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Une fenêtre sur l'hiver

Featured Replies

Posté(e)

J’ouvre la fenêtre

Le silence troublé hurle de mille voix

Des voix qu’on voudrait taire

Rumeurs stridentes des vibrations de l’air

Du trafic incessant

Temple des rues noires

Sirènes océaniques dans le lointain

Jusqu’à l’Hudson

Et les taxis jaunes portés par la marée stellaire

Brillante de mille feux

Distance géométrique abstraite prise d’assaut

Chaque jour sur Broadway

 

Cette vie grouillante qu’on aimerait voir mourir

Pour un peu d’air

Gangrenée de néons clignotants

Pour trop de fatigue

L’ivresse des hauteurs

Trottoirs bondés sur la 6ème

Sirènes hurlantes au loin

Trop proches

New York avide de rompre

Même la radio sur fond de couloir étroit

Distille ses rythmes de hip-hop

À perdre la raison

 

Parfois une ombre file

Dans la rectitude des immeubles

Piliers de béton, d’acier, de verre

De viles silhouettes mal éclairées

Qui ne voient plus

Et moi j’observe

Toute chose futile

Derrière les auvents voilés de solitude

L’appel d’un croissant de lune

Dans Central Park

Le gouffre des volumes fondu dans la circulation

Vue plongeante, démesurée, grotesque, suffocante

 

Les lumières translucides m’aveuglent

Me broient

Buildings austères

Yeux fermés

J’ose regarder le roulis vertical multidimensionnel

Largeur de l’espace phosphorescent à la tombée du jour

Conduits tubulaires

Où mènent-ils 

Vers des voies de nulle part

D’un concentré de Times Square

Sur un ciel lapidé auréolé de brume

Crépuscule des hauteurs hachurées

 

Je voudrais que tout cesse

La charge virale sur le pont de Brooklyn

Les artères vérolées d’enseignes crasseuses

Les gratte-ciel cubiques brillants de pierres hallucinées

La lumière mordorée du soleil sur les flancs des immeubles

Dissoute sur l’Empire State

La rumeur des rames sous Grand Central Station

Tournis d’une horloge immuable

Sous la voûte spectrale de Main Concourse

Sans qu’aucune âme daigne lever les yeux

Paupières closes

D’une fenêtre figée

Modifié par Féludorée
Ajout d'un accent sur majuscule

Posté(e)

J'éprouve avec Stéphane, ce dégoût profond des mégapoles, ruisselantes de bruits furieux, magnifiées parfois par les lumières gaspilleuses qui cachent  leurs crasses et leurs laideurs innombrables.

La majesté de leurs constructions inhumaines, immense orgueil des architectes curieusement déconstructeurs  jettent leurs rêves de pierre sur une terre déjà bien meurtrie par la folie des hommes, sont les masques d'une civilisation qui pense que la nature doit se plier à ses caprices.

Mais...peut-être...jusqu'à se rompre.

Modifié par Darius

Posté(e)
  • Semeur d’échos

A contrario je garde un souvenir ébloui de New York, ville monde, ville de démesure et de culture. Chacun son prisme...

Posté(e)

Je verrais bien une musique de Springsteen sur votre texte avec un pied de nez au hip-hop!

Posté(e)
  • Administrateur

Décidemment Stéphane, vous me régalez avec ces ambiances urbaines dans vos derniers poèmes.

Détail amusant, il y a exactement un an, j'étais en voyage à New York. Quelle ville dont vos vers savent retranscrire toute l'ambiance.

 

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Posté(e)

Bonjour @Stephane94 vous avez su mettre en poésie une de ces villes mythiques qui a forcément fait rêver à un moment de notre vie ; et les superbes photos qu'@Eathanor a partagées sous votre oeuvre l'illustrent très bien . Malgré son gigantisme, cette ville a bien une âme ... 

Posté(e)
  • Auteur

Un grand merci à @Darius, @Jeep, @Frédéric Cognoet @Joailes!

 

Mention spéciale pour @Eathanoravec vos sublimes photos en noir et blanc. Je ne suis jamais allé à New York mais c'est une ville qui m'a toujours fasciné. Je pense qu'elle est inscrite dans l'inconscient collectif (plus ou moins), et l'on ne peut pas rester indifférent face à ces hauts buildings. Vos photos m'ont permis de voyager un peu : elles sont sensationnelles !

 

J'ai écris un autre poème sur New York et je le posterai prochainement ; il s'inscrira dans un tout autre contexte.

 

Au plaisir de vous lire,

Modifié par Stephane94

Posté(e)

Un beau texte, qui mous immerge dans cet univers tentaculaire et déshumanisé avec force et brio. Poésie remarquable. En vous lisant, je repense à la lecture de Petite ceinture, livre collectif de nouvelles de la périphérie (parisienne) chez Arcadia éditions. 

Posté(e)
  • Auteur

Merci beaucoup @Seawulfpour votre commentaire, et merci également pour cette référence à "Petite ceinture" que je ne connaissais pas mais sur laquelle je vais me renseigner.

Au plaisir de vous lire,

Stéphane

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