Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Au-delà des paupières, l’indigo

Featured Replies

Posté(e)

 

Au-delà des paupières, l’indigo

 

Où vient ce lourd cheval, gravide

ourlée de ressac

vers quelle arène d’algues

la poitrine bourrée d’otages 

une touffe d’étoiles oubliées

dans la crinière

 

Juste senti l’ample soie

et souffle de sa peau

drap noir-pangaré du silence 

âme de soi 

allant le long des aulnes éthérés

 

Un lit de rivière se comble

de morceaux d’exil

comme en un grenier vide

à l’étiage de l’enfance 

captive des moraines de l’oubli

 

La nuit m’a saisi par les plis

une chienne son petit

jeté dans le courant

les mots fouillent

une matière d’ombre

aux racines mêlées

d’encres et d’écrous

murées en cellules bondées 

de suppliques

d’amour et de lie 

tant de rebours 

de pain à rompre, de chair 

et de mouture 

matrice d’errance univers

 

Nés d’une même pierre

d’une même prière

nous ne desservions plus l’autel

entre nos sacrifices

 

Je lierai, l’automne 

la marée aux grands oiseaux

la traîne des levées 

dans les sables les générations

essaimerai nos farouches moissons

lumières ébrouées

sur le ciel artifice, le temps 

cet océan qui nous naît

d’infortune

 

Mantra ouvrant la vague 

copeaux remontant le chant 

de nos mères fauves 

fers d’un même galop

sur une même terre

sous le vent la poussière de nos vies

cadencées cœur-tambour

quand elle sortira de l’eau

 

Et nous nous sèmerons longtemps

longtemps…

après que les oiseaux ont disparu

 

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Belle cascade d'images vives que cet effleurement de l'indigo - dont la chute est facétieuse!

Posté(e)

Oui une belle succession d'images poétiques, un souffle et une générosité indéniables.

 

Petite question curieuse à l'auteur toutefois: " ourlée de ressac"  va avec quoi ?

 

 

Posté(e)
Il y a 3 heures, O Salto a écrit :

Je lierai, l’automne 

la marée aux grands oiseaux

la traîne des levées 

dans les sables les générations

essaimerai nos farouches moissons

lumières ébrouées

sur le ciel artifice, le temps 

cet océan qui nous naît

d’infortune

En apnée à chaque fois que je te lis....Plume merveilleuse, hors norme, qui suscite en moi l'étonnement, l'émerveillement, loin de l'ennui qui hante depuis trop longtemps notre air déjà vicié. Je te guette posté à mon agachon...heureux de te retrouver sur mon sentier. 

Coup de coeur.

Posté(e)
Il y a 4 heures, O Salto a écrit :

Et nous nous sèmerons longtemps

longtemps…

après que les oiseaux ont disparu

 

Que les oiseaux disparaissent le plus tard possible !  Car sans eux, la poésie du monde s'appauvrira tristement.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème éminent qui entraîne loin pour atteindre l’essence. Tout serait à citer, mais je retiens cette strophe:

Il y a 4 heures, O Salto a écrit :

Un lit de rivière se comble

de morceaux d’exil

comme en un grenier vide

à l’étiage de l’enfance 

captive des moraines de l’oubli

 

 

Posté(e)

Ce cheval, entre deux rangs de maïs fauchés déjà, dans le sens inverse du cœur de l'eau souterraine. Je ne m'approcherai pas plus du bord de bois, je veux pouvoir le confondre avec la biche.

J'ai déniché la chaîne de cuivre de l'Ancien dans le vieux grenier aux oiseaux de nuit. C'est le pendule de la Terre qui me l'a soufflé.

Dans le champ, les pierres ont des veines, rouges, noires, bleues, corail et bord de mer.

Fleurs de pissenlit sur un dictionnaire, je vais remplir les abreuvoirs.

 

Merci infiniment pour ces voyages de ressentis et d'images, un vol ininterrompu.

Posté(e)
Il y a 16 heures, O Salto a écrit :

 

Au-delà des paupières, l’indigo

 

Où vient ce lourd cheval, gravide

ourlée de ressac

vers quelle arène d’algues

la poitrine bourrée d’otages 

une touffe d’étoiles oubliées

dans la crinière

 

Juste senti l’ample soie

et souffle de sa peau

drap noir-pangaré du silence 

âme de soi 

allant le long des aulnes éthérés

 

Un lit de rivière se comble

de morceaux d’exil

comme en un grenier vide

à l’étiage de l’enfance 

captive des moraines de l’oubli

 

La nuit m’a saisi par les plis

une chienne son petit

jeté dans le courant

les mots fouillent

une matière d’ombre

aux racines mêlées

d’encres et d’écrous

murées en cellules bondées 

de suppliques

d’amour et de lie 

tant de rebours 

de pain à rompre, de chair 

et de mouture 

matrice d’errance univers

 

