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L'animal s'efface

Featured Replies

Posté(e)

Un Neandertal intime

 

« J’ai le ventre percé

A y faire entrer une pierre, un cimetière, toute une nation

J’ai les poumons en feu

Et le vent ne s’y engouffre pas, explosent

Mes dents perdent pied, se déchaussent, bec et seuil cimentés

Mon bâtiment s’abîme et je n’ai plus d’outils

Dans leurs yeux des armes et des machines

Des entailles, la planète dépecée

Et à l’intérieur du lieu sacré, clef de voûte maintes fois arrachée

L’animal éventré, œil pour œil, rassemble ses petits

Ils sont des milliers et sous le poids de leur règne

Même le plus grand des rois s’incline

Les soldats n’ont plus la mine

Mais elle fut bleue avant d’être rouge. »

 

Un Neandertal s’efface

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Si l’animal quitte sa niche, aussi grande soit-elle, d’autres viendront le remplacer.

Posté(e)

La métaphore étend son univers et nous interroge. Serait-ce le tableau de la fin de l'homme de Néandertal qui s'efface progressivement pour laisser place à un ancêtre plus proche de l'homo Erectus ?

 

Ou sommes-nous, par nos comportements dangereux, devenus ces monstres qui détruisent le lieu même où ils habitent.

Posté(e)

Si l'on peut constater une lente mais certaine pacification des moeurs, la violence humaine accrue  à l'encontre du vivant vient considérablement entacher cette considération.

Une autre forme de déchaînement fait surface quand nous violentons sans vergogne notre propre lieu de vie, condition même de notre pérennité.

Posté(e)

Belle et triste métaphore...

Posté(e)
Il y a 15 heures, Eobb a écrit :

Et à l’intérieur du lieu sacré, clef de voûte maintes fois arrachée

Bonjour @Eobb, merci pour ce beau partage. Il y a habituellement chez vous une poésie énigmatique qui propose plusieurs lectures et interprétations.

Quoique d'accord avec les commentaires  précédents, je me risque à évoquer ma propre vision: Celle de la grotte de Néandertal elle même, dont le hasard

de la découverte et les techniques industrielles d'investigation ont révélé les peintures rupestres; La question peut se poser: Ces profondeurs enténébrées

n'avaient elles pas pour vocation d'être un sanctuaire inviolable ? Dés lors l'action de l'homme s'inscrit dans un double sacrilège: la détérioration ou l'altération

des peintures, et la profanation d'un lieu sacré .

quand au 'ventre percé'  il évoque autant (à mon sens) le trou pratiqué dans la grotte que le ' ventre', siège de l'intime mis à nu par l'exploration de l'homme.

un cœur 

Posté(e)

J'ai moi aussi beaucoup hésité entre les différentes lectures proposées par ce texte qui reste d'une grande beauté. Pour moi, tout tient dans la première et la dernière phrase : si l'homme entre dans sa propre intimité afin de faire le bilan de ses actions, il ne lui reste que la possibilité de s'effacer. Il serait bon que chacun fasse ce retour avant de disparaître. C'est noir mais ça me plaît bien. Alors, un coeur, sans hésiter.

Posté(e)
  • Administrateur

Les approches de @Filae77 et de @Papy Adgio sont intéressantes. 

Quelle que soit l'intention première de l'auteur, ces vers me parlent et valent bien un cœur.

Posté(e)

Quand  @Filae77est passé, je n'ai plus rien à dire, sinon que j'ai aimé, @Eobb d'ailleurs je suis venue (re)lire  car ton poème le mérite. 

Posté(e)

Filae77  n'a pas forcément raison, il exprime juste un point de vue parmi d'autres.

Posté(e)

Certes, @Filae77, mais votre analyse correspond à ce que je ressens, donc je ne saurais mieux commenter. Ils ne sont pas très nombreux les "analystes" comme vous qui décortiquez les poème ainsi ; et il est bien qu'il y en ait (tiens, j'en perds mon latin) car je ne sais pas faire ça. Seul l'auteur pourrait dire si vous avez raison ou pas. 

