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Yseult (la brune)

Featured Replies

Posté(e)

Pourquoi pleurer Yseult, ma sœur, si belle et brune,

Vous que l'on nomme aussi Yseult aux blanches mains ?

N'êtes-vous pas mariée au plus preux des humains

Qui défit le Morholt et fit depuis fortune ?

 

Vous pleurez tant ! D'où vient cette peine importune ?

Vous paraissez promise aux plus doux lendemains.

Tristan est beau, sa peau est comme les jasmins.

Pourquoi donc êtes-vous si triste sous la lune ?

 

- Mon époux, en effet, est un très grand héros...

Tous l'honorent, je l'aime... Or, il est mon bourreau.

Depuis six mois, je suis, mon frère, son épouse...

 

Depuis six mois, mon lit, malgré moi, reste froid.

Il aime ailleurs ! Je suis d'une blonde jalouse...

J'ai épousé la tombe et j'en pâlis d'effroi !

Modifié par Sertorius

Posté(e)

Quand je vous lis @Sertorius, souvent des larmes montent à mes yeux.

Je vous l'ai déjà dit, ici et ailleurs .

Mille merci pour le bonheur que vos textes me procurent.

 

 

 

 

Posté(e)

Et dire que parfois il suffit d'une teinture pour changer ! 😉 

Posté(e)

Toujours une très belle lecture qui nous fait traverser les ans avec un grand bonheur.

Posté(e)
  • Administrateur

Ah... Tristan et Yseult, sans doute l'un de mes récits moyenâgeux favoris.  William Shakespeare ne fut qu'un vil plagiaire 😉 

Posté(e)

Triste sire que ce Tristan là !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Astucieux rebondissement de l'intrigue, même si ce n'est pas à la gloire de l'amant.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

L’amour ne dure que trois ans. Les sonnets, comme celui-ci, ont vocation d’éternité.

Modifié par Jeep

Posté(e)

les récits mythiques n'ont pas tous les destinées qu'on imaginerait. 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une belle écriture incisive à souhait, @Sertorius.  Une justesse des mots imparable.

Modifié par Sophie

Posté(e)
Le 22/11/2023 à 21:53, Sertorius a écrit :

Vous pleurez tant ! D'où vient cette peine importune ?

Vous paraissez promise aux plus doux lendemains.

Tristan est beau, sa peau est comme les jasmins.

Pourquoi donc êtes-vous si triste sous la lune ?

 

 

Le 22/11/2023 à 21:53, Sertorius a écrit :

Depuis six mois, mon lit, malgré moi, reste froid.

Il aime ailleurs ! Je suis d'une blonde jalouse...

J'ai épousé la tombe et j'en pâlis d'effroi !

 

 

Beauté pure en vers

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 23/11/2023 à 05:53, Sertorius a écrit :

J'ai épousé la tombe et j'en pâlis d'effroi !

Quelle force vient frapper dans ce dernier vers @Sertorius !

Posté(e)
Le 22/11/2023 à 21:53, Sertorius a écrit :

J'ai épousé la tombe et j'en pâlis d'effroi !

ce dernier vers me fait froid dans le dos!!!

Derrière chaque porte se cache parfois l'effroi.

 

Posté(e)

J'ai compris, en relisant le mythe, qu'il y avait deux Iseut : Iseut la blonde, promise au roi Marc, et Iseut aux blanches mains, qui s'exprime dans votre poème, et que je comprends mieux maintenant...

Posté(e)

En somme Tristan n'est qu'un balourd qui ne sait pas faire l'amour

Posté(e)
  • Auteur

Il y a une très belle version de l'histoire, en deux cents pages, avec tous les épisodes qu'on trouve chez Béroul, Thomas d'Angleterre et Gottfried de Strasbourg, c'est le Tristan et Iseut de Joseph Bédier, publié en 1900. Dans cette version, Yseult la brune, voyant la voile blanche, signifiant l'arrivée d'Yseult la blonde, venue guérir Tristan, ment à son mari, en lui annonçant que la voile est noire. Tristan meurt de chagrin.