Nés d’une même pierre

d’une même prière

nous ne desservions plus l’autel

entre nos sacrifices

 

Je lierai, l’automne 

la marée aux grands oiseaux

la traîne des levées 

dans les sables les générations

essaimerai nos farouches moissons

lumières ébrouées

sur le ciel artifice, le temps 

cet océan qui nous naît

d’infortune

 

Mantra ouvrant la vague 

copeaux remontant le chant 

de nos mères fauves 

fers d’un même galop

sur une même terre

sous le vent la poussière de nos vies

cadencées cœur-tambour

quand elle sortira de l’eau

 

Et nous nous sèmerons longtemps

longtemps…

après que les oiseaux ont disparu

 

 

Un magnifique ouvrage de mots cadencés sur le rythme brut et sauvage des vagues de nos prières 🙏 merci 

Posté(e)

Depuis le début, @O Salto j'aime cet univers que tu déploies du bout de ta plume ... Dommage que tu te fasses rare ! 💫

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je voulais citer le passage mis en exergue par @Jeep...

Un au-delà que vous appréhendez avec grande poésie @O Salto

Posté(e)

@O Salto

 

Alors là, mais alors là... et top !

Posté(e)
Le 02/09/2023 à 17:28, O Salto a écrit :

Juste senti l’ample soie

et souffle de sa peau

 

Le 02/09/2023 à 17:28, O Salto a écrit :

Un lit de rivière se comble

de morceaux d’exil

 

Le 02/09/2023 à 17:28, O Salto a écrit :

La nuit m’a saisi par les plis

 

Le 02/09/2023 à 17:28, O Salto a écrit :

sous le vent la poussière de nos vies

Quelle profusion d'images !

Et quelle musique !

C'est de la poésie débridée !

Posté(e)

Beaucoup d'images qui me touchent.

Merci.

  • 1 mois plus tard...
Posté(e)
  • Auteur

Merci  @Thy Jeanin pour cette lecture ; l’indigo est la couleur du 5ème chakra ; en recouvrant les paupières de la paume des mains on peut la voir apparaître d’un bleu plus ou moins profond et plus ou moins étendue ; il peut être agréable de la laisser se répandre en soi même à cet endroit !

 

Merci  @Diane ! J’ai souri à l’indéniable ! Toi seule aussi pouvait poser la question de l’accord dont tu connais la réponse ; gravide a suffisamment donné son genre au cheval. Je peux bien mettre ourlée sans e mais : "gravide" va avec quoi ? …

 

Merci mille fois @Frédéric Cogno chez qui mes mots semblent parfois voisiner le septième ciel ! Mais ne t’y trompe pas, celui qui marche, c’est toi !

 

Alors, nous disparaîtrons ensembles, @Danivan ; nos girouettes auront perdu le chant …

 

J’aime ta manière, @Jeep, de quitter la surface de mes assemblages, et d’y déceler parfois du sens que je comble à plaisir en multiples langages, j’en conviens ! Je te remercie pour tes fidèles lectures, moi qui suis si avare de messages !

 

Il est aussi des mots de longs voyages ; ils cherchent parfois un nid, une soupente ouverte au vent, l’ombre d’un bois, un vieux mur aux racines ; parfois ils ne savent plus où se poser, quand l’horizon disparaît, ou que la rivière est grise … Parfois le monde fait trop de bruit, et ils replient leurs ailes d’une rive à l’autre … Ils attendent en riant au bord du seau que tu y viennes verser l’eau, chère @Eobb

 

Merci @Nâau pour cette lecture en crête, le monde mouvant de la quête de soi, ce champ de possibles et d’impossibles tapi jusqu’au fond obscur de nos mémoires cellulaires.

 

Merci @Joailes, pour cet accompagnement ; je ne doute pas que quelque part nos musiques s’arrangent ! Si je suis rare, est-ce ma peur des mots ?

 

Voilà, c’est fait ! Merci @Tarentaise

 

Et toi, @Marc Hiver, la ligne sans détour de la sincérité pensive ! Merci hop à toi !

 

Merci @Sertorius ! Ne pas lâcher les rennes ! Merci pour la musique !

 

Content, @Margueritte Cèdre que mes mots vous atteignent, et vos images !

Posté(e)
Il y a 3 heures, O Salto a écrit :

 

 

Merci  @Diane ! J’ai souri à l’indéniable ! Toi seule aussi pouvait poser la question de l’accord dont tu connais la réponse ; gravide a suffisamment donné son genre au cheval. Je peux bien mettre ourlée sans e mais : "gravide" va avec quoi ? …

 

 


c’est pas grave allez 😄

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.