @H. Mériadec, Mis-à-part l'excellence du style, sobre toutefois et  dénué de tout lyrisme

inutile, il faut souligner le coté métaphorique du fond: la transformation qui s'opère sur le copiste lui-même.

Sur un autre plan (les 'Métamorphoses' induisaient un nouveau genre en proposant une  refonte de l'écriture -autre

métamorphose-).  Et la remarque de Mériadec est parfaitement fondée et même capitale (s'agissant du travail du copiste,

dont on peut supposer  une part 'd'enluminures, idée qui peut s'appliquer à toute traduction ou toute manière de relater des faits. 

Mais le propre des poèmes de Sertorius est d'évoquer dans chacun de ses textes (celui-ci par exemple) un acte 'fondateur',

un évènement précis qui fait qu'il y aura 'un après'. (CQFD)

        

Modifié par Filae77

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)

Cette première strophe est un vivant tableau et prennent vie les tableaux mettant en scène ces premiers lecteurs vulgarisateurs (minimes certes) mais artistes de l'enluminure et des copies de copies faites la nuit à la simple lumière de la bougie. 

 

La suite du poème est une belle histoire et me reviennent les derniers chapitres du "Nom de la rose" où le traité sur le rire est supposé rendre fou et doit rester secret ; mais Guillaume de Baskerville nous éclaire de ses connaissances. Et vous en êtes un autre ... 💫

Modifié par Bollinger

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