 

Voici la fin du récit dans la version de Bédier :

 

« Ami, Kaherdin arrive. J’ai vu sa nef en mer : elle avance à grand’peine ; pourtant je l’ai reconnue ; puisse-t-il apporter ce qui doit vous guérir ! »

Tristan tressaille :

« Amie belle, vous êtes sûre que c’est sa nef ? Or, dites-moi comment est la voile.

— Je l’ai bien vue, ils l’ont ouverte et dressée très haut, car ils ont peu de vent. Sachez qu’elle est toute noire. »

Tristan se tourna vers la muraille et dit :

« Je ne puis retenir ma vie plus longtemps. » Il dit trois fois : « Iseut, amie ! » À la quatrième, il rendit l’âme.

Alors, par la maison, pleurèrent les chevaliers, les compagnons de Tristan. Ils l’ôtèrent de son lit, l’étendirent sur un riche tapis et recouvrirent son corps d’un linceul.

 

Sur la mer, le vent s’était levé et frappait la voile en plein milieu. Il poussa la nef jusqu’à la terre. Iseut la Blonde débarqua. Elle entendit de grandes plaintes par les rues, et les cloches sonner aux moutiers, aux chapelles. Elle demanda aux gens du pays pourquoi ces glas, pourquoi ces pleurs.

Un vieillard lui dit :

« Dame, nous avons une grande douleur. Tristan, le franc, le preux, est mort. Il était large aux besogneux, secourable aux souffrants. C’est le pire désastre qui soit jamais tombé sur ce pays. »

Iseut l’entend, elle ne peut dire une parole. Elle monte vers le palais. Elle suit la rue, sa guimpe déliée. Les Bretons s’émerveillaient à la regarder ; jamais ils n’avaient vu femme d’une telle beauté. Qui est-elle ? d’où vient-elle ?

Auprès de Tristan, Iseut aux Blanches Mains, affolée par le mal qu’elle avait causé, poussait de grands cris sur le cadavre. L’autre Iseut entra et lui dit :

« Dame, relevez-vous et laissez-moi approcher. J’ai plus de droits à le pleurer que vous, croyez-m’en. Je l’ai plus aimé. »

Elle se tourna vers l’orient et pria Dieu. Puis elle découvrit un peu le corps, s’étendit près de lui, tout le long de son ami, lui baisa la bouche et la face, et le serra étroitement : corps contre corps, bouche contre bouche, elle rend ainsi son âme, elle mourut auprès de lui pour la douleur de son ami.

Quand le roi Marc apprit la mort des amants, il franchit la mer et, venu en Bretagne, fit ouvrer deux cercueils, l’un de calcédoine pour Iseut, l’autre de béryl pour Tristan. Il emporta sur sa nef vers Tintagel leurs corps aimés. Auprès d’une chapelle, à gauche et à droite de l’abside, il les ensevelit en deux tombeaux. Mais, pendant la nuit, de la tombe de Tristan jaillit une ronce verte et feuillue, aux forts rameaux, aux fleurs odorantes, qui, s’élevant par-dessus la chapelle, s’enfonça dans la tombe d’Iseut. Les gens du pays coupèrent la ronce : au lendemain elle renaît, aussi verte, aussi fleurie, aussi vivace, et plonge encore au lit d’Iseut la Blonde. Par trois fois ils voulurent la détruire ; vainement. Enfin, ils rapportèrent la merveille au roi Marc : le roi défendit de couper la ronce désormais.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un superbe poème qui nous transporte dans un temps médiéval fascinant et célèbre !

  • 4 mois plus tard...
Posté(e)
Le 22/11/2023 à 21:53, Sertorius a écrit :

J'ai épousé la tombe et j'en pâlis d'effroi !

Un dernier vers magistral ! 🌟

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