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Vieux

Featured Replies

Posté(e)

*

 

Puisque le monde est furieux

Je, refuserai d’être vieux
Chaque année qui avance je ferai un mile de plus
De si grands pas de géants que la terre sera dissolue
A ceux qui voudraient me suivre, comme vous êtes têtus !
Vous n’aurez de moi que mes frêles empreintes
Mon âme est âgée, mais mon corps jamais ne s’esquinte
Si parfois d’une toux je suis pris, d’une quinte
C’est que le monde me semble fou de compter en complainte
D’un âge qui vous habite tel un manteau !
Attacher à une année un si long fardeau
Qu’à la date attendue, l’être prend une ride
Mais voilà que sur les joues, s’installe le vide !

Puisque le monde est furieux,
de mes rides je ferai des aveux
Je raconterai mes histoires marquantes
Celles qui ont touché l’ère adolescente
Je dessinerai un soleil infini
Entourant les yeux des traces de vie
Le front se targuera d’être tatoué
Il criera ! Comme il fut surpris d’exister
Et les mains aux paumes délicates ou froissées
Me rappelleront la dentelle d’un amour d’été


Les taches  perlées à mes poignets offriront des bracelets
Sur les hanches, la chair embrassera les reins
Le reflet, toujours, me rappelle que l'on reste gamin


Comme le temps s'allonge ou se réduit


Cela dépend des orages, du vent ou de la pluie


Certains jours je suis léger, comme venu d’ailleurs
D’autres soirs apeuré, j’ai le teint qui se meurt

Alourdi par une épine, celle du temps menti
La fine aiguille des années que l’on maudit
Je m’assoupis sur une étoffe de tissu étranger
J’imagine la chaleur des dunes d’Alger
En mirage une oasis se dresse, sauveuse !
Je m’éveille, c’est elle, ma grande dormeuse !
Il me semble en souvenir t’avoir déjà rencontrée
Mais une brume me prend et efface la vie
Avec le temps je songe avoir perdu les noms
Ils me reviennent puis s’échappent en un pâle frisson

 

Mon amour, ma mémoire,
te demande Pardon

 

 

*

 

 

 

 

 

 

Posté(e)

Nous restons tous des enfants, même à l'étroit dans nos corps qui vieillissent.

Tant que nous ne donnons pas trop d'importance à notre personnage, l'enfant en nous s'épanouit.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J'ai aimé vos vers, profondément émouvants, @Ambre. Je pense que seule l'âme est sans âge... elle est éternelle mémoire du temps...

Modifié par Sophie

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très beau et très touchant poème de l'âge qui vient et qui s'impose, en dépit de tout !

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Plein de formules percutantes et fines sur le thème de la vieillesse. Si le rythme est lent voire chaotique, au fond: c'est celui que donne l'âge. Il faut la sagesse de Michel Serres pour ne pas trouver le monde furieux. Merci pour ce texte bourré de charme!

Posté(e)

Merci pour chacun des messages qui transpire à travers vos vers.

Vieillir un mot qui parfois fait remonter tant de belles émotions et qui souvent fait réaliser ce que le mot vieillir peut avoir de compliquer.

Il y a 8 heures, Ambre a écrit :

Comme le temps s'allonge ou se réduit

J'aime ce vers.

 

Il y a 8 heures, Ambre a écrit :

Mais une brume me prend et efface la vie
Avec le temps je songe avoir perdu les noms
Ils me reviennent puis s’échappent en un pâle frisson

 

Mon amour, ma mémoire,
te demande Pardon

 

Des mots qui me parlent et me touchent beaucoup.

Merci Ambre

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 11 heures, Patricia a écrit :

Merci pour chacun des messages qui transpire à travers vos vers.

Vieillir un mot qui parfois fait remonter tant de belles émotions et qui souvent fait réaliser ce que le mot vieillir peut avoir de compliquer.

J'aime ce vers.

 

Des mots qui me parlent et me touchent beaucoup.

Merci Ambre

Merci beaucoup Patricia pour vos ressentis votre retour et partage. La Vieillesse me touche tellement, l'enfance qu'elle semble retrouver tout en incarnant la Sagesse, la rencontre des âges... 

Il y a 18 heures, Sophie a écrit :

J'ai aimé vos vers, profondément émouvants, @Ambre. Je pense que seule l'âme est sans âge... elle est éternelle mémoire du temps...

Merci ! 🙏🏻. L'âme me fait aussi cet effet. Elle me semble Être, à la fois le temps et l'absence de temporalité. Elle nous traverse et nous ramène à la verticalité, tout en nous faisant aimer et chérir l'horizontalité de la vie. 

 

Il y a 19 heures, Sertorius a écrit :

Nous restons tous des enfants, même à l'étroit dans nos corps qui vieillissent.

Tant que nous ne donnons pas trop d'importance à notre personnage, l'enfant en nous s'épanouit.

Cela me fait penser à Shakespeare, son indémodable " Le monde entier est un théâtre, Et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles." 

Modifié par Ambre

Posté(e)
  • Administrateur

Alors que je n'atteindrai la cinquantaine que l'an prochain, la vieillesse est déjà l'une de mes hantises. Votre poème m'a donc touché et je me retrouve assez dans certains vers. Mais sans doute suis-je encore trop jeune pour pouvoir dire qu'elle flirte avec la sagesse. Reparlons-en dans quelques années 😉 

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 4 heures, Eathanor a écrit :

Alors que je n'atteindrai la cinquantaine que l'an prochain, la vieillesse est déjà l'une de mes hantises. Votre poème m'a donc touché et je me retrouve assez dans certains vers. Mais sans doute suis-je encore trop jeune pour pouvoir dire qu'elle flirte avec la sagesse. Reparlons-en dans quelques années 😉 

La sagesse n'est elle pas l'être qui "cesse d'être sage"? Je pense du coup qu'elle se trouve autant dans la jeunesse que dans le grand âge...🤗

Posté(e)
Le 30/07/2023 à 12:47, Ambre a écrit :

Certains jours je suis léger, comme venu d’ailleurs
D’autres soirs apeuré, j’ai le teint qui se meurt

Alourdi par une épine, celle du temps menti
La fine aiguille des années que l’on maudit

"Alourdi par une épine, celle du temps menti..."  LE TEMPS MENTI ! Quelle belle et forte image pour qualifier notre société moderne gangrénée par le jeunisme, épouvantée par la mort qu'elle évacue au fins fonds d'en EHPAD ou d'un hôpital impersonnel et aseptisé. 

 

Merci pour ce beau poème qui suscite une intense et fructueuse réflexion !

Posté(e)
  • Auteur
Le 01/08/2023 à 22:46, Danivan a écrit :

"Alourdi par une épine, celle du temps menti..."  LE TEMPS MENTI ! Quelle belle et forte image pour qualifier notre société moderne gangrénée par le jeunisme, épouvantée par la mort qu'elle évacue au fins fonds d'en EHPAD ou d'un hôpital impersonnel et aseptisé. 

 

Merci pour ce beau poème qui suscite une intense et fructueuse réflexion !

Merci beaucoup pour votre retour qui me touche.

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