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Triste Epouvantail

Featured Replies

Posté(e)

PourTRISTEEPOUVANTAIL.jpg.2269a52e11cc44a69b97253c8ffce6df.jpg

(Photo Pixabay)

 

Triste Epouvantail

 

Dans l'immense vallon où le vent souffle fort,

Ils ont abandonné tes restes de squelette,

Accroché sur la croix ton avenir s'arrête,

A ce mur d'horizon où se brise ton sort,

 

Ils ont cru que tes yeux, deux boutons jaunissants

Allaient veiller le jour et la nuit sur la plaine,

Mais le fil rouge sang qui les noue à la laine

Trace dans ton regard des mirages glaçants.

 

Avec tes apparats, tes loques en lambeaux,

Ton linceul vaporeux par-dessus ta soutane,

Tu divertis le vent qui doucement ricane

Attirant près de toi les infâmes corbeaux,

 

Mais tu dois rester là, toujours te surpasser,

A subir les saisons, le chaud, le froid, la pluie !

Tu n'épouvantes rien, sur ta manche il s'appuie

Cet oiseau malfaisant que tu devais chasser,

 

Et tu baisses le front sur tes rêves liés,

Et le clou dans ta main rouille au creux de ta paume ;

En souverain déchu tu quittes ton royaume,

Un genou sur le sol et les membres pliés.

 

Demain ils reviendront t'arracher au décor,

Ils te feront subir ton ultime calvaire

Avant de te jeter la face dans la terre,

Où tu découvriras le parfum de la mort.

 

Modifié par Patricia

Posté(e)

J'ai le souvenir du temps étant enfant où mon grand-père me demandait de chasser les corbeaux sur les champs ensemencés de blé.

Posté(e)

Tel un seigneur en croix, l'homme de paille reste suspendu jusqu'à sa fin, loin des hommes.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une évocation pathétique, presque christique d'un mal aimé, derrière quoi on peut deviner quelque sens allégorique. De la belle ouvrage!

Posté(e)
Il y a 7 heures, Patricia a écrit :

Mais tu dois rester là, toujours te surpasser,

A subir les saisons, le chaud, le froid, la pluie !

Tu n'épouvantes rien, sur ta manche il s'appuie

Cet oiseau malfaisant que tu devais chasser,

 

Cet épouvantail pathétique inquiète.

Puis, en effet, la figure prend une dimension christique, surtout dans les deux dernières strophes.

 

Il y a 7 heures, Patricia a écrit :

Et tu baisses le front sur tes rêves liés,

Et le clou dans ta main rouille au creux de ta paume ;

En souverain déchu tu quittes ton royaume,

Un genou sur le sol et les membres pliés.

 

Demain ils reviendront t'arracher au décor,

Ils te feront subir ton ultime calvaire

Avant de te jeter la face dans la terre,

Où tu découvriras le parfum de la mort.

 

C'est non seulement très réussi, mais aussi très évocateur.

Le mystère demeure, mais on ne se lasse pas de songer à votre épouvantail.

Posté(e)
Il y a 8 heures, Patricia a écrit :

PourTRISTEEPOUVANTAIL.jpg.2269a52e11cc44a69b97253c8ffce6df.jpg

(Photo Pixabay)

 

Triste Epouvantail

 

Dans l'immense vallon où le vent souffle fort,

Ils ont abandonné tes restes de squelette,

Accroché sur la croix ton avenir s'arrête,

A ce mur d'horizon où se brise ton sort,

 

Ils ont cru que tes yeux, deux boutons jaunissants

Allaient veiller le jour et la nuit sur la plaine,

Mais le fil rouge sang qui les noue à la laine

Trace dans ton regard des mirages glaçants.

 

Avec tes apparats, tes loques en lambeaux,

Ton linceul vaporeux par-dessus ta soutane,

Tu divertis le vent qui doucement ricane

Attirant près de toi les infâmes corbeaux,

 

Mais tu dois rester là, toujours te surpasser,

A subir les saisons, le chaud, le froid, la pluie !

Tu n'épouvantes rien, sur ta manche il s'appuie

Cet oiseau malfaisant que tu devais chasser,

 

Et tu baisses le front sur tes rêves liés,

Et le clou dans ta main rouille au creux de ta paume ;

En souverain déchu tu quittes ton royaume,

Un genou sur le sol et les membres pliés.

 

Demain ils reviendront t'arracher au décor,

Ils te feront subir ton ultime calvaire

Avant de te jeter la face dans la terre,

Où tu découvriras le parfum de la mort.

