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Ceci n'est pas un haïku

Featured Replies

Posté(e)

 

 

Je ne désespère pas d'écrire court, un jour, mais ce n'est pas encore pour demain, alors ceux qui n'aiment pas les longueurs, les horodateurs, les langueurs, le pouvoir des fleurs, passez votre chemin !

La maladie d'écrire, on sait à peu près quand elle commence, mais elle n'a pas de fin …

Si j'avais fait un effort, j'aurais pu éliminer plein de mots, mais j'aurais été haïkusée de toutes façons, accusée de ne pas respecter les règles du concis du japonais qui a la faculté de se faire hara-kiri en trente-trois secondes, juste pour que la souffrance ne perdure.

J'ai du mal à faire ça ; j'aime bien les choses qui durent, au fond, comme le parfum des bas-fonds.

Je m'y suis habituée et je remue le couteau dans mes plaies, n'en déplaise !

C'est forcément beaucoup moins radical qu'une éventration ; les volcans dans la fournaise lâchent des muses

qui n'étaient pas invitées au banquet ; il faut rajouter des feuilles au carnet, avoir confiance en ses valets qui remplissent sans relâche les encriers et puis se laisser aller … Dans les couloirs très froids où tu ne fais que me ramener, j'écris un truc long comme le mois de mai que je sais bien abscons.

Pourtant, dans mon introduction, tu n'as fait que passer ; en deux jours, en deux mots, tu m'as tout donné.

J'écris en souvenir de ton cri et je ne t'en veux pas qu'il dure, je me souviens du goût des mûres et de la mine de crayon que j'ai taillée tant de fois pour faire de ton départ un élixir …

Ceci n'a pas de nom, ce n'est ni un poème, ni une prose ; encore moins un haïku, ni même une peinture.

Juste un instant qui dure sur les murs où des ombres sont restées.


 

 

L'abat-jour brumeux part en lambeaux

je passe mes doigts sur son chapeau

et je vois ma mère blême

sur l'âme du mur abstème

un rouge à lèvres flamboyant

comme une fleur des champs

delà la fenêtre sinistre

aux rideaux bistres

la nuit est noire

d'encre de mémoire

et les jours guère plus clairs

qui veulent percer le mystère

j'ai oublié la couleur de sa robe

dans mes rêves que l'aube me dérobe

les cerfs-volants restent à terre

sur des débris de verre et de pierre

d'un baiser attendu

qui n'est jamais venu

et les cochers fouettent les chevaux

leurs crinières en écheveaux

ressemblent à ses cheveux

dénoués, au parfum capiteux,

sur la fourrure de sa peau

je suis tombée très tôt

de ce berceau immobile

à l'ombre indélébile

Seul, l'encrier de verre et de cuivre

citerne d'eau de pluie du survivre

n'a pas d'ombres dans mon ventre

et berce l'intense de mon épicentre

ô mon séisme adoré

c'est toi qu'il faut blâmer

ton ombre partout noircit mes poèmes,

me fait m'attarder au vent qui parsème

tant de parfums aux clairs de lune

et de reflets sur les lagunes

si je ne t'avais pas vue une fois sur ma route,

j'aurais écrit des haïkus, sans doute.

Ton ombre s'estompe avec le temps qui court

les temps sont durs, le porte-plume devient lourd

je vois des symphonies inachevées

de gens qu'on a fait taire, je vais m'en contenter.

Pour te faire plaisir, pour te plaire

je suis restée si solitaire

dis-moi comment faire court

en deux mots, en deux jours, peut-on parler d'Amour ?


 

(joailes – 14 avril 2023)


 

Posté(e)
Il y a 10 heures, Joailes a écrit :

dis-moi comment faire court

en deux mots, en deux jours, peut-on parler d'Amour ?

 


Rien de difficile
laisser s’exprimer ton coeur

et dire « je t aime»

 

(et ceci est un haïku 😁)

 

 

 

 

 

Modifié par Diane

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 10 heures, Joailes a écrit :

dis-moi comment faire court

Prends moi!

