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Dès que le printemps revient

Featured Replies

Posté(e)

 

Dès que le printemps revient

 

Va l’eau du ruisseau

Au ciel cet entre-deux

De n’y entendre rien

Deux papillons d’ailes voltigent

Muets comme au premier jour

Et les convalescents

Boivent de la lumière

A la terrasse des chimères 

On se dirait

Les yeux battus l’hiver s’en va

L’air est ballon et le chemin

Au ciel cet entre-deux …

 

Ils s’effeuillent la main

Ils regardent au loin

Dedans les cimes chauves

Où le bouvreuil asile

On pressent que la Terre est un fruit

Dans la gueule solaire

La Terre est grosse

Un printemps veut vivre 

De toutes ses forces

C’est vrai qu’elle a ouvert son cœur

Et tout ce qui sera donné 

Elle / la mer / Dariâ / suzeraine !

Il sera serf / Younes / ma colombe ! …

 

Ils demandent les "papiers !

Mais déjà ils savent

Lier les mains / engorger la chair

Frapper frapper frappe

Levisagent / bottes et crosses

Il entre jambes tête dans son ventre

Il implore sans bruit / ils crachent 

Les plumes se souillent de cinabre 

Et Je voile mes yeux

Ils déchirent / elle se bat

De toutes ses forces

Prise au piège 

Et cela dure d’éternité 

Elle a l’aile pendante

Et pour la taire enfin

Ils vont tirer

 

Il court … La route fuit

Il est en nage …

Ses vêtements sont devenus si grands

" … te rendre les baisers

prisonniers à mes lèvres … "

Va l’alezan dans les divines neiges

 

L’aube picore le blé ondoyant

de sa nuque 

Mots et cris ont brisé son crane

Dans les fragments de l’âme

Il a choyé le visage / un rameau de givre 

Il sent cueillir la fleur de son rêve

Les folioles de sang

Que le ruisseau emporte

Il l’a remise au Ciel / ou à la Terre

Où allait-il chercher l’histoire

Mais il n’en saura rien

Dans un dernier poème 

L’hiver les couvre de délicatesse …

 

Deux papillons battent tambour 

Comme au premier jour

L’air est léger et le chemin

On sent que la Terre est un fruit

Elle veut mûrir

De toutes ses forces

" Si tu veux être un homme digne

Sois une femme "

Avait dit le vieux kurde …

Ce fond de l’air est un voile

qui flotte sur les certitudes

Le printemps est un sport de combat

 

* cité par Marjane Satrapi

Posté(e)

Un texte à forme poétique que je trouve très réussi.  Aussi bien dans son vouloir que dans sa figuration - le printemps est tellement galvaudé en poésie que c'est un P.A.C. - , vous avez réussi à en tirer quelque chose de très intéressant dans ses entrées multiples; notamment cet original et si bien trouvé "le printemps est un sport de combat".

 

Félicitations !

 

Hélo

 

PS de chieuse : (Enlevez les slashes et mettez des virgules, par pitié^^)

Modifié par Héloïse Maubert

Posté(e)

Toujours ce même plaisir à te lire, @O Salto dans cette originalité qui te caractérise. 

Posté(e)
Il y a 4 heures, O Salto a écrit :

 

Dès que le printemps revient

 

Va l’eau du ruisseau

Au ciel cet entre-deux

De n’y entendre rien

Deux papillons d’ailes voltigent

Muets comme au premier jour

Et les convalescents

Boivent de la lumière

A la terrasse des chimères 

On se dirait

Les yeux battus l’hiver s’en va

L’air est ballon et le chemin

Au ciel cet entre-deux …

 

Ils s’effeuillent la main

Ils regardent au loin

Dedans les cimes chauves

Où le bouvreuil asile

On pressent que la Terre est un fruit

Dans la gueule solaire

La Terre est grosse

Un printemps veut vivre 

De toutes ses forces

C’est vrai qu’elle a ouvert son cœur

Et tout ce qui sera donné 

Elle / la mer / Dariâ / suzeraine !

