Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Les anneaux de saturne

Featured Replies

Posté(e)

Des mélodies héroïnes me lancent des sourires

Que je chante dans la rue lorsque je vais à la boulangerie

Et le vieil homme sur le vieux pont écoute la rivière dansante

Lorsque je passe derrière lui sans faire de bruit

Il a le visage tourné et je l’attrape en passant

Quelques mots anglais pour dire que ce n’est pas fini

 

Je reviendrai par la grande place aux marronniers

Dont les fruits par trois ont oublié leurs formes arrondies

Et le vieil homme descendra les marches de l’abbaye

Et à l’angle de celles qui relient les deux niveaux

Je me retournerai pour vérifier qu’ils sont toujours là

Et les mots de toujours resteront à la surface

 

Pourtant, si des flotteurs résistent, un nœud coulant

Se sert des courants et des embâcles s’empilent

Un nouveau monde, blanc, colore mes couleurs oxydées

La rouille s’installe fixant mes points de rendez-vous

Qui diminuent inexorablement un peu chaque jour

Et le vieil homme au moulinet serre les dents pour ne pas lâcher

 

La fleur jaune à la beauté trompeuse continue son expansion

Malgré les efforts, chaque brin est une nouvelle mère

Avant d’entrer, il n’y a rien d’obligatoire disait-on, mais il faudra bien

Car j’ai froid ; juste après le réchauffement, des glaces étreintes

Des traînées de mélodies et des mots sur les anneaux

Et le vieil homme aura disparu depuis longtemps

Posté(e)

Tu ouvres des espaces où j'aime me trouver et me perdre ... @Eobb

Posté(e)

Une déambulation poétique faite d'avancées et d'empêchements, on vous suit avec curiosité dans ses méandres et on y trouve immanquablement quelque chose de familier...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je me suis laissé prendre aux spirales du poème avec délectation.

Posté(e)
Il y a 21 heures, Eobb a écrit :

Avant d’entrer, il n’y a rien d’obligatoire disait-on, mais il faudra bien

Car j’ai froid ; juste après le réchauffement, des glaces étreintes

Des traînées de mélodies et des mots sur les anneaux

Et le vieil homme aura disparu depuis longtemps

 

Poésie  prose ensorcelante ! 

Modifié par Invité

Posté(e)

Un vieil homme, une rivière dansante et une déambulation dans un temps proche et lointain qui nous font apprécier cette recherche de profondeur bien que toujours" les mots restent à la surface".

Modifié par Darius

Posté(e)
Il y a 14 heures, Eobb a écrit :

Que je chante dans la rue lorsque je vais à la boulangerie

Bonjour @Eobb, un cœur pour cette jolie promenade;  Poésie qui puise son inspiration dans le quotidien, jalonnée de lieux connus, de situations parfois triviales,

et familières. (passage cité). Toute la partie centrale du texte peut suggérer la profession de la narratrice, les termes 'techniques' et précis, quant le 'rendez-vous 

avec la rouille'  peut traduire tout simplement une opération d'entretien à effectuer. On notera le rôle du vieil homme qui suit la narratrice dans sa déambulation

et qui semble le 'fil rouge' et le point de repère.( vieil homme au moulinet : clin d'œil au  fameux pécheur  d''Hemingway ? )  La dernière strophe peut évoquer ce qui

est irrévocable par sa multiplication , et dont le traitement sera si long que le vieil homme ne survivra pas pour en voir les effets(c'est du moins ma vision) ; il clôt le poème d'ailleurs.    

  

Modifié par Filae77

Posté(e)

Etranges méandres poétiques autour de ce vieil homme. Merci @Eobb de nous bercer par ces vers et nous emmener bien loin du quotidien au travers de cette fort agréable promenade.

Posté(e)

Douces mélancolies du temps qui passe et ne peut revenir. Petit coup de cœur pour cette vérité

j

Le 28/11/2020 à 22:14, Eobb a écrit :

juste après le réchauffement, des glaces étreintes

Des traînées de mélodies et des mots sur les anneaux

Et le vieil homme aura disparu depuis longtemps

 

Posté(e)

Très original, dense et réussi

Posté(e)

Dès que j’eus ouvert ce livre, les mots me frappèrent comme de grosses vagues au bord de l’océan ; j’aime vous en partager les premières phrases …    Merci pour votre écriture !

