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La maison

Featured Replies

Posté(e)

 

 

Une porte

 

Elle s’ouvre sur un couloir

Dont on ne devine plus la fin

À perte de vue

Étroit 

Long

Sans issue

 

Noir

Comme certains destins

Les murs opposés 

Se touchant presque

Se saluent 

Ornés d’étagères

De photos 

De poupées

De tableaux 

D’horloges, de pendules 

Témoins du temps qui passe 

De statuettes 

Qui se lassent 

De n’être plus admirées

De bidules 

Et autres curiosités 

De guirlandes en fausses fleurs 

Pour égayer de faux bonheurs 

Des meubles, des guéridons 

Aux multiples napperons 

De moquettes décorées 

Aux tapis superposés 

 

Circuler ?

On ne peut plus 

D’ailleurs ici 

On stagne

On se dépose 

Comme la poussière d’une vie

Fatiguée 

Elle s’accumule 

Fatalité 

Sur les souvenirs vieillis 

 

Respirer ?

On ne peut plus 

Ou en superficie 

De tout ce superflu 

Comme les murs, les sols

De tout ce fourbis 

L’espace se collabe 

Les bronches obstruées 

Par la nostalgie du passé 

Recouvrent et voilent les objets 

D’un profond et lent soupir 

 

Sur une lumière opaque 

L’espace s’absente

D’être trop rempli 

Le diaphragme comprimé 

Rien ne vit 

 

De fenêtres il n’y en a pas

Les seules rescapées 

De ce long naufrage 

Ne laissent plus transparaître de clarté 

Réverbérant le terne gris du ciel

Celui du Nord 

Où les ombres se confondent 

Se ramassent 

En mères 

Protectrices 

Sur leur seul trésor 

Qui leur permettent d’exister 

Sur un rai de lumière 

 

L’air ne voyage plus 

Désenchanté

Parce qu’ici les rêves ont disparu 

Dans la maison à sens unique 

Où les objets 

Sans horizons 

Rentrent mais ne ressortent pas

 

En décoration 

Ils sont placés 

Dans les vitrines 

A perpétuité 

 

En prison 

Ils s’entassent 

S’agglutinent 

Se serrent 

Se chevauchent

S’étouffent

Et disparaissent 

Les uns dans les autres 

A trop de superpositions 

Ils ne forment qu’une seule et unique vision 

Floue et embrouillée 

On ne les distingue plus 

Objets annihilés 

Sans identité 

D’excès anéantis 

 

Dans la maison de l’étranglement 

Règne l’atmosphère du dernier lieu

La sépulture d’un roi , d’une reine

Qui rêvait sa vie de souvenirs 

En souveraine 

Affichant sa peur de mourir 

Sur tous ses murs

Remplis de fioritures 

Ni pieuses 

Ni sacrées 

Accrochant tout ce à quoi elle s’est 

Attachée

Liée 

Ligotée 

Ne voulant rien céder 

 

La maison étriquée, obèse 

Enfle 

Et va bientôt s’effondrer 

 

Une porte

 

Supportant le poids d’une vie

Sur une maison à l’agonie 

Se referme.

Posté(e)

Oppressant !

une description minutieuse et terriblement cruelle de ce passé amassé 

dans la maison qui expire sa vie .
On a hâte de refermer la porte …


Tres réussi NaAu !

Posté(e)

Qu'il est long ce couloir dont on a l'impression que les murs se resserrent sur des souvenirs morts jusqu'à l'étouffement final. 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

"Une maison de l'étranglement " dépeinte avec brio par votre plume, @Nâau ! Bravo ! "L'atmosphère du dernier lieu" devient palpable et engluée dans les objets-souvenirs.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

C'est ce qu'on appelle le syndrome de Diogène. Mais aussi, une métaphore de la sénescence?

Posté(e)
  • Administrateur

Vous êtes parvenue à me faire physiquement ressentir cet étranglement, signe de la grande qualité de ce poème.

Posté(e)

@Nâau

 

 

Tu casa es mi casa ! Et hop !
Posté(e)
  • Auteur
Il y a 19 heures, Thy Jeanin a écrit :

C'est ce qu'on appelle le syndrome de Diogène. Mais aussi, une métaphore de la sénescence?

Oui, les deux à la fois Thy Jeanin  !

Posté(e)
  • Auteur
Le 03/04/2023 à 11:54, Diane a écrit :

Oppressant !

une description minutieuse et terriblement cruelle de ce passé amassé 

dans la maison qui expire sa vie .
On a hâte de refermer la porte …


Tres réussi NaAu !

