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La complainte du carrousel

Featured Replies

Posté(e)

 

 

Tout là-bas, devant les remparts gris,

fouettés de lapis-lazuli

depuis des décennies,

un carrousel secoue la tête,

résigné,

les tripes à l'air,

c'est bête un carrousel qui tourne

qui tourne et se retourne

les tripes à l'air

dans les humeurs de l'océan

aux colliers d'écume

venus du Cap Fréhel

la moto bleue a une roue crevée

le camion de pompiers a pris feu

la diligence n'a plus de cocher

les fers sont rouillés

un cheval de bois monte et descend

une patte en l'air

c'est bête un cheval qui monte

et qui descend

une patte en l'air,

dans les humeurs de l'océan

aux colliers d' écume

encore un tour, encore un tour

criait l'enfant au bord du vide,

tellement ivre,

le carrousel a ralenti

l'enfance est finie

avec ses rides

et ses yeux tristes

elle change de compartiment

Un petit train blanc

fait le tour des remparts

encore un tour, encore un tour

allez, démarre,

disent les enfants adultes

toujours pressés

Le carrousel abandonné

fait une dernière tournée

un pot d'adieu, en quelque sorte,

voici la marée haute

qui avale le cheval,

la patte en l'air,

c'est bête un cheval qui monte

et qui descend

une patte en l'air

dans les humeurs de l'océan

aux colliers d'écume
 

Tout là-bas, devant les remparts gris,

seul, un œil vieux, presque clos

raconte les rires joyeux des lutins

en culottes courtes, mollets fouettés au vent

qui tournaient, tournaient,

sans l'ombre d'un doute …


 

mais … qui l'écoute ?


 

C'est bête un œil vieux

qui monte et qui descend

au gré des marées de la vie

et le petit train blanc sombre

lui aussi

et c'est tant pis pour lui.


 

Une fois tout englouti,

tout recommence …


 

Sur la place où l'on danse,

près de l'hôtel de ville,

on peut entendre,

si l'on prête bien l'oreille

à l’œil qui a tout vu,

des légendes volatiles,

un orgue de Barbarie

et un cheval, la patte en l'air,

qui rue.


 

C'est bête tous ces gens

qui montent et qui descendent,

la tête en l'air

dans les humeurs de l'océan

aux colliers de brume

venus du Cap Fréhel.


 

Ils n'entendent pas

la complainte du carrousel …


 


 

(joailes – 21 avril 2023)


 

Posté(e)

Un instantané. Vivant. Comme une carte postale qui se mettrait tout à-coup à raconter...

 

Hélo

Modifié par Héloïse Maubert

Posté(e)

Bonjour

J'aime bien les carrousels, ils semblent avoir traversé les ans sans que le temps n'exerce aucune prise sur eux.

Le cheval, le cochon, le tacot, bref tout un ensemble désuet mais qui par une nostalgie venue de notre enfance

enchante toujours notre d'âme de gamin ou gamine. 

Sans parler de leur musique.

 

Robin 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Avec bonheur, vous prolongez l'existence de ces carrousels de notre enfance…  Merci @Joailes

Posté(e)
Il y a 1 heure, Joailes a écrit :

 

 

Tout là-bas, devant les remparts gris,

fouettés de lapis-lazuli

depuis des décennies,

un carrousel secoue la tête,

résigné,

les tripes à l'air,

c'est bête un carrousel qui tourne

qui tourne et se retourne

les tripes à l'air

dans les humeurs de l'océan

aux colliers d'écume

venus du Cap Fréhel

la moto bleue a une roue crevée

le camion de pompiers a pris feu

la diligence n'a plus de cocher

les fers sont rouillés

un cheval de bois monte et descend

une patte en l'air

c'est bête un cheval qui monte

et qui descend

une patte en l'air,

dans les humeurs de l'océan

aux colliers d' écume

encore un tour, encore un tour

criait l'enfant au bord du vide,

tellement ivre,

le carrousel a ralenti

l'enfance est finie

avec ses rides

et ses yeux tristes

elle change de compartiment

Un petit train blanc

fait le tour des remparts

encore un tour, encore un tour

allez, démarre,

disent les enfants adultes

toujours pressés

Le carrousel abandonné

fait une dernière tournée

un pot d'adieu, en quelque sorte,

voici la marée haute

qui avale le cheval,

la patte en l'air,

c'est bête un cheval qui monte

et qui descend

une patte en l'air

dans les humeurs de l'océan

aux colliers d'écume
 

Tout là-bas, devant les remparts gris,

seul, un œil vieux, presque clos

raconte les rires joyeux des lutins

en culottes courtes, mollets fouettés au vent

qui tournaient, tournaient,

sans l'ombre d'un doute …


 

mais … qui l'écoute ?


 

C'est bête un œil vieux

qui monte et qui descend

au gré des marées de la vie

et le petit train blanc sombre

lui aussi

et c'est tant pis pour lui.


