Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

La mer (IV)

Featured Replies

Posté(e)

 

Nos côtes n’ont rien dit. Elles ont laissé faire.

A quoi bon malgré tout s’en prendre à Lucifer ?

Ces infernales eaux, ce fracas bleu-immonde,

Reste le culte noir des icônes facondes,

La mémoire montante aux parois de nos âges

De notre être profond et de ses sabordages,

Des radeaux modelés par les mains du récif,

Des témoins échoués en exode chétif.

Regardez vers là-bas, les brumes consacrées,

Le soleil rutilant vient couvrir l’apaisée.

Elle abjure un long temps sur les rochers placides,

Le règne des orgies aux leucorrhées fétides.

Evanouie, transie, d’une écume abrasive,

Ahurie, ébahie, pleurnichant sur la rive,

Troublée, déboussolée, par l’hypnose des vents,

Ses flots ont revêtus le drapé des gisants.

 

Oh ! ce qui s’est passé…Elle ne s’en souvient.

De nouveau tout sourit dans le calme olympien.

 

Il semble que le vent, révérend moribond,

A laissé une brise enlever sa fanchon.

Un temps flottant dans l’air puis à fleur de rivage,

En foulard de soie rose elle effleure si sage,

Les longs cheveux peignés par le soir plus câlin,

Le front de l’endormie qui se repose enfin.

Parfois un clignement de ses cils alanguis

Friselise la baie lentement rechampie ;

Les âmes des marins feuilletées à l’or rose,

Sont revenues border sans une vague éclose

Le couffin mauve et bleu fait de fines dentelles,

Les rêves soupirant des regrets de patelles

Sur le lutrin de sable enluminé d’amour

Qui efface en moussant tous les péchés du jour.

 

Ainsi nous oublions l’hydre tentaculaire,

La brisure des arcs des niches funéraires,

Ce tourment gigantesque aux tempêtes salaces…

Maintenant elle chante et se voit dans sa glace.

Des milliards de miroirs sous son charme scintillent,

Ses traits toujours tirés poursuivent des vanilles.  

Mon dieu ! quelle est jolie en petite tenue,

La regarder courir, légère et presque nue,

Minaudant de ses pieds des floraisons de rêve

Me fait croire à nouveau en une ultime trêve

Qui bercera mon cœur de retour sur la grève

Très loin de ce mortier où l’on souffre, où l’on crève.

 

Je veux revoir ce ventre et ces écrins d’eau chaude

Qui gardent le secret depuis la première ode

Dans l’antre maternel, dans l’unique synode

Qui donne aux nouveau-nés des yeux bleu-émeraude

Et renaître en son flanc d’une mousse divine,

Grandir auprès des flots avec ses levantines,

Caché sous ses dessous, sa robe à crinoline,

N’être plus que de l’eau pour bénir les matines…

 

 FIN

 

Posté(e)

Voici donc le volume IV ‘et dernier) du long poème La Mer.

Que peut-on dire sinon que c’est du même tonnage que les précédents. La verve épique et flamboyante est toujours là mais la mer retombe ici comme un linceul sur nos âmes fouettées d’embruns apocalyptiques. Elle apporte dans son accalmie quelques ossements de vieux loups de mer légendaires (peut-être que ceux du pauvre marin de Samuel Taylor Coleridge se trouvent parmi) et des soupirs de bivalves qui, à force de filtrer l’eau en permanence, y gardent la substantifique moelle. Quintessence que semble retrouver le narrateur qui, comme le mythologique Odysseus, ressurgit d’une vague utérine pour défier la mort dans une renaissance éblouissante.

 

 

Je l’ai dit il y a peu, la mer est une femelle, cette ode ne fait que le confirmer.

 

Je mets une étoile de mer faute de mieux

 

 

Admirable en tous points.

 

 

Hélo la Néréide 

Modifié par Héloïse Maubert

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je reste sans voix sous cette dernière avalanche de vers somptueux qui célèbrent la mer féminine en diable. Du grand Art!

Posté(e)

Magnifique inspiration pour ce final en apothéose. Bravo @Frédéric Cogno

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Scotché. Chaque vers est un miroitement de mots, d'images, de musique intense!

