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La mer (I)

Featured Replies

Posté(e)

 

Assaillie d’ombres flasques, ô abysses fécondes !

Tu gifles tes aveux sur les rochers meurtris,

Un appel surgirait de tes gorges profondes

Où dorment les secrets sous le sable contrit.

 

 

 

La belle sommeillant dans le creuset des songes,

Le souffle, son galant, pressé comme une éponge,

Par un liseré blanc que l’on voit apparaître,

Allaite en câlinant la vague ou bien le tertre.

Son étoffe est glamour en proie aux abandons,

Le vent a fait frémir l’orée d’un mamelon,

Il chaloupe son chant amoureux d’un sillage,

Il croit coller l’oreille à un doux coquillage.

Au berceau de sa nuit, du grand large à nos terres,

Voilà qu’on sent gémir l’immense baptistère.

 

Au cœur d’un rêve épars, proche du coryphée,

Des voix continûment appellent les baisers,

Echo d’un ermitage obscur et éolien

Où le deuil et l’étoile au verset d’un crachin

En lapant l’au-delà sous l’archet bleu-marine

Rejouent de la viole étale et azurine.

Parfois, elle a ce jet s’annonçant plus farouche,

Rauque expiration de l’abîme à sa bouche,

Comme on tousse une perle au fond des gorges d’ombre

Qui sort puis disparaît plus vite que le congre.

Ô noyés chamarrés qu’elle expulse à mi-voix

Couverts de goémon, de tritons sans pavois !

 

 

Elle sommeille bien. Brises, plaintes, soupirs…

Que de gémissements en joyaux du zéphyr !

Voyellant les rochers qu’elle remouille encore,

Alors que sous ses draps ses seins enflent retors,

Dans le creux d’un coussin aux franges giboulées,

Si d’aventure, ô chance ! on vient à déceler,

Sous les feuillures d’or et les chastes rouleaux,

Caressant nos cheveux, sans syllabe, un long mot,

C’est qu’elle fraie un râle au brouet de secours,

Et, Psyché ranimé par le baiser d’amour,

Elle s’étire enfin, laissant aller ses jambes,

Et son lit presque ouvert froisse des dithyrambes.

 

Assaillie d’ombres flasques, ô abysses fécondes !

Tu gifles tes aveux sur les rochers meurtris,

Un appel surgirait de tes gorges profondes

Où dorment les secrets sous le sable contrit.

 

A suivre...

 

Posté(e)

Voilà bien une poésie riche et féconde comme la mer peut l'être; cette mer (mère ?), source intarissable d'inspiration chez les poètes depuis l'antiquité, sans cesse recommencée, a écrit le grand Paul Valéry, est sous votre plume,  sensuelle, presque érotique dans son champ lexical. La musique est présente, les métaphores plutôt astucieuses, et le vocabulaire riche comme je l'affectionne. Que demander de plus ? Sinon la suite...

 

NB Je pourrais râler sur la rime congre/ombre, mais je ne le ferai même pas tant la qualité de l'œuvre frôle la perfection.

 

Hélo

Posté(e)

Je ne pensais pas que la mer pouvait donner des vers aussi sublimes que les vôtres.

C'est beau comme une grande musique classique.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quand la musique des mots l’emporte sur leur sens, mais que celui-ci transparaît dans l’enchantement, on ne peut que saluer le poète amoureux de la mer.

Modifié par Jeep

Posté(e)

Époustouflant !  Merci @Frédéric Cogno

Posté(e)
  • Administrateur

Le plus  réussi dans ce poème est sans doute le "A suivre..." qui nous met la mer à la bouche 😉 

Posté(e)

La mer a sous ta plume la sensualité et l'attitude alanguie d'une femme amoureuse. C'est superbe, @Frédéric Cogno

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quelle richesse est celle de ta plume! Musique, images, puissance sémantique - tout est profusion. J'admire.

Une allégorie aussi prolixe que la mer même.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quel souffle poétique, @Frédéric Cogno ! J'aime infiniment cet univers dépeint avec une virtuosité indéniable .Bravo !

Posté(e)

Quelle tempête ! J'en suis tout assommé , mais j'ai encore la force d'applaudir.

Posté(e)

Un déferlement de sensualité vague après vague ...

 

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 27/03/2023 à 23:33, Frédéric Cogno a écrit :

Au berceau de sa nuit, du grand large à nos terres,

Voilà qu’on sent gémir l’immense baptistère

Pour moi, ces deux vers, cher @Frédéric Cogno sont le sommet de ce premier acte... Dans l'espoir de ne pas être emporté par le souffle de cette magnifique fresque marine avant de pouvoir lire la suite...  Bravo !

Posté(e)

@Frédéric Cogno

 

On la verrait presque danser ! Et hop !

Posté(e)
  • Auteur

Merci pour vos témoignages. Je suis touché.

Posté(e)

Oui, Frédéric! à suivre! Très belle poésie! 

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)
Le 27/03/2023 à 16:33, Frédéric Cogno a écrit :

Tu gifles tes aveux sur les rochers meurtris,

La vague éclate joliment avec vos mots et l'image surgit.

 

Le 27/03/2023 à 16:33, Frédéric Cogno a écrit :

Par un liseré blanc que l’on voit apparaître,

Allaite en câlinant la vague ou bien le tertre.

 

Le ressac tout autant nous vient en imagination.

 

L'ensemble est un aller et un retour qui semble sans fin comme ces vagues qui s'écrasent et qui lèchent.

Bravo !

 

Modifié par Bollinger

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