 

Triste sort pour ce triste sir ! 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Toute la magie des épouvantails surgie de ce très beau poème. 
 Bravo @Patricia

Posté(e)

Très beaux alexandrins pour décrire l'épouvantail au début très beau, puis à supporter les aléas de la météo et du temps qui passe ne devient que l'ombre de lui-même et que l'on jette dès qu'il ne sert plus à rien.

Un épouvantail personnifié, selon moi volontairement, car il peut être objet, oui, mais aussi l'image de tout un chacun qui rencontre au cours de sa vie les mauvaises personnes ( trafics divers, amis, amour, mafieux  et j'en passe ), les bon pigeons manipulés ( ici comme  l'épouvantail ) mais aussi comme une marionnette.

Une belle poésie au fond sombre mais qui décrit à travers ses images parlantes et habilement trouvées, une bien triste réalité de la vie d'un épouvantail objet voire humain.

Posté(e)

Votre poème est superbe.

Je me dis que chacun de nous peut mettre un nom et un visage à cet épouvantail.

Bravo à vous.

 

Posté(e)

Les corbeaux en prennent grave pour leur grade.

 

Très beau et très profond poème, aux lectures et aux interprétations multiples, comme déjà mentionné.

Posté(e)

Comme mentionné dans le titre, bien triste sort pour un épouvantail ... J'en ai connu de beaux, fiers et pimpants à qui les oiseaux venaient tenir compagnie ! Ce poème est très beau, @Patricia malgré sa sourde cruauté. 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

O combien cet épouvantail paraît humain... en vos vers. De plus, une dimension christique s'entretisse à ces derniers. En cela, je rejoins tout à fait les commentaires précédents de @Thy Jeanin et de @Sertorius

C'est extrêmement émouvant. Un poème à nul autre pareil, chère @Patricia.

Posté(e)
  • Administrateur

Un poème sur une thématique qui m'a toujours inspiré de profondes rêveries. Si ces épouvantails pouvaient parler, je crois que bien des révélations seraient faites.

Posté(e)
Le 08/12/2023 à 14:48, Patricia a écrit :

Et le clou dans ta main rouille au creux de ta paume ;

Bonjour et merci @Patricia pour ce trés beau texte sur lequel ne se sont pas trompés les commentaires précédents.

Le vers cité (sublime) ferait un poème à lui seul.🌟     

Posté(e)
Le 08/12/2023 à 10:48, Patricia a écrit :

Tu n'épouvantes rien, sur ta manche il s'appuie

Cet oiseau malfaisant que tu devais chasser,

 

Et tu baisses le front sur tes rêves liés,

Et le clou dans ta main rouille au creux de ta paume ;

En souverain déchu tu quittes ton royaume,

Un genou sur le sol et les membres pliés.

Très beau texte, j'aime particulièrement ce passage, émouvant...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je viens, tardivement, de lire votre épouvantail, @Patricia, et salue la qualité de vos vers qui font prendre en pitié cette pauvre dépouille à figure humaine qui ne fait même pas peur aux corbeaux.

Posté(e)
  • Auteur

Bonsoir et merci pour vos messages qui me touchent beaucoup.

Merci @Illiz, ce temps existe toujours, ici nous sommes entourés de champs de céréales.

Merci @Eobb, Peut-être que dans un moment de vie nous sommes finalement tous l'épouvantail de quelqu'un.

Merci @Thy Jeanin, Parfois on a l'impression d'être cet épouvantail qui, après de multiples souffrances, ne sert plus à rien alors on le jette dans un coin, on le casse, on le brûle.

Merci @Sertorius, Dans les champs ils sont l'image de cette croix et de tout ce que chacun de nous peut ressentir comme frisson. Pour moi, ils sont ces dieux dont le sacrifice ne sert à rien.

Merci @Nâau, oui, triste seigneur des champs qui malgré sa laideur ne fait peur à rien du tout.

Merci @Tarentaise, j'aime le côté sombre des choses, ce côté qui permet de personnifier les émotions et les sentiments.

Merci @Papillon, C'est le message que j'ai essayé de véhiculer à travers mes vers. Oui, la vie parfois nous fait devenir cet épouvantail que l'on jette une fois qu'on n'en trouve plus l'usage ou que le jeu s'arrête.

Merci @Iloa, oui, lorsque ce visage n'est pas le nôtre tout simplement.