Merci Diane ! Le plus oppressant est que cette maison est bien réelle et bien que je la connaisse depuis des années c’est la première fois que je l’ai ressenti de cette façon intense …

 

Le 03/04/2023 à 18:05, Sophie a écrit :

"Une maison de l'étranglement " dépeinte avec brio par votre plume, @Nâau ! Bravo ! "L'atmosphère du dernier lieu" devient palpable et engluée dans les objets-souvenirs.

Merci Sophie, oui le dernier lieu comme les rois d’Egypte qui regroupaient leurs objets afin qu’eux aussi puissent faire le voyage dans le monde immatériel 😉

Le 03/04/2023 à 13:27, Joailes a écrit :

Qu'il est long ce couloir dont on a l'impression que les murs se resserrent sur des souvenirs morts jusqu'à l'étouffement final. 

Oui , c’est un « vrai » couloir, une maison « couloir" où l’on ne peut pas se croiser… comme il en existe dans les architectures des Hauts de France 🙃 

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 10 heures, Eathanor a écrit :

Vous êtes parvenue à me faire physiquement ressentir cet étranglement, signe de la grande qualité de ce poème.

J’espère n’avoir pas trop serrée 😉🤣 ! Et vous invite à respirer à présent  !

Posté(e)

la rigueur d'une écriture, et son succès aussi, réside dans cette capacité d'oppression, quasi physique à la lecture. On a ici l'impression nette d'entrer dans l'angoisse de quelqu'un...

 

Le délice de l'enfermement.

Posté(e)
  • Auteur
il y a 54 minutes, Daniel Muller-Ferguson a écrit :

la rigueur d'une écriture, et son succès aussi, réside dans cette capacité d'oppression, quasi physique à la lecture. On a ici l'impression nette d'entrer dans l'angoisse de quelqu'un...

 

Le délice de l'enfermement.

Vous avez visé juste Daniel, la personne qui vit dans cette maison est profondément angoissée… même notre présence quand nous lui rendons visite ne parvient pas à l’ apaiser !

A tout bien considéré je pense que sa maison est « son angoisse » . On dit que l’on peut globalement relever les traits de caractère d’une personne au décor de sa maison…🙃 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le poème fait parfaitement ressentir le sentiment d’oppression que suscite l’accumulation des objets.

Posté(e)

Angoissant, comme "La ville oppressante" de Drouot...

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 03/04/2023 à 18:37, Nâau a écrit :

Une porte

 

Supportant le poids d’une vie

Sur une maison à l’agonie 

Se referme.

Rien de plus triste qu'une maison morte... Vous nous transportez loin dans son agonie @Nâau

Posté(e)
  • Auteur
Le 03/04/2023 à 11:54, Diane a écrit :

Oppressant !

une description minutieuse et terriblement cruelle de ce passé amassé 

dans la maison qui expire sa vie .
On a hâte de refermer la porte …


Tres réussi NaAu !

 

Le 03/04/2023 à 13:27, Joailes a écrit :

Qu'il est long ce couloir dont on a l'impression que les murs se resserrent sur des souvenirs morts jusqu'à l'étouffement final. 

 

Le 03/04/2023 à 18:05, Sophie a écrit :

"Une maison de l'étranglement " dépeinte avec brio par votre plume, @Nâau ! Bravo ! "L'atmosphère du dernier lieu" devient palpable et engluée dans les objets-souvenirs.

 

Le 03/04/2023 à 19:31, Thy Jeanin a écrit :

C'est ce qu'on appelle le syndrome de Diogène. Mais aussi, une métaphore de la sénescence?

 

Le 04/04/2023 à 09:51, Eathanor a écrit :

Vous êtes parvenue à me faire physiquement ressentir cet étranglement, signe de la grande qualité de ce poème.

 

Le 04/04/2023 à 15:01, Nâau a écrit :

Oui, les deux à la fois Thy Jeanin  !

 

Le 04/04/2023 à 21:55, Daniel Muller-Ferguson a écrit :

la rigueur d'une écriture, et son succès aussi, réside dans cette capacité d'oppression, quasi physique à la lecture. On a ici l'impression nette d'entrer dans l'angoisse de quelqu'un...

 

Le délice de l'enfermement.

 

Le 04/04/2023 à 23:43, Jeep a écrit :

Le poème fait parfaitement ressentir le sentiment d’oppression que suscite l’accumulation des objets.

 

Le 05/04/2023 à 11:03, Camine a écrit :

Angoissant, comme "La ville oppressante" de Drouot...

 

Il y a 7 heures, Tarentaise a écrit :

Rien de plus triste qu'une maison morte... Vous nous transportez loin dans son agonie @Nâau

Merci à chacun de vous pour vos réactions au sujet évoqué ! Oui de trop d’objets , notre esprit s’alourdit…et notre vie en devient prisonnière 🙃

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