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Accents poétiques

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Verre perdu

Featured Replies

Posté(e)

 

Verre perdu


 

Écrire !      « À l’eau forte ! » j’ai soufflé      Une lettre ?

être avec L      littoralement

et rester là      en souffrance      à terre

maladresse      les mots serrés au fond

j’ai jeté le bouchon


 

Tout en haut de la scène sur le pavé des airs

les grues qu’on voit

sillonnent le blues d’un demeuré

krrou-krrou-krrou      lointains semés à la volée

sur le ballast éraillé de l’exode

tombe      incertaine

une plume qui s’étrangle

sur le lavis des derniers brûlis de novembre


 

C’est l’automne

les pommes se pendent à mon pommier

le vent picolle et les chantourne

puis s’en va faire son grain sur le dos des dunes

je ramasse des mots pour l’hiver


 

La laine flottante des brebis pleines sous la lune

une corde tendue      des mains qui s’entre-tiennent

les enveloppes froissées des rêves au petit jour

la longe d’un mauvais cheval peut-être

et la gueule du loup


 

Une dernière cibiche

et descendre aux abois d’aigrelettes villageoises


 

Noire sœur la nuit mulâtre flamboyante

s’est allongée à mes côtés

je hante la goualante d’un saxo malade

sous des étoiles noires la peau en cendre ruisselle

de sang      je suis les lignes de sa main


 

Encre sang des mots bouillonnants

charriés du ventre des foules intestines

replets au grain de ses romans à moudre

surpris par mon air inspiré

tiraillés dans la poitrine

à vif      écorchés

vidés de leur sens dans l’évidence des phrases assassines


 

Ou passante incongrue prise dans la bousculade !


 

Palombe tue      parole      sous les ratures

libre dans la peine silencieuse des champs de neige

étonnée du dedans des mots

de soie sous le manteau      crissant

astroïte de nuit blanche dégrafée du filigrane des autodafés


 

Quelque didascalie par cœur

sur le bout de la langue l’abécédaire d’une étrangère

un au-delà des mots inachevés sur la tombe du père

un nom      le propre      et son petit      refoulés      sans papier

un aveu réfugié entre les lignes

touché !      arraché peut être de la même veine


 

Je perds les mots de leurs colliers déliés

florilège cueilli au pied des gémonies

fétus nus      tellement songes

électrons décryptés rétifs à l’écriture se paient ma tête

broyés comme les coquillages avec les gouttes amères du café


 

Mots en boite

pour des rimes lointaines

mots de nègre      mots de chèvres savantes

passage de mots courant sans effet sur leurs jambages inouïs

mon ange      en apnée

mots juste débouchés

funambules pétillants syllabes sibyllines éteints-scellés

sur mes lèvres      tant de mots pour s’y taire !


 

Ah ! mots fatigués des bavardages

mots gréant tant de chimères

Insolence de l’encre qui mouille au verso des paupières


 

Plage de mots vagues

à rouler entre les doigts      à lécher      gommer

le papier déchiré sous le tabac mouillé

mais je ne fume plus !

recommencez      avec une autre feuille

et avec plus de pudeur cette fois


 

Là bas dans le soir sauvage et mauve

autour de ses châteaux fantômes

les nomades s’esquivent

les pieds vers les césures

emboîtent le pas de corpulences éphémères

nos pensées feuille à feuille

s’effleurent      s’écrivent      puis se décrivent

blanches et noires

enfin s’en lassent      et puis s’effacent

la mer se penche par dessus mon épaule


 

Je m'en vais sur ma lettre

comme la malle à Ostende suit l'estacade

avant d’écharner les brouillards

je cherche les derniers repères

dans quoi je me suis embringué

en partance      marin qui tance

une bouteille à la main

l’encre levée des alizés entre ses doigts

comme le sel en fleur

sur le sable désert et blafard d'une fenêtre nue

être sans aile      et pitre.