Merci @Danivan, Ce qui est bien dans la poésie c'est que chacun peut y ressentir ces propres émotions. Les corbeaux, les grolles, les pigeons mais aussi les lièvres n'ont plus peur de rien et surtout plus des épouvantails qui sont des leurres de courtes durées.

Merci @Joailes, Je ne sais pas pourquoi je n'arrive pas à voir de la gaîté et de la joie dans cet amas de bois, guenilles et clous, peut-être parce que je suis souvent allée les installer au milieu des plaines où le vent siffle fort dans les oreilles.

Merci @Sophie, La nature comme les objets sont, pour moi, la face cachée de chacun d'entre nous, alors j'aime leur donner cette personnification qui me touche particulièrement. La vie nous fait rarement de cadeau et parfois nous traite comme ces épouvantails qui, finalement, n'épouvantent que nous-mêmes.

Merci @Eathanor, Chaque chose, chaque objet peut être un sujet de philosophie et ce que j'aime justement c'est que chacun y verra des traits bien différents suivant son imaginaire et surtout ses profondes rêveries.

Merci @Filae77 j'aime aussi ce vers, il est très représentatif de la douleur inutile que l'on peut infliger à quelqu'un juste pour le retenir.

Merci @Pascal Dut, difficile parfois d'écrire un ressenti, mais l'image que j'en ai est plus forte encore que les mots.

Merci @Jeep, Ici on les met dans les champs, on les habille de guenilles, mais finalement, ils ne font peur qu'à notre propre destinée par les images qu'ils nous renvoient.

Ce que j'aime dans l'écriture c'est d'en lire votre vision alors merci encore à tous pour vos partages et pour l'émotion qu'ils me procurent à chaque fois.

 

Posté(e)
il y a 2 minutes, Patricia a écrit :

Merci @Joailes, Je ne sais pas pourquoi je n'arrive pas à voir de la gaîté et de la joie dans cet amas de bois, guenilles et clous, peut-être parce que je suis souvent allée les installer au milieu des plaines où le vent siffle fort dans les oreilles.

Comme toute chose, tout dépend de l'endroit, du moment. Je n'en ai pas connu de triste. Regarde celui-ci je l'ai rencontré avec mon petit fils au début du mois d'octobre, n'est-il pas beau ? 😉 (dans une ferme, dans les Landes)

P1080972 (Copier).JPG

Posté(e)

Bien qu'il m'ait beaucoup marqué et touché, je n'avais pas commenté ce texte, faute de mots, chère Patricia. J'envie votre technique et cette voix quasi prophétique, qui rappelle tant la Passion à beaucoup de vos lecteurs.

Cependant, j'aimerais dire qu'il m'a rappelé (et oui, c'est totalement de l'obsession) The Hollow Men, poème de T.S. Eliot sur le même thème, que j'encourage @Eathanor à lire en anglais, puisqu'il souhaite que ceux-ci parlent et entendre leurs révélations. Une (très mauvaise) traduction existe aussi, pour ceux qui voudraient découvrir ce texte.

Modifié par H. Mériadec

Posté(e)
  • Auteur

Bonjour et merci chère @Joailes pour la photo mais j'avoue que j'ai un peu de mal avec ces êtres sans visage!!!!😉

 

Bonjour et merci @H. Mériadec pour vos mots et pour votre appréciation qui me touche beaucoup. 

Comme je ne parle pas anglais (j'ai déjà du mal avec le français!!!!😉) je me suis contentée du texte version française et je comprends pourquoi mon poème vous a rappelé celui de T.S. Eliot car, quelque part, ces épouvantails ne sont ils pas comme ces hommes de paille vide de tout? Même si la traduction ne peut apporter la même émotion que l'original (c'est toujours le cas de toute façon) j'avoue que j'ai aimé mon ressenti vis à vis de ce poème "The Hollow Men".

Merci encore à vous @H. Mériadec pour cette découverte.

 

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)
Le 08/12/2023 à 14:48, Patricia a écrit :

Avec tes apparats, tes loques en lambeaux,

Ton linceul vaporeux par-dessus ta soutane,

Tu divertis le vent qui doucement ricane

Attirant près de toi les infâmes corbeaux,

Je crois que @Martialys verrait du mysticisme dans cette strophe à l'épouvantail. Moi j'en vois bien et je suis loin d'être aussi proche que lui des Saintes Ecritures (sans offense aucune). Bravo pour ce poème 🌟

Modifié par Bollinger

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