Posté(e)
Le 20/11/2020 à 22:28, Eobb a écrit :

Et à l’intérieur du lieu sacré, clef de voûte maintes fois arrachée

L’animal éventré, œil pour œil, rassemble ses petits

Ils sont des milliers et sous le poids de leur règne

Même le plus grand des rois s’incline

Les soldats n’ont plus la mine

Mais elle fut bleue avant d’être rouge. »

 

Un Neandertal s’efface

 

Les temps jouent contre l'humain, lui même au coeur de cette action destructrice (mais pas irréversible, pas encore !). Je partage le commentaire de @Lina

Modifié par Invité

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je me sens sans hésiter ce frère neanderthalensis disparu, ces frères de vie martyrisés et, fils de ce qu'on appelle "l'homme moderne", je le suis, ce fruit pourri, cet éclopé qui n'a d'avenir que sa disparition par lui-même programmée. A bas la couronne de cet usurpateur qui se fait une destinée digne des Atrides!

J'aime ce texte puissant, efficace, qui ne se laisse pas cerner trop vite. Il y a bien encore d'autres choses, par exemple dans les deux couleurs choisies qui me renvoient à une actualité plus étroite...

Posté(e)

 

« Il a couru, des steppes improbables, l’encre bleue infiniment, dressé à tant d’aurores et couché sur tant de promesses ; les mondes qui l’assaillent d’illusions l’ont dépassé depuis longtemps ; il a repoussé les tables, et fait de ses volcans une piste de danse ; il a goûté l’amertume du miel et attisé sa soif aux fontaines ; des mains tressées aux siennes il a reçu la poésie, et fait un tabernacle aux mots de la folle tendresse ; de son ventre roseau il a vu tant de fois s’envoiler les oiseaux vers les déchirures … Son cœur, un petit animal dans la braise ; et c’est sur votre cœur, il n’a plus d’autre issue, qu’il abandonne l’écriture. »

 

J’ai écouté votre poème, et j’ai écrit ces mots, avec un morceau de charbon !

 

Posté(e)
  • Auteur
Le 21/11/2020 à 00:15, Jeep a écrit :

Si l’animal quitte sa niche, aussi grande soit-elle, d’autres viendront le remplacer.

Inexorablement.

 

Le 21/11/2020 à 07:49, Darius a écrit :

La métaphore étend son univers et nous interroge. Serait-ce le tableau de la fin de l'homme de Néandertal qui s'efface progressivement pour laisser place à un ancêtre plus proche de l'homo Erectus ?

 

Ou sommes-nous, par nos comportements dangereux, devenus ces monstres qui détruisent le lieu même où ils habitent.

En chacun de nous, une parcelle de Néandertal et la société à laquelle nous appartenons la désosse.

Le 21/11/2020 à 09:31, Lina a écrit :

Si l'on peut constater une lente mais certaine pacification des moeurs, la violence humaine accrue  à l'encontre du vivant vient considérablement entacher cette considération.

Une autre forme de déchaînement fait surface quand nous violentons sans vergogne notre propre lieu de vie, condition même de notre pérennité.

Nous sommes une partie de ce tout, il n'y a pas la nature et nous, il y a un tout et lorsqu'une qu'une partie pourrit, le tout s'efface.

Le 21/11/2020 à 12:12, Margueritte C. a écrit :

Belle et triste métaphore...

Triste effectivment.

Le 21/11/2020 à 14:28, Filae77 a écrit :

Bonjour @Eobb, merci pour ce beau partage. Il y a habituellement chez vous une poésie énigmatique qui propose plusieurs lectures et interprétations.