 

 

DSC09565.thumb.JPG.5cd3c162bf3a7080898c8df017373af4.JPG

 

 

Modifié par O Salto

Posté(e)
Il y a 2 heures, O Salto a écrit :

étonnée du dedans des mots

Wouah! Avec vous, je me suis dit avec un texte pareil, opulent et dense, tu vas oser la lecture à haute voix comme un gourmet devant un grand plat. Vous savez cuisiner les mots, les choisir dans un premier temps, toujours d'excellents produits et de saison...l'automne reste souverain. Tout est bien assaisonné en privilégiant le mariage des saveurs. Si on s'attarde bien, cadeau mérité que je gratifie à vous cher poète, on découvre au fil des mots que la composition est truffée d'alliages poétiques, de jeux de mots exquis, de miasmes d'âme, d'horizons célestes à partager avec tous les grands amoureux de la poésie. Aucune lassitude; les épices sont là sans trop exagérer pour ne pas malmener l'émotion. La lecture délectable n'est en aucun cas indigeste. Un grand bravo

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le n’importe quoi fait sens au pays des poètes mal armés.

Posté(e)

Ah ! mots fatigués des bavardages 

mots gréant tant de chimères

L'on est débordé par un torrent de mots, d'images, d'impressions, des mots qui cherchent "leur dernier repère" qui se perdent et s'entrecroisent dans un effort désespéré qui nous laissent au bord de leur signification.

nos pensées feuille à feuille 

s’effleurent      s’écrivent      puis se décrivent 

blanches et noires

 

Une poésie généreuse et imprévue.

Posté(e)

La question qui se pose est celle de l'arbitraire de l'imagination.

Posté(e)

L'imagination a tous les droits , même quand elle en abuse. Un salto poétique de haute envolée. Un coeur qui s'est éclairci sous la pluie d'Ostende

Posté(e)

sans jeu de maux, je vais me soigner par les bons vôtres (mots) en relisant car les divers degrés de vos lignes font que la lecture en diagonale peut se faire selon le point de vue de chacun...

enfin à première vue c'est ce que je pense, mais le doute m'habite encore, et c'est cette lecture personnelle que vous laissez entrouverte qui ouvre tous les horizons poétiques,

bravo

Posté(e)
  • Administrateur

Une exubérance des mots au service d'une imagination qui font de ce moment de lecture une réjouissance.

L'image accompagnant votre poème est-elle de vous ?

Posté(e)

@O Salto voici un poème où le lecteur amoureux des mots aimera se perdre, de quelque façon que ce soit, comme dans un labyrinthe mystérieux et l'imagination fait le reste. 

La mienne m'a fait entrevoir une bouteille à la mer avec un message à l'intérieur, je cherche encore ... 

Posté(e)
Le 15/11/2020 à 10:56, O Salto a écrit :

C’est l’automne

les pommes se pendent à mon pommier

le vent picolle et les chantourne

puis s’en va faire son grain sur le dos des dunes

je ramasse des mots pour l’hiver

 

Le 15/11/2020 à 10:56, O Salto a écrit :

Mots en boite

pour des rimes lointaines

mots de nègre      mots de chèvres savantes

passage de mots courant sans effet sur leurs jambages inouïs

mon ange      en apnée

mots juste débouchés

funambules pétillants syllabes sibyllines éteints-scellés

sur mes lèvres      tant de mots pour s’y taire !


 

Ah ! mots fatigués des bavardages

mots gréant tant de chimères

Insolence de l’encre qui mouille au verso des paupières

 

J'ai saisi l'imaginaire de vos mots en partance pour des destinations inconnues. Ces deux extraits, sont devenus viatiques, le temps d'une lecture. 

Posté(e)
  • Auteur

Un grand merci à vous pour votre lecture !

Posté(e)

Je relis le verre perdu avec ses visages qui l'habillent, ses oiseaux, ses animaux et ces mots qui sont votre univers, votre unique vers peut-être. Je l'aime tant parcequ'il chante aussi.

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