Posté(e)
Il y a 14 heures, Joailes a écrit :

 

 

Je ne désespère pas d'écrire court, un jour, mais ce n'est pas encore pour demain, alors ceux qui n'aiment pas les longueurs, les horodateurs, les langueurs, le pouvoir des fleurs, passez votre chemin !

La maladie d'écrire, on sait à peu près quand elle commence, mais elle n'a pas de fin …

Si j'avais fait un effort, j'aurais pu éliminer plein de mots, mais j'aurais été haïkusée de toutes façons, accusée de ne pas respecter les règles du concis du japonais qui a la faculté de se faire hara-kiri en trente-trois secondes, juste pour que la souffrance ne perdure.

J'ai du mal à faire ça ; j'aime bien les choses qui durent, au fond, comme le parfum des bas-fonds.

Je m'y suis habituée et je remue le couteau dans mes plaies, n'en déplaise !

C'est forcément beaucoup moins radical qu'une éventration ; les volcans dans la fournaise lâchent des muses

qui n'étaient pas invitées au banquet ; il faut rajouter des feuilles au carnet, avoir confiance en ses valets qui remplissent sans relâche les encriers et puis se laisser aller … Dans les couloirs très froids où tu ne fais que me ramener, j'écris un truc long comme le mois de mai que je sais bien abscons.

Pourtant, dans mon introduction, tu n'as fait que passer ; en deux jours, en deux mots, tu m'as tout donné.

J'écris en souvenir de ton cri et je ne t'en veux pas qu'il dure, je me souviens du goût des mûres et de la mine de crayon que j'ai taillée tant de fois pour faire de ton départ un élixir …

Ceci n'a pas de nom, ce n'est ni un poème, ni une prose ; encore moins un haïku, ni même une peinture.

Juste un instant qui dure sur les murs où des ombres sont restées.


 

 

L'abat-jour brumeux part en lambeaux

je passe mes doigts sur son chapeau

et je vois ma mère blême

sur l'âme du mur abstème

un rouge à lèvres flamboyant

comme une fleur des champs

delà la fenêtre sinistre

aux rideaux bistres

la nuit est noire

d'encre de mémoire

et les jours guère plus clairs

qui veulent percer le mystère

j'ai oublié la couleur de sa robe

dans mes rêves que l'aube me dérobe

les cerfs-volants restent à terre

sur des débris de verre et de pierre

d'un baiser attendu

qui n'est jamais venu

et les cochers fouettent les chevaux

leurs crinières en écheveaux

ressemblent à ses cheveux

dénoués, au parfum capiteux,

sur la fourrure de sa peau

je suis tombée très tôt

de ce berceau immobile

à l'ombre indélébile

Seul, l'encrier de verre et de cuivre

citerne d'eau de pluie du survivre

n'a pas d'ombres dans mon ventre

et berce l'intense de mon épicentre

ô mon séisme adoré

c'est toi qu'il faut blâmer

ton ombre partout noircit mes poèmes,

me fait m'attarder au vent qui parsème

tant de parfums aux clairs de lune

et de reflets sur les lagunes

si je ne t'avais pas vue une fois sur ma route,

j'aurais écrit des haïkus, sans doute.

Ton ombre s'estompe avec le temps qui court

les temps sont durs, le porte-plume devient lourd

je vois des symphonies inachevées

de gens qu'on a fait taire, je vais m'en contenter.

Pour te faire plaisir, pour te plaire

je suis restée si solitaire

dis-moi comment faire court

en deux mots, en deux jours, peut-on parler d'Amour ?


 

(joailes – 14 avril 2023)


 

En une vie , on aura pas tout dit😉 les longueurs sont loins d’être monotones , elles tentent de dire , de créer, de se souvenir ! Vive les écrits qui s’aventurent pour goûter à l’éternité ! Bravo Joailes 🙃

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Pourquoi faudrait-il faire court? Même si on peut le faire dans la manière, la matière est inépuisable.

Posté(e)
  • Auteur
Le 15/04/2023 à 09:23, Diane a écrit :


Rien de difficile
laisser s’exprimer ton coeur

et dire « je t aime»

 

(et ceci est un haïku 😁)

 

 

 

 

 

certes 🙂 mais mon cœur est bavard et dit je t'aime longuement ! 