Il sera serf / Younes / ma colombe ! …

 

Ils demandent les "papiers !

Mais déjà ils savent

Lier les mains / engorger la chair

Frapper frapper frappe

Levisagent / bottes et crosses

Il entre jambes tête dans son ventre

Il implore sans bruit / ils crachent 

Les plumes se souillent de cinabre 

Et Je voile mes yeux

Ils déchirent / elle se bat

De toutes ses forces

Prise au piège 

Et cela dure d’éternité 

Elle a l’aile pendante

Et pour la taire enfin

Ils vont tirer

 

Il court … La route fuit

Il est en nage …

Ses vêtements sont devenus si grands

" … te rendre les baisers

prisonniers à mes lèvres … "

Va l’alezan dans les divines neiges

 

L’aube picore le blé ondoyant

de sa nuque 

Mots et cris ont brisé son crane

Dans les fragments de l’âme

Il a choyé le visage / un rameau de givre 

Il sent cueillir la fleur de son rêve

Les folioles de sang

Que le ruisseau emporte

Il l’a remise au Ciel / ou à la Terre

Où allait-il chercher l’histoire

Mais il n’en saura rien

Dans un dernier poème 

L’hiver les couvre de délicatesse …

 

Deux papillons battent tambour 

Comme au premier jour

L’air est léger et le chemin

On sent que la Terre est un fruit

Elle veut mûrir

De toutes ses forces

" Si tu veux être un homme digne

Sois une femme "

Avait dit le vieux kurde …

Ce fond de l’air est un voile

qui flotte sur les certitudes

Le printemps est un sport de combat

 

* cité par Marjane Satrapi

La singularité de ce printemps lui donne toute sa force ! 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Scènes de l'Asie centrale? Le sacre du printemps c'est cette violence sous de terribles latitudes. Mais au fond, pas de grande différence avec les rues de Paris, -certes, j'exagère.

Posté(e)
  • Administrateur

@Héloïse Maubert et @Nâau l'ont souligné avant moi mais en effet, voilà une approche poétique du printemps tout à fait originale.

 

Il y a 21 heures, Héloïse Maubert a écrit :

le printemps est tellement galvaudé en poésie que c'est un P.A.C.

Héloïse, qu'est ce qu'un P.A.C. ? Le seul acronyme que je connaisse dans ce sens est la Politique Agricole Commune mais je doute qu'il s'agisse de cela dans le cas présent 🙂 

Posté(e)

Piège A Con^^

Posté(e)

@O Salto

 

C'est beau comme du Hugues Aufray ! Et hop !

 

 

Modifié par Marc Hiver

Posté(e)

Dépaysement toujours, non pas au sens du pittoresque, mais plutôt au sens ethnographique.

 

Une véritable géographie humaine.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Sans chercher à l’analyser, j’ai ressenti le rythme hypnotique du poème.

Posté(e)

Ravie de vous voir, vous et vos

Le 03/04/2023 à 12:15, O Salto a écrit :

L’aube picore le blé ondoyant

de sa nuque 

Mots et cris ont brisé son crane

Dans les fragments de l’âme

J'aime beaucoup!! 

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 03/04/2023 à 19:15, O Salto a écrit :

Et les convalescents

Boivent de la lumière

A la terrasse des chimères 

Un très beau texte qui nous raconte le vrai printemps... Merci @O Salto 

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)

Ce "printemps" a parfois des airs de viol et de guerre. La strophe,

Le 03/04/2023 à 12:15, O Salto a écrit :

Ils demandent les "papiers !

dans son entier pourrait être un poème à soi seule évoquant les drames d'un conflit et tous ses excès. "Poètes, vos papiers" disait Ferré. Ici c'est une dénonciation de la violence derrière une saison qui se moque des activités de l'Homme, comme les trois autres du reste. 

Mais je peux me fourvoyer, et c'est cette ambiguïté qui fait (aussi) le poème. 💫

 

Modifié par Bollinger

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