 

« Autrefois, il y a bien longtemps, en cet âge d’or qu’on ne verra jamais revenir, alors que l’éternité ne se heurtait pas encore au temps, était la lumière. Et le verbe. Et le cœur né du verbe. La terre et la forme. Mais rien de tout cela n’était suffisant pour que prospère le monde des hommes. Les dieux apprirent à s’entre-déchirer. On commit le premier meurtre, un homme tua son frère. Le sang se mélangea à l’eau, la lumière au cri… Ce qui n’était pas encore au monde abandonna le mourant, le mot se sépara du cœur, la forme oublia le visage. Tel un rideau rouge, le sang se déploya entre la mort et la vie… Ainsi notre existence demeurera-t-elle à jamais inachevée, à jamais incomplète, dans notre âme chaque jour un dieu en égorgera un autre, et chaque jour nous nous recréerons, dans l’union du sang et du rêve. »

 

Asli ERDOGAN, Requiem pour une ville perdue

Posté(e)
  • Auteur
Le 28/11/2020 à 22:27, Joailes a écrit :

Tu ouvres des espaces où j'aime me trouver et me perdre ... @Eobb

C'est une marche sans fin, posant un pied puis l'autre, sur des plaques dont je ne connais pas la solidité.

Le 28/11/2020 à 23:01, Lina a écrit :

Une déambulation poétique faite d'avancées et d'empêchements, on vous suit avec curiosité dans ses méandres et on y trouve immanquablement quelque chose de familier...

L'écriture s'accroche à ce familier même si le diamètre du fil semble de plus en plus fin.

Le 28/11/2020 à 23:40, Jeep a écrit :

Je me suis laissé prendre aux spirales du poème avec délectation.

Tant qu'il ne s'agit pas d'un serpent constricteur, tout va bien.

Le 29/11/2020 à 08:27, Seawulf a écrit :

 

Poésie  prose ensorcelante ! 

Merci Seawulf.

Le 29/11/2020 à 10:12, Darius a écrit :

Un vieil homme, une rivière dansante et une déambulation dans un temps proche et lointain qui nous font apprécier cette recherche de profondeur bien que toujours" les mots restent à la surface".

Lorsque les mots s'enfoncent, leur encre s'accroche au profond.

Le 29/11/2020 à 12:19, Filae77 a écrit :

Bonjour @Eobb, un cœur pour cette jolie promenade;  Poésie qui puise son inspiration dans le quotidien, jalonnée de lieux connus, de situations parfois triviales,

et familières. (passage cité). Toute la partie centrale du texte peut suggérer la profession de la narratrice, les termes 'techniques' et précis, quant le 'rendez-vous 

avec la rouille'  peut traduire tout simplement une opération d'entretien à effectuer. On notera le rôle du vieil homme qui suit la narratrice dans sa déambulation

et qui semble le 'fil rouge' et le point de repère.( vieil homme au moulinet : clin d'œil au  fameux pécheur  d''Hemingway ? )  La dernière strophe peut évoquer ce qui

est irrévocable par sa multiplication , et dont le traitement sera si long que le vieil homme ne survivra pas pour en voir les effets(c'est du moins ma vision) ; il clôt le poème d'ailleurs.    

  

Nos clins d'oeil naissent de nos lectures et rencontres, des lieux et des non-lieux.

Le 29/11/2020 à 18:53, Mercoyrol a écrit :

Etranges méandres poétiques autour de ce vieil homme. Merci @Eobb de nous bercer par ces vers et nous emmener bien loin du quotidien au travers de cette fort agréable promenade.

L'écriture sort du quotidien.

Le 29/11/2020 à 23:14, Margueritte C. a écrit :

Douces mélancolies du temps qui passe et ne peut revenir. Petit coup de cœur pour cette vérité

 

Pas de mélancolies ici, il passe devant ma rive.

Le 30/11/2020 à 14:03, Agnès a écrit :

Très original, dense et réussi

Merci Agnès.

Le 03/12/2020 à 16:19, O Salto a écrit :

Dès que j’eus ouvert ce livre, les mots me frappèrent comme de grosses vagues au bord de l’océan ; j’aime vous en partager les premières phrases …    Merci pour votre écriture !

 

« Autrefois, il y a bien longtemps, en cet âge d’or qu’on ne verra jamais revenir, alors que l’éternité ne se heurtait pas encore au temps, était la lumière. Et le verbe. Et le cœur né du verbe. La terre et la forme. Mais rien de tout cela n’était suffisant pour que prospère le monde des hommes. Les dieux apprirent à s’entre-déchirer. On commit le premier meurtre, un homme tua son frère. Le sang se mélangea à l’eau, la lumière au cri… Ce qui n’était pas encore au monde abandonna le mourant, le mot se sépara du cœur, la forme oublia le visage. Tel un rideau rouge, le sang se déploya entre la mort et la vie… Ainsi notre existence demeurera-t-elle à jamais inachevée, à jamais incomplète, dans notre âme chaque jour un dieu en égorgera un autre, et chaque jour nous nous recréerons, dans l’union du sang et du rêve. »

 

Asli ERDOGAN, Requiem pour une ville perdue

Toujours se répète et parmi les toujours, il y a l'autrefois des poètes qui s'éloigne. Merci pour cette ville perdue, une arche délabrée, météorite sans frôlement.

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.