Le 15/04/2023 à 11:02, Jeep a écrit :

Prends moi!

tchin @Jeep

yellow_beer.png

Le 15/04/2023 à 15:30, Nâau a écrit :

En une vie , on aura pas tout dit😉 les longueurs sont loins d’être monotones , elles tentent de dire , de créer, de se souvenir ! Vive les écrits qui s’aventurent pour goûter à l’éternité ! Bravo Joailes 🙃

C'est très gentil, @Nâau je suis touchée !

 

Le 15/04/2023 à 16:43, Bruant a écrit :

Certes non, on ne peut pas ! J'admire surtout ta propension à faire long, car tu n'emplis pas l'air de vanités. Tu nous entraîne simplement sur ce chemin par ta plume dessinée. Et mettant à nu une partie de ton âme, c'est un peu de la nôtre que tu nous permets de mettre à jour. Pour son grand apaisement...

 

(Parfois, tes vers et ton univers me font vraiment penser à ceux de René Guy Cadou...)🙂

Merci pour cette référence à un poète que j'aime beaucoup ! 

"Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète
Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui
Que chaque nœud du bois renferme davantage
De cris d'oiseaux que tout le cœur de la forêt
II suffit qu'une lampe pose son cou de femme
A la tombée du soir contre un angle verni
Pour délivrer soudain mille peuples d'abeilles
Et l'odeur de pain frais des cerisiers fleuris
Car tel est le bonheur de cette solitude
Qu'une caresse toute plate de la main
Redonne à ces grands meubles noirs et taciturnes
La légèreté d'un arbre dans le matin."
Le 15/04/2023 à 19:02, Thy Jeanin a écrit :

Pourquoi faudrait-il faire court? Même si on peut le faire dans la manière, la matière est inépuisable.

oui pourquoi ..? parce que parfois la beauté d'un haïku me désarme : pour moi il n'est qu'une introduction 🙂 il m'inspire et ma plume part ..! 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Chère @Joailes chacun de vos vers est un instant de ravissement...

Alors ne nous privez pas de ces instants même pour la beauté d'un haïku.

Posté(e)
  • Auteur

Merci cher @Tarentaise c'est gentil ! 

 

Posté(e)
Il y a 10 heures, Joailes a écrit :

oui pourquoi ..? parce que parfois la beauté d'un haïku me désarme : pour moi il n'est qu'une introduction 🙂 il m'inspire et ma plume part ..! 


un préliminaire quoi finalement….😂

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 1 heure, Diane a écrit :

un préliminaire quoi finalement….😂

voilà ! après "je t'aime" et "prends-moi" 😂

Posté(e)

Il serait idiot de reprocher à Musset, à Hugo, à Proust ou Soljenitsyne  d'écrire long 😄 

 

En amour il est de bon ton de faire durer le plaisir, n'est il pas ? ... Il en va de même en poésie parfois ^^ .

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 16 heures, Daniel Muller-Ferguson a écrit :

En amour il est de bon ton de faire durer le plaisir, n'est il pas ?

oh ouiiiiiiiiiiiiiiii ! 🙂 

Posté(e)

@Joailes

 

Pourquoi faire court quand on peut faire long ? Et hop !

Posté(e)

Comme Daniel, je dis aussi: 

Le 16/04/2023 à 17:11, Daniel Muller-Ferguson a écrit :

En amour il est de bon ton de faire durer le plaisir, n'est il pas ?

C'est beau, Joailes, j'aime beaucoup!

Posté(e)
  • Auteur

 

il y a 51 minutes, Camine a écrit :

Comme Daniel, je dis aussi: 

Le 16/04/2023 à 17:11, Daniel Muller-Ferguson a écrit :

En amour il est de bon ton de faire durer le plaisir, n'est il pas ?

chacun le dit. Cela reviendrait-il à sous-entendre que le haijin est un éjaculateur précoce ? 

 

Merci @Camine.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

On se laisse aisément emporter dans votre univers avec le même ravissement, @Joailes;

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