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Accents poétiques

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Le temps passe novembre

Featured Replies

Posté(e)

 

Le temps passe       novembre


 

Tandis qu’elles se lâchent tombent les feuilles

en légers crépitements … et cætera …


 

Les bêtes paissaient vers le redoux

et la lumière sans écho

peinait à peindre ce village

prêt à voler sur la frise des puys

l’ennui l’eut sculpté dans la nasse du ciel

et quelques pages de lin venus du Nord

quand sur le bleu glisse la dernière passante


 

Et s'il attend !?

assis là, raciné, qu'on l'oublie, pierre par pierre !

une brèche par où les couleurs

laisse courir les couleurs !

l’ornière, les sabots d'une rivière

et la mémoire taiseuse des chevaux pour rôder

seul, après le bal et les chansons

fouiller la glèbe, cogner le bois, polir le seuil

et la charrue pour l'honneur, sombre et droit

craindre le ciel, ressasser ces heures manquées

les boire, sans appel

meuler son noir, en faire son pain

fourrager la dîme dans la gueule des orages

traîner la charrette, tailler la bavette et

revenir des combats en regardant au loin

une médaille en plein cœur, basta !

ô, haleine pacifique des étables

apaise les amours


 

Le fer arraché à l'onglon rouille au pied de l'ortie

les bornes somnolent sous l’épine qui-vive

sous ailes des effraies où les veuves ont rangé le fusil

dans l'ombre la poussière sûrement ronge

la fable des turpitudes notariées

et dans ce soir tendre et désuet une bougresse

la hure au vent débourre d’ogresques cocagnes

il sait connaître des secrets, mais

il aura bientôt tout oublié de son vivant

qu'est ce qu'il croyait !

l'eau tait le fond des puits, la chaîne d'antan rompue !

la mémoire rejoint la nappe phréatique


 

Assis là, vieillard bienveillant, sa gouaille

à côté sur le banc

sous la pluie, les toits luisants

les matins branchus de givre

ils sont partis, enfin presque

les rires dévissés en douce des rides de leurs yeux

comme les paysans vont, et se perdent


 

Reste de petites lanternes, si loin, si loin

son regard vers la passe des invisibles

la tiédeur de midi posée sur ses genoux

les oiseaux, les cimetières là-haut, des farfelus

qui chantent

la mer, mon village de chair, ce visage entre les doigts

la course du monde, les baraquins et bien plus loin !

des miettes dans ses poches, pour la piaffe

semer un champ de riens

de mots déshérités prodigues, ridicules !

on ne meurt plus pour son village ! c'en serait suicidaire !

mais finir un jour entre ses bras !


 

J’accrocherai les masques et grimaces

de ses âmes perdues

entre deux portes de vieux bois

de vieux carrosses leurs yeux, les yeux, ah !

entre deux essaims giclant de soleil, deux racontars

gorgés de malice

des oncles, des cousins, des brus

des gaillards, des bandes de chenapans

une promenade aux cascades au repu des agapes

des filles en seins, rondes de noces

le nez troussé des muses en jachère

des boîtes de photos, de lettres, de médocs

de biscuits moisis sur le vichy et la dentelle …

retenir le courant, qu'il ne se perde

me perdra ... basta ! basta !


 

Entends ! l’aiguille danse sur le microsillon

dévale les pentes sous les vents

sous le grain, les soleil, les levées

et les feuilles chiffonnées au pied des arbres

tant d'écritures et de cœurs greffés pour les printemps !

dans la bourbe et l'humus

une terre acide friable au tour du temps

juste bonne au présent, les mains qui l’entourent

leur impudeur que mes mots vénèrent !


 

Sur le plancher des vaches, ho !

qu’on m’accorde ce violon !

 

 

 

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Magnifique festin d'images toutes plus éclatantes les unes que les autres!

Posté(e)
Le 01/12/2020 à 10:21, O Salto a écrit :

fourrager la dîme dans la gueule des orages

 

Le 01/12/2020 à 10:21, O Salto a écrit :

la hure au vent débourre d’ogresques cocagnes

Un feu d'artifice d'images poétiques à couper le souffle. Plume virtuose ...quoi de plus normal pour un poète talentueux! Mes pensées les plus révérencieuses.

Posté(e)
Le 01/12/2020 à 10:21, O Salto a écrit :

des filles en seins, rondes de noces

le nez troussé des muses en jachère

Quelle trouvaille ! entre autres petites merveilles dans ces tableaux poétiques.

Posté(e)

Il y a dans cette avalanche de poésie beaucoup de mélancoliques souvenirs pour un village et ça m'a coupé le souffle ... 

 

 

Le 01/12/2020 à 10:21, O Salto a écrit :

Entends ! l’aiguille danse sur le microsillon

dévale les pentes sous les vents

sous le grain, les soleil, les levées

et les feuilles chiffonnées au pied des arbres

tant d'écritures et de cœurs greffés pour les printemps !

dans la bourbe et l'humus

une terre acide friable au tour du temps

juste bonne au présent, les mains qui l’entourent

leur impudeur que mes mots vénèrent !

 

Posté(e)

Les poèmes de la Terre se remplissent de nos sens, les uns venant à la rencontre des autres, les éléments jaillissent et sur le banc, sous les étoiles, le cheval et l'arbre me regardent étonnés. Vos poèmes transpirent, vos mots semblent sortis de ses entrailles, une chaleur humaine, végétale et animale.

Posté(e)
Le 01/12/2020 à 10:21, O Salto a écrit :

Et s'il attend !?

assis là, raciné, qu'on l'oublie, pierre par pierre !

une brèche par où les couleurs

laisse courir les couleurs !

l’ornière, les sabots d'une rivière

et la mémoire taiseuse des chevaux pour rôder

seul, après le bal et les chansons

fouiller la glèbe, cogner le bois, polir le seuil

et la charrue pour l'honneur, sombre et droit

craindre le ciel, ressasser ces heures manquées

les boire, sans appel

 

Le 01/12/2020 à 10:21, O Salto a écrit :

une terre acide friable au tour du temps

juste bonne au présent, les mains qui l’entourent

leur impudeur que mes mots vénèrent !

 

 
 
 

 

Un grand moment de littérature. Une poésie comme un conte raconté au coin du feu. Une merveille qui enchante l'imaginaire.

Posté(e)
  • Auteur

Vos mots et vos cœurs, et vos poèmes parfois, sont des écueils où j’accroche mon mal d’écrire la fin du jour ! J’aime vous y découvrir, et vous y reconnaître … rencontres, sur le banc, au coin du feu, autour de la table … ! Merci d’être passées par mon village qui ressemble à s’y perdre à tant d’autres villages !

 

Merci à vous, @Thy Jeanin, @Frédéric Cogno, @Christian Bello, @Eathanor, @Banniange, @Seawulf, @Filae77

la poésie est un doute permanent ; vos mots sont réconfortants !

 

Merci à vous @Lina et @Joailes nous partageons les images et la mélancolie !

 

Merci @Eobb

Le 07/12/2020 à 22:24, Eobb a écrit :

une chaleur humaine, végétale et animale.

c’est bien de là qu’ils viennent, les mots, je vous l’assure ! Nous voulions tous vous regarder ! Trois cœurs alors !

 

  • 2 semaines plus tard...
Posté(e)
  • Auteur

merci @Rosa Caninapour la cordiale trace de votre passage !

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