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Accents poétiques

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Dis, veux tu jouer avec moi ?

Featured Replies

Posté(e)

Dis, veux tu jouer avec moi ?

 

Lorsque je retourne sur mes terres,
je me rends toujours au petit cimetière.
Là, je me fais un point d'honneur,
à visiter mes ancêtres en leurs dernières demeures.

C'est un endroit fort charmant.
Un lieu de promenade bien reposant.
Toute l'année, il est délicatement fleuri.
Ici, c'est curieux, il y respire la vie.

Je me plais, au parcours de ses étroites allées,
d'ouvrir le livre d'histoire de mon village,
dont chaque épitaphe est une page.
Où chaque stèle, pleure les joies des trépassés.

J'imagine leurs rudes vies, leurs amours passées.
J’y entrevois aussi mon inévitable destinée.

Ils me parlent.
"Nous étions ce que tu es !
Tu seras ceux que nous sommes !"
J'en frissonne !

Lors de ma dernière visite, cet été,
il faisait très chaud, en cette belle matinée.
Dans un monologue, je conversais avec un cousin.
Installé, ici, depuis peu, dans ce joli jardin.

Soudain, une forte brise glaciale, s'éleva.
Alors un lourd et pesant silence s'imposa.
Le souffle souleva de l'allée centrale
Un nuage, sec, de poussière de mistral.

Je fus surpris et de façon machinale,
je me mis à regarder tout autour de moi.
C'est alors que j'aperçus, à quelques mètres, là-bas,
une fine silhouette figée devant une pierre tombale.

Intrigué et poussé, je me suis approché
C'était un enfant, d'environ cinq ans,
qui en me voyant, me sourit à pleines dents.
"Dis, veux tu jouer avec moi ?"

Sa main s'accrocha à la mienne.
Fortement il serra mes doigts.
Je laissai faire, ils étaient froids.
D'émoi, mon sang se figea dans mes veines

La frêle et fraiche tombe blanche
était recouverte de fleurs odorantes.
On pouvait y lire, à notre petit Martin,
notre gentil petit marin.

Me retournant vers le garçon,
je lui demandai gentiment.
"Connais-tu cet enfant ?"
"Oui" répondit-il, sans mots, de son regard profond.

Le vent tomba, la poussière chuta.
De nouveau, je pus entendre le chant du perdreau.
La main de l'enfant, délicatement se retira
Il disparut, retournant en son tombeau

Loïc ROUSSELOT

Posté(e)

Dans ce cimetière vivant :

 

Il y a 3 heures, Rousselot a écrit :

C'est un endroit fort charmant.
Un lieu de promenade bien reposant.
Toute l'année, il est délicatement fleuri.
Ici, c'est curieux, il y respire la vie.

 

Une petite mélodie fantastique amenée en discrétion  :

 

Il y a 3 heures, Rousselot a écrit :

Sa main s'accrocha à la mienne.
Fortement il serra mes doigts.
Je laissai faire, ils étaient froids.
D'émoi, mon sang se figea dans mes veines

 

qui n'est pas pour me déplaire

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Émouvant ce petit revenant, manifestation typique de l’imaginaire breton.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Ce très charmant et très émouvant poème me rappelle mes neuf ans: je faisais le mur pour goûter la sérénité morbide du cimetière...

Posté(e)

J'avoue me promener de temps en temps dans les cimetières, donc ce poème ma parle d'autant plus.

Belle écriture @Rousselot

Posté(e)

Bonsoir @Rousselot j'ai été complètement sous le charme de votre poème, raconté avec esprit. Double coup de coeur ! ❤️ 

Posté(e)

Touché par cette rencontre. Plus long que ça je n'aurais pa eu la force de continuer ce poème.

Posté(e)
Le 23/01/2021 à 14:57, Rousselot a écrit :

Lors de ma dernière visite, cet été,
il faisait très chaud, en cette belle matinée.
Dans un monologue, je conversais avec un cousin.
Installé, ici, depuis peu, dans ce joli jardin.

Cette strophe m'a conduit au sourire pour que, très vite après, la main froide de l'enfant qui n'est plus fige ce sourire et ranime cette petite angoisse qui passe quand on y pense. Belle fable, si je puis employer ce terme, qui nous mène aux confins de l'au-delà.

  • 4 ans plus tard...
Posté(e)
  • Semeur d’échos

Belle rencontre d'outre-monde !

 

Un récit poétique très touchant et délicatement narré !

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