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Un ruisseau forestier (I)

Featured Replies

Posté(e)

 

Première partie: L'automne.

 

Il traverse le bois, fuyard du désamour,

C'est un char polissant les roches ancestrales,

On peut le rencontrer à l'orée médiévale

Où il berce en rêvant les ruines d'une tour.

L'automne s'embrume déféré par les hordes

Et son cou cramoisi porte encore une corde.

 

Épitaphes de mousses au gré des allées sombres,

Ravin mystérieux, grand veneur de la mort,

L'ossuaire rampant s'agrippe sur les bords

Aux racines jetées comme des mains sans nombre.

Et les branches courbées, communiant, têtes basses,

Suivent le chapelet sur l'écume qui passe.

 

Hérétiques parfums ! Sur une berge grise,

Je piège avec les flots brumisateurs de larmes,

Les escales de cuir, de fourrure et de brame ;

Fagot d'aubes givrées et gouleyant de bise,

Cerclé de tourbillons, près d'un bloc, crève-obscur,

Qui jaillit du courant comme un crâne à tonsure.

 

L'hiver n'est plus très loin, masqué sous les vieux chênes.

Les carillons de l'eau, jeux des vasques d'argile,

Frémissent tristement leur trémolo servile.

Un hibou pénitent loupiote sur un frêne.

Immobile, il attend, dans sa chaire macabre,

L'eau ridée de sang noir errer parmi les arbres.

Posté(e)

Un ruisseau qui se profile à merveille dans les brumes de l'automne. Et toujours ta musique ! Superbe !

Posté(e)

Je suis aux anges sur ce torrent d'histoire, je suis emporté dans le flot des couleurs, tu m'as jeté dans la parole des images !...

Je me démène dans les embâcles magnifiques ! Quel beau travail ! J'applaudis !

Posté(e)
il y a 20 minutes, Frédéric Cogno a écrit :

Hérétiques parfums ! Sur une berge grise,

 

Je piège avec les flots brumisateurs de larmes,

 

Les escales de cuir, de fourrure et de brame ;

 

Fagot d'aubes givrées et gouleyant de bise,

 

Cerclé de tourbillons, près d'un bloc, crève-obscur,

 

Qui jaillit du courant comme un crâne à tonsure.

Dieu, que c'est beau ! De la pure poésie, comme toujours ... qui fait monter l'émotion devant la beauté des mots ! 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

D'un ru une merveille, et pas un vers qui ne soit un régal. Superbe!

Posté(e)

Sublime texte.

Magistral travail

Classe ! Top classe...Enorme plaisir en lecture...

Chapeau Maître Poète.

Posté(e)

Magnifique poésie : Composée avec talent dans tous ses aspects : versification, rimes, envols.

Plusieurs coeurs si l'on pouvait.

Posté(e)

Vous avez su donner de la poésie à ce qui m'évoque une chasse sauvage, thème bien spécifique au Moyen Age. (cf. Walter (Philippe, éd. Le mythe de la Chasse sauvage dans l'Europe médiévale). De mémoire elle a lieu en automne, à l’approche de l'hiver, et le sang noir en fait partie intégrante. Je ne peux m’empêcher de penser à la belle analyse  de Bertrand Hell : Le sang noir. - Chasse et mythe du sauvage en Europe.

Merci pour toutes ces belles images.

Des octosyllabes auraient été de circonstance, peut-être ? 😉.

Modifié par Margueritte Cèdre

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème qui mélange avec bonheur une forme classique et des expressions surréalistes.

Posté(e)

Un automne savamment orchestré ! Belle performance, @Frédéric Cogno

Posté(e)

Une superbe écriture qui fait naître immanquablement une émotion intense. Ce ruisseau nous conte une véritable histoire à l'automne finissant...

Posté(e)

Passionnante course à travers "l'automne du moyen-âge" (voir le livre de Johan Huizinga). J'ai un faible pour cet hibou qui loupiote. Les deux derniers vers m'ont posé problème (attend -> errer) même si j'aime beaucoup l'image, mais après quelques lectures on s'y fait. Merci pour ce poème !

Modifié par Quetzalc

Posté(e)

Voici un ruisseau qui charrie un étonnant imaginaire automnal ! Vous nous épargnez les éternelles feuilles mortes, champignons et autres averses, et la puissance d'évocation de vos images n'en est que plus remarquable ! C'est vrai que, comme l'ont relevé d'autres lecteurs, il y a quelque chose de médiéval dans l'automne. La chasse sans doute, les odeurs puissantes des sols d'avant la modernité, et le fauve et le gris des fourrures et de la boue... 

Et vous nous offrez tout cela avec un égal bonheur de forme et d'expressions, merci !

Posté(e)

Quel plaisir de lire et relire et relire encore ce poème qui nous conduit où il veut, nous fait suivre ce ruisseau à l'inverse d'Ophélie : tous sens aiguisés et pris dans les rets de vos belles images aussi suggestives qu'envoûtantes. De la belle ouvrage !

Posté(e)

Une très belle écriture, comme le début d'une longue promenade prometteuse.

Posté(e)

Quel talent.

Et ce sens du détail, cette inspiration, j'adore...

 

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