 

Une fois tout englouti,

tout recommence …


 

Sur la place où l'on danse,

près de l'hôtel de ville,

on peut entendre,

si l'on prête bien l'oreille

à l’œil qui a tout vu,

des légendes volatiles,

un orgue de Barbarie

et un cheval, la patte en l'air,

qui rue.


 

C'est bête tous ces gens

qui montent et qui descendent,

la tête en l'air

dans les humeurs de l'océan

aux colliers de brume

venus du Cap Fréhel.


 

Ils n'entendent pas

la complainte du carrousel …


 


 

(joailes – 21 avril 2023)


 

La complainte ne s’entend plus lorsque les oreilles sont diverties par d’autres nouveautés de frivolité et d’impatience. Votre poème nous invite à réfléchir avec élégance et nous pique gentiment pour nous sortir de nos surdités 😉

Posté(e)

Un sucre d'orge comme d'habitude ! Tu es toujours prête à nous faire voyager @Joailes. Petit clin d'oeil vieux !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Il y a encore un carrousel à Saint-Malo, près des remparts gris, sur lequel tournent mes petits-enfants. Outre cette référence, le poème m’a emballé, forme et fond.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Emouvante complainte du carrousel, @Joailes Un surréalisme prégnant où se mêlent des sentiments contrastés !

Posté(e)
Il y a 4 heures, Joailes a écrit :

Ils n'entendent pas

la complainte du carrousel …

 

 

Justement, moi je n'aime pas les carrousels....leur complainte est trop

nostalgique et me collent le bourdon
c'est tout à fait bien raconté ici..

Posté(e)

Excellent ! Très fort poème ,très visuel et si profond 

Posté(e)

Une beauté de poème, Joailes! Nostalgique petite musique au grand cœur de la parole!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un carrousel, ce sont ces vers et ces personnages qui tournent, mais ça n'a rien de bête. C'est émouvant, ça fait penser au meilleur de Prévert et c'est joli et triste comme la vie. Comme le cap Fréhel quand s'y fracassent des fantômes.

Posté(e)

J'ai dans l'enfance tellement fréquenté les carrousels qu'il m'en est resté une tendresse de regret. Et la tendresse de regret c'est bien mieux que la nostalgie dans laquelle tu n'es pas tombée @Joailes !

Posté(e)

Superbe, merci beaucoup !
Et aussi bête, effectivement, que cela soit, moi qui monte de nouveau sur des carrousels des années après, je dois avouer que l’effet magique, s’il est plus discret, reste bizarrement le même.

Posté(e)
Le 22/04/2023 à 10:05, Joailes a écrit :

encore un tour, encore un tour

criait l'enfant au bord du vide,

Bonjour et bravo @Joailes pour ce texte à la beauté mélancolique où la tendresse est toujours présente. (une constante chez l'auteure). Le carrousel peut représenter un monde (associé à l'enfance) que l'on refuse de voir décrépir et pérécliter.(la moto bleue a une roue crevée,le camion de pompiers a pris feu,la diligence n'a plus de cocher,les fers sont rouillés)

Dés lors le cheval devient l'émanation d'un passé dont on refuse la disparition.

un cheval, la patte en l'air,qui rue.> même le cheval se révolte

C'est bête tous ces gens qui montent et qui descendent> parallèle interessant entre le mouvement des occupants d'un bateau soumis aux vagues et ceux d'occupants de manège (alternance haut/bas))

Etoile pour ce trés beau texte dont il faudra apprécier toutes les subtilités à la faveur de plusieurs relectures🌟

 

 

Modifié par Filae77

Posté(e)
Le 22/04/2023 à 10:05, Joailes a écrit :

les enfants adultes

Filae a raison, ton poème comme souvent est truffé de perles subtiles. Il faut te relire et encore te relire pour espérer démêler les trames poétiques. Le carrousel est à mes yeux l'incarnation même du désespoir où les enfants se battent pour décrocher le pompon... dans un décor festif de gros néons et de mauvaises sucreries et de tapages diarrhéiques. D'ailleurs les forains sont tristes pendant la fête...

Plus tard, les enfants adultes monteront dans le petit train qui ressemble à un pilulier ambulant.

Posté(e)
  • Auteur

Je vous remercie tous infiniment pour vos commentaires qui sont des mines d'or : chacun y va de son ressenti et ça fait tourner mon manège à moi ! @Héloïse Maubert @Robin des bois @Tarentaise  @Nâau @Papy Adgio @Jeep @Sophie @Diane @Marioutch @Camine @Thy Jeanin @Daniel Muller-Ferguson @Bref @Filae77 @Frédéric Cogno les étoiles brillent sur vos passages silencieux, @Illiz et d'autres peut-être ... Merci. 

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)

Ces impressions sur le carrousel sont une mine de sensations où la mélancolie de l'adulte voit ce que ne voyait pas l'enfant, ivre du manège qui tourne.

 

Belle poésie sur le temps qui passe ou tourne...  💫

 

Le 22/04/2023 à 10:05, Joailes a écrit :

c'est bête un cheval qui monte

et qui descend

une patte en l'air,

Je repense à une chanson de Vincent Delerm : Deauville sans Trintignant.

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