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Nous ne savions pas

Featured Replies

Posté(e)

J'ai entrouvert mes ailes blanches

Dans un jardin abandonné,

L'aurore se mouillait la frange

Cherchant ses étuis de rosée.

 

Tout n'était que miel et romance,

D'oisifs rayons se chahutant,

Tu volais à moi...Quelle chance !

Par les rayons du jour naissant.

 

Toute parée de joies secrètes,

Fardée d'azur évanoui,

Tu m'as dit : -"viens sous les clochettes !"

En un éclair je t'ai suivie...

 

Un ruisseau badin et flûtiste

Qui enlaçait toutes les fleurs,

Nous invita sur cette piste

A tournoyer la trompe au cœur.

 

Et nous dansions, dansions sans pause,

Glissant sur des mets raffinés,

Et nous nous cachions dans les roses

Lisant leur lettre de cachet.

 

Que de parfums dans ce solfège !

Que de baisers en nœud coulant!

Nos fards couverts de sortilèges

Se mélangeaient innocemment.

 

Nul n'aurait affaibli nos ailes

Portées par les jeux de l'amour,

Midi babillait de plus belle,

Le ciel était bleu au long cours.

 

Qui aurait brisé nos antennes

Dans cet enclos de paradis ?

L'éternité la plus sereine

Semblait nous garder à l'abri.

 

Et le vent fit parler la menthe

Après la sieste des souris,

Mais croire ou non aux odorantes

Fut le dernier de nos soucis.

 

Mieux, l'herbe nous flattait d'éloges,

Et nous pensions qu'à nous aimer...

Mais s'embrasser les yeux fermés

Redonnait du souffle aux horloges.

 

L'ombre tirait sa couverture,

La jolie menthe au bord de l'eau

Vit le soleil et son fardeau

Partir pour d'autres aventures.

 

Au loin, résonna une cloche,

L'abeille prit son lourd panier,

Alors que nous deux fous alliés,

Nous oubliâmes cette encoche...

 

Nous restions là à nos baisers,

Encor sucrés, toujours torrides,

Sans nous douter que cette ride,

On l'appelle "fin de journée".

 

Oh ! Se perdre ou ne plus se voir,

Quelle inconcevable détresse !

Or, sur nos plus lentes caresses,

L'heure courait à son devoir.

 

Le crépuscule menaçant,

Pareil à la fièvre impudique,

Piqua les fleurs d'un sceau tragique,

Froissant nos ailes dans le vent.

 

Soudain nos corps furent saisis

De picotements plutôt louches,

Et un dernier tour sur ta bouche

Piégea ce bal d'un rideau gris...

 

Poète ! Ami des papillons,

Si tu découvres inanimés,

Dans ta prochaine cueillaison

Nos deux cœurs ainsi accolés,

 

Vois ce que nous avons vécu,

Fruit d'un souffle, un rêve d'amour,

Un court extrait interrompu

De ce qui meurt, renaît un jour...

 

Ton cœur gémira pour savoir

Si c'est un signe ou un hasard,

Ce délicat joue contre joue

Déposé entre chien et loup.

 

En vérité, je te le dis,

Ce sont les anges des prairies,

Quand leurs baisers s'en vont au loin,

Nous chutons par deux dans les foins.

 

Nous ne savions pas...

 

Posté(e)

Voici une magistrale fulgurance d'amour, et quelle heureuse mélodie dans vos vers, bravo !

Posté(e)

Ce qui me plaît chez toi, Frédéric c'est cette manière bucolique, sereine et sensuelle que tu as de dire l'amour. Tout ce que je ne sais pas faire ! Maintenant, pour une sieste avec des souris, je savais faire ! Jadis, bien sûr ! Et pas après une choucroute !

Posté(e)

Ici l'on s'aime à tour de bras. Pourtant c'est l'automne on s'attend à un printemps torride.

Posté(e)

Ah,encore une fois papillonner dans ce jardin abandonné ! Quelle tentation ! Tu nous mets l'eau à la bouche dans ton petit monde de fleurs et d'amour. Un poème qui chante et qui enchante.

Posté(e)
  • Administrateur
Il y a 4 heures, Papy Adgio a écrit :

Ce qui me plaît chez toi, Frédéric c'est cette manière bucolique, sereine et sensuelle que tu as de dire l'amour.

Serge résume à merveille mon propre ressenti.

Un cœur sur ces vers émoustillés et champêtres.

Posté(e)

Magnifique ! Léger ! Un hommage à la jeunesse et l'amour innocent ! Avec une belle maîtrise de l'octosyllabe, des rimes alternées et embrassées. @Frédéric Cogno, vous me faites regretter mes 20 ans.

Posté(e)

@Frédéric Cogno le vrai troubadour des temps modernes. J'ai pas aimé. J'ai adoré. 

Posté(e)
Il y a 14 heures, Frédéric Cogno a écrit :

 

Un ruisseau badin et flûtiste

Qui enlaçait toutes les fleurs,

Nous invita sur cette piste

A tournoyer la trompe au cœur.

 

Et nous dansions, dansions sans pause,

Glissant sur des mets raffinés,

Et nous nous cachions dans les roses

Lisant leur lettre de cachet.

 

Que de parfums dans ce solfège !

Que de baisers en nœud coulant!

Nos fards couverts de sortilèges

Se mélangeaient innocemment.

 

Juste merci @Frédéric Cogno pour cette superbe poésie, pleine d'images et de belles trouvailles...

Un régal !!

Posté(e)
Il y a 21 heures, Frédéric Cogno a écrit :

Un ruisseau badin et flûtiste

Qui enlaçait toutes les fleurs,

Nous invita sur cette piste

A tournoyer la trompe au cœur.

 

Et nous dansions, dansions sans pause,

Glissant sur des mets raffinés,

Et nous nous cachions dans les roses

Lisant leur lettre de cachet.

 

"Nous ne savions pas", une poésie escapade. Parfois, la découverte a du bon ! 

Modifié par Invité

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 12 heures, Mercoyrol a écrit :

Magnifique ! Léger ! Un hommage à la jeunesse et l'amour innocent ! Avec une belle maîtrise de l'octosyllabe, des rimes alternées et embrassées. @Frédéric Cogno, vous me faites regretter mes 20 ans.

Petite précision. Je regrette maintenant de ne vous avoir pas suffisamment éclairé sur ce texte. Il ne s'agit pas là d'un amour humain ou le souvenir personnel d'une aventure sentimentale. Non. Un jour de juin, un matin à la fraîche, dans le jardin de mon père,  j'ai simplement trouvé deux papillons, inertes, enlacés, comme collés si je puis dire joue contre joue sur un tas de foin. Ce fut pour moi une troublante découverte et l'idée d'un poème m'a spontanément submergé. L'idée d'un amour qui dure l'instant d'une journée d'existence.  Remettre en scène ce couple de papillons éperdu d'amour dans un bal diurne au milieu des fleurs, au cœur de la fanfare printanière, m'a paru être une évidence avant l'arrivée du crépuscule où tout va s'achever sans qu'ils le sachent.  Il faut faire passer ce message. Un grand merci. Frédéric

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quel charme! Cet éphémère papillonnement érotique est une leçon à méditer. Epouser le point de vue de l'insecte me la rend encore plus parlante. C'est un bonheur de s'immerger dans un monde pastoral d'une telle saveur!

Posté(e)

juste époustouflant, ça m'espante comme on dit chez nous!

Vous êtes le Marc Hiver des papillonnements amoureux entourée de jolis jardins et d'instantanés bucoliques...

@Frédéric Cogno vous avez un admirateur de plus

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