Quoique d'accord avec les commentaires  précédents, je me risque à évoquer ma propre vision: Celle de la grotte de Néandertal elle même, dont le hasard

de la découverte et les techniques industrielles d'investigation ont révélé les peintures rupestres; La question peut se poser: Ces profondeurs enténébrées

n'avaient elles pas pour vocation d'être un sanctuaire inviolable ? Dés lors l'action de l'homme s'inscrit dans un double sacrilège: la détérioration ou l'altération

des peintures, et la profanation d'un lieu sacré .

quand au 'ventre percé'  il évoque autant (à mon sens) le trou pratiqué dans la grotte que le ' ventre', siège de l'intime mis à nu par l'exploration de l'homme.

un cœur 

J'ai le ventre percé, grotte souillée et non sens.

Le 21/11/2020 à 14:47, Papy Adgio a écrit :

J'ai moi aussi beaucoup hésité entre les différentes lectures proposées par ce texte qui reste d'une grande beauté. Pour moi, tout tient dans la première et la dernière phrase : si l'homme entre dans sa propre intimité afin de faire le bilan de ses actions, il ne lui reste que la possibilité de s'effacer. Il serait bon que chacun fasse ce retour avant de disparaître. C'est noir mais ça me plaît bien. Alors, un coeur, sans hésiter.

Ce retour me plairait beaucoup.

Le 21/11/2020 à 19:00, Eathanor a écrit :

Les approches de @Filae77 et de @Papy Adgio sont intéressantes. 

Quelle que soit l'intention première de l'auteur, ces vers me parlent et valent bien un cœur.

Merci Eathanor.

Le 21/11/2020 à 21:43, Joailes a écrit :

Quand  @Filae77est passé, je n'ai plus rien à dire, sinon que j'ai aimé, @Eobb d'ailleurs je suis venue (re)lire  car ton poème le mérite. 

Merci Joailes.

Le 22/11/2020 à 07:56, Seawulf a écrit :

 

Les temps jouent contre l'humain, lui même au coeur de cette action destructrice (mais pas irréversible, pas encore !). Je partage le commentaire de @Lina

Si à chaque geste, un contre-geste alors, tout reste possible.

Le 22/11/2020 à 12:42, Thy Jeanin a écrit :

Je me sens sans hésiter ce frère neanderthalensis disparu, ces frères de vie martyrisés et, fils de ce qu'on appelle "l'homme moderne", je le suis, ce fruit pourri, cet éclopé qui n'a d'avenir que sa disparition par lui-même programmée. A bas la couronne de cet usurpateur qui se fait une destinée digne des Atrides!

J'aime ce texte puissant, efficace, qui ne se laisse pas cerner trop vite. Il y a bien encore d'autres choses, par exemple dans les deux couleurs choisies qui me renvoient à une actualité plus étroite...

Je ne le vois pas "disparu" mais intégré et j'aimerais (sans savoir pourquoi car je ne le connais pas) qu'il reprenne la main.

Le 22/11/2020 à 19:33, O Salto a écrit :

 

« Il a couru, des steppes improbables, l’encre bleue infiniment, dressé à tant d’aurores et couché sur tant de promesses ; les mondes qui l’assaillent d’illusions l’ont dépassé depuis longtemps ; il a repoussé les tables, et fait de ses volcans une piste de danse ; il a goûté l’amertume du miel et attisé sa soif aux fontaines ; des mains tressées aux siennes il a reçu la poésie, et fait un tabernacle aux mots de la folle tendresse ; de son ventre roseau il a vu tant de fois s’envoiler les oiseaux vers les déchirures … Son cœur, un petit animal dans la braise ; et c’est sur votre cœur, il n’a plus d’autre issue, qu’il abandonne l’écriture. »

 

J’ai écouté votre poème, et j’ai écrit ces mots, avec un morceau de charbon !

 

Ce morceau de charbon que j'ai retrouvé parmi les pierres de vieilles bâtisses éboulées et que j'ai déposé dans le cœur d'un mur nouveau. Merci

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