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L'atelier "petite-main"

Featured Replies

Posté(e)

«L’atelier petite-main »

(travail de nuit)

 

Elle cousait comme l’on prie *,

Tirant l’aiguille de son ouvrage,

Comme les grains du chapelet,

Entre ses doigts de dame sage,

Les yeux mi-clos sur le gilet,

Travail soigné n’a pas de prix.

 

Accoudée au plan de travail,

Jusqu’à fort tard dans la nuit,

Ses mains défroissaient le tissu

Pour préparer l’ourlet sur taille,

Mater dolorosa voussue

Méticuleusement , sans bruit.

 

Les stigmates de sa passion,

Rhizarthrose de ses deux pouces,

Avaient réduit la mobilité

De ses belles mains, si douces,

Œuvrant avec assiduité

Jusqu’au bout de leur mission.

 

Parfois elle piquait…du nez,

Très fatiguée de ces nuits blanches,

Et moi je l’admirais bien plus

Pour son courage obstiné

Que pour ces heures trop indues,

Car passée "l’heure des braves", je flanche !

 

* merci @Joailes...

Couture, de J.F. Millet

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Modifié par Martialys

Posté(e)

"Le poète est celui qui inspire bien plus qu'il n'est inspiré" a dit Paul Eluard, dans "L'évidence poétique". Merci cher @Martialys pour ce plaisir inattendu. Votre poème est très beau, j'aime particulièrement cette strophe très "parlante". 

 

 

il y a 6 minutes, Martialys a écrit :

Les stigmates de sa passion,

Rhizarthrose de ses deux pouces,

Avaient réduit la mobilité

De ses belles mains, si douces,

Œuvrant avec assiduité

Jusqu’au bout de leur mission.

 

Posté(e)

Vous rendez au travail manuel toute sa noblesse.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème qui rend hommage à un destin obscur alliant courage, dévouement et humilité.

Posté(e)
Il y a 3 heures, Martialys a écrit :

CoutureJFMillet.jpg.b3cb7c3cc97c21ecfe13eee8b50df5bc.jpg

 

 

J'ai tout aimé et donc ne remets que l'image..
Je répète ce que je vous ai je crois déjà dit : votre poésie n'est jamais plus belle que quand elle se manifeste dans votre instant. Vos vers ciselés sur la Bible sont élégants, mais ils n'atteignent pas la douce délicatesse chaleureuse et assez rigolarde de vos vers perdus et personnels, qui me sont bien plus agréables. J'aime, je crois, quand vous osez parler un peu de vous.
J'aime (et vous le savez), la concision de vos vers quand vous me parlez de Mathusalem ou je ne sais qui, mais je préfère de loin quand vous me parlez de vos douches du matin, de vos cafés-confiture, de je ne sais quoi, mais de choses qui sont miennes, avec votre voix, que je trouve si douce.

Pardonnez-moi (tous), si je semble faire des élégies absconses, je tente simplement de faire savoir aux artistes que j'ai remarqué que je les ai remarqué. J'essaye de ne pas rentrer dans la flatterie inutile, mais dire ce que j'aime. Et j'aime votre douceur "plus christique que chrétienne", mon cher @Martialys (pseudo dont l'étymologie m'intéresse beaucoup !)

Posté(e)

Sous la peine et les douleurs la passion reste et c'est ce qui donne toute la luminosité à l'ouvrage.

Une femme qui vous touche sans nulle doute et dont vous serez le témoin "amoureux" toute votre existence.

Merci @Martialys pour cet instantanné de vie.

Posté(e)
Il y a 16 heures, Martialys a écrit :

«L’atelier petite-main »

(travail de nuit)

 

Elle cousait comme l’on prie *,

Tirant l’aiguille de son ouvrage,

Comme les grains du chapelet,

Entre ses doigts de dame sage,

Les yeux mi-clos sur le gilet,

Travail soigné n’a pas de prix.

 

Accoudée au plan de travail,

Jusqu’à fort tard dans la nuit,

Ses mains défroissaient le tissu

Pour préparer l’ourlet sur taille,

Mater dolorosa voussue

Méticuleusement , sans bruit.

 

Les stigmates de sa passion,

Rhizarthrose de ses deux pouces,

Avaient réduit la mobilité

De ses belles mains, si douces,

Œuvrant avec assiduité

Jusqu’au bout de leur mission.

 

Parfois elle piquait…du nez,

Très fatiguée de ces nuits blanches,

Et moi je l’admirais bien plus

Pour son courage obstiné

Que pour ces heures trop indues,

Car passée "l’heure des braves", je flanche !

 

* merci @Joailes...

Couture, de J.F. Millet

CoutureJFMillet.jpg.b3cb7c3cc97c21ecfe13eee8b50df5bc.jpg

 

Un beau poème, un œil, un cœur et un esprit qui rendent hommage au travail méticuleux de toute une vie !

Posté(e)
  • Administrateur
Il y a 20 heures, Martialys a écrit :

Elle cousait comme l’on prie *,

Si tel devait être mon cas, mes doigts seraient en sang...

Posté(e)

Il fut un temps pas si lointain, où, dans les campagnes, on se couchait à huit heures du soir pour se lever à minuit.

Suivaient deux heures de veillée, durant lesquelles, bien souvent, de petites mains s'activaient sur un ouvrage de couture.

On se recouchait à deux heures pour se relever à six.

Une nuit après l'autre, tout se cousait, jusqu'aux voiles des marins et aux linceuls.

Ce travail patient est en effet fascinant.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Portrait sensible de la ménagère méritante et beau tableau à l'atmosphère paisible.

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