Posté(e)

Superbe appel désespéré à la beauté des océans (je dis désespéré car comme vous mon quotidien est plutôt fait de ce "mortier où l'on souffre et l'on crève".

Posté(e)
Le 09/05/2023 à 08:32, Frédéric Cogno a écrit :

 

Nos côtes n’ont rien dit. Elles ont laissé faire.

A quoi bon malgré tout s’en prendre à Lucifer ?

Ces infernales eaux, ce fracas bleu-immonde,

Reste le culte noir des icônes facondes,

La mémoire montante aux parois de nos âges

De notre être profond et de ses sabordages,

Des radeaux modelés par les mains du récif,

Des témoins échoués en exode chétif.

Regardez vers là-bas, les brumes consacrées,

Le soleil rutilant vient couvrir l’apaisée.

Elle abjure un long temps sur les rochers placides,

Le règne des orgies aux leucorrhées fétides.

Evanouie, transie, d’une écume abrasive,

Ahurie, ébahie, pleurnichant sur la rive,

Troublée, déboussolée, par l’hypnose des vents,

Ses flots ont revêtus le drapé des gisants.

 

Oh ! ce qui s’est passé…Elle ne s’en souvient.

De nouveau tout sourit dans le calme olympien.

 

Il semble que le vent, révérend moribond,

A laissé une brise enlever sa fanchon.

Un temps flottant dans l’air puis à fleur de rivage,

En foulard de soie rose elle effleure si sage,

Les longs cheveux peignés par le soir plus câlin,

Le front de l’endormie qui se repose enfin.

Parfois un clignement de ses cils alanguis

Friselise la baie lentement rechampie ;

Les âmes des marins feuilletées à l’or rose,

Sont revenues border sans une vague éclose

Le couffin mauve et bleu fait de fines dentelles,

Les rêves soupirant des regrets de patelles

Sur le lutrin de sable enluminé d’amour

Qui efface en moussant tous les péchés du jour.

 

Ainsi nous oublions l’hydre tentaculaire,

La brisure des arcs des niches funéraires,

Ce tourment gigantesque aux tempêtes salaces…

Maintenant elle chante et se voit dans sa glace.

Des milliards de miroirs sous son charme scintillent,

Ses traits toujours tirés poursuivent des vanilles.  

Mon dieu ! quelle est jolie en petite tenue,

La regarder courir, légère et presque nue,

Minaudant de ses pieds des floraisons de rêve

Me fait croire à nouveau en une ultime trêve

Qui bercera mon cœur de retour sur la grève

Très loin de ce mortier où l’on souffre, où l’on crève.

 

Je veux revoir ce ventre et ces écrins d’eau chaude

Qui gardent le secret depuis la première ode

Dans l’antre maternel, dans l’unique synode

Qui donne aux nouveau-nés des yeux bleu-émeraude

Et renaître en son flanc d’une mousse divine,

Grandir auprès des flots avec ses levantines,

Caché sous ses dessous, sa robe à crinoline,

N’être plus que de l’eau pour bénir les matines…

 

 FIN

 

La mer renfermerait -elle nos tourments, nos colères, de cette beauté placide , irrésistible ne serait-ce pas un reflet de notre humanité…

envie de me confondre aussi si vous le permettez et « n’être que de l’eau pour bénir les matines » votre poème est une pure merveille dont , je le constate, j’ai manqué des épisodes 😉🙃

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une floraison de superbes métaphores en vos vers, @Frédéric Cogno ! La mer est enchanteresse...le miroir du monde et de l'âme.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 09/05/2023 à 15:32, Frédéric Cogno a écrit :

Mon dieu ! quelle est jolie en petite tenue,

La regarder courir, légère et presque nue,

Minaudant de ses pieds des floraisons de rêve

Me fait croire à nouveau en une ultime trêve

Qui bercera mon cœur de retour sur la grève

Après les tempêtes et les orages, vous nous faites vivre à merveille un apaisement qui est peut-être le vrai visage de la mer.  Un grand merci @Frédéric Cogno  pour ce drame en quatre actes qui se termine en magnifiant si bellement la beauté toute féminine de la mer. 

Posté(e)

@Frédéric Cogno

 

C'est déjà la fin ? Et hop !

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.