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Knockin' On Heaven's Door

Featured Replies

Posté(e)

En hommage à Bob Dylan

 

1

 

Une étoile ou ta chair pour demain mort-né

seul et ne rien saisir que sur cette onde noire

la mort immobile et même en cet élan

serein creuser un lit de marbre vers le centre

comme une pierre qui roule et dans les racines

dans l'or encore et pour un ciel ébouriffé

sous la pluie qui fume et glace l'ombrée

doucement tinte sur la mer une chanson

des veines de cristal sous les feuilles fluides

ne rien subir en toi perclus toujours au centre

à ton cerveau-mercure à ton rêve-radium

le monde tel qu'il est pour ton plus haut dédain

avec comme un fœtus des pavillons de soie

dans la poubelle un arc-en-ciel dans les débris

ses grains de sable et graines de narcisse

ton cou plombé dans l'Achéron dans les filandres

zéphyr pour enlacer l'aube l'été

ô minéral et aphasique et pour cingler

cap à l'enfer la Trinité dans le clinfoc

Satan lutin sous ses défroques de satin

pour crever l'écorce du soir démasquer l'azur

tes moelles dépourvues de tout autre désir

l'aurige te salue dans la vallée barbare

et dans la nuit figée ton sang pour l'aigle

incube et pour l'hermaphrodite invite-les

et va danser sur les bûchers dans les gravats.

 

 

2

 

Les batteries de l'aube sous ta peau humide

et transparent comme au dernier réveil

de ton amour sur des lits de diamants

sous la coupole où filtre la fumée du jour

naissant et les vrilles du ciel pour tes yeux

aux terrasses des anges toujours en danger

quand te lever a déchaîné tes songes

et somnolent jusqu'aux doigts du temps neutre

gangrène la musique acerbe qui te blesse

à l'opium le sang des harpies sur les vitres

et dans l'étau le plus lointain mirage

rassemble tes pensées au point zéro du monde

et descends lentement sur les gradins de l'ombre

des phares meurtriers dragons ta nuque en feu

dans les cités où s'épaissit la foule glabre

laitance bleue couvée dans les œufs du silence

des monstres édentés dans le sperme chimique

quand toi visant la mort intemporelle

sous les tentures du destin atteins les dieux

héros coche les flèches du désir et tremble

sans pesanteur et trouve enfin l'amour suprême.

 

 

3

 

Priape roi construit un gynécée

toujours ailleurs quand on a tout perdu

ivre ou mort dans le strass et la semence

la cervelle fondue des lacis à l'acide

son rêve chevelu et volontairement

vide au centre un mantra pour la raison des autres

en soi sommeille la folie en dedans

pour imiter les putains magnifiques

Priape tué par les croisés de l'autre vie

et lui seul sans âme ni devoir parfait.

crachant l'espoir et son poison clouant l'azur

dans un livre intérieur pour la beauté magique

à la table céleste essuyant son miroir

pour mordre le soleil et les nappes de l'aube

et boire à la lumière amère de son œil

et sur quelque sommet invisible à tous

pour regarder la ville amorphe en bas et pour

déshabiller la nuit gravide sur le gué

toujours en lui tournant la tête avec dédain

Vénus debout sur le perron mortel

quand vibre et luit la voix mystérieuse

sonnant les treize coups à l'horloge néante

quand à midi la foule en liesse les maudit.

 

 

4

 

Ton délire a couvert le cri des pélobates

dans le souterrain noir en cet hiver fétide

quand une horde folle a dépecé ton âme

toi ébloui pour te hisser sur les plateaux stellaires

sur la guète illunée les Cerbères surveillent

et gardent le secret de ton visage

le flash les étriers de la lumière

ta voix limant les barreaux du mensonge

et la cohue se presse dans le labyrinthe

esclaves accroupis dans leur béatitude

les yeux ternes pourris dans l'azur en feu

et toi pour renoncer à leurs rêves futurs

allant serein et ne craignant pas leur adieu

une étoile ou ta chair pour demain mort-né

bleu dans l'aura qui fait fondre la terre.

 

Posté(e)

tout simplement grandiose, tellement que j'ai besoin d'accuser le coup de coeur, et de reprendre mes esprits avant d'y revenir à plusieurs fois je pense!

ENOOOORME HORS NORMES

Posté(e)

Bonsoir @Kerlann, je suis impressionné par l'écriture de ce texte et j'admire le travail ; je l'ai déjà relu plusieurs fois et je l'ai imprimé pour mieux m'en imprégner et le découvrir dans son sens et son essence. Je reviendrai sans doute par ici ... Mais j'ai déjà choisi un cœur pour les mots.

Posté(e)
Il y a 3 heures, Kerlann a écrit :

dans les cités où s'épaissit la foule glabre

laitance bleue couvée dans les œufs du silence

des monstres édentés dans le sperme chimique

Impressionnant...je me suis dit dans un premier temps... ouf la lecture va être indigeste et puis...Le riff prend chair sous la voix nasale. Un texte dense, étonnant, truffé de saillies poétiques. Respectueux de Dylan et inconditionnel d'un de ses disciples spirituels Mark Knopfler, je rends hommage à votre univers. Excellent travail! Bravo!

Posté(e)

Ce poème est génial ! La forme est très intéressante. Ces alexandrins exempts de ponctuation forcent le lecteur à chanter de façon rapide et en oubliant un peu son souffle, comme le fait Bob Dylan dans "Like A Rolling Stone". De même, on retrouve dans cette ballade une tension subtile entre le beau et le vil :

Citation

dans la poubelle un arc-en-ciel dans les débris

Merci beaucoup ! Et n'oubliez pas que "a rolling stone gathers no moss" !

Posté(e)

Kerlann, musicien lui-même rend un hommage foudroyant à Dylan qui le mérite bien.

Cet hommage est plus qu'un écrit, c'est un cri d'amour qui trouve en Dylan, ses propres chemins.

  • Le titre a été modifié en Knockin' On Heaven's Door
Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème étourdissant d’images, d’expressions, de mots rares, qui serait néanmoins difficile à mettre en musique sur cinq accords de guitare.

Posté(e)
  • Administrateur

Absolument dantesque... Ce poème au long cours est d'une sublime richesse.

Je m'incline devant ce travail.

  • 2 semaines plus tard...
Posté(e)
Le 05/11/2020 à 17:39, Invité Kerlann a écrit :

serein creuser un lit de marbre vers le centre

comme une pierre qui roule et dans les racines

 

Le 05/11/2020 à 17:39, Invité Kerlann a écrit :

Les batteries de l'aube sous ta peau humide

et transparent comme au dernier réveil

de ton amour sur des lits de diamants

sous la coupole où filtre la fumée du jour

naissant et les vrilles du ciel pour tes yeux

aux terrasses des anges toujours en danger

quand te lever a déchaîné tes songes

et somnolent jusqu'aux doigts du temps neutre

 

Le 05/11/2020 à 17:39, Invité Kerlann a écrit :

et dans l'étau le plus lointain mirage

rassemble tes pensées au point zéro du monde

et descends lentement sur les gradins de l'ombre

 

Le 05/11/2020 à 17:39, Invité Kerlann a écrit :

en soi sommeille la folie en dedans

pour imiter les putains magnifiques

Priape tué par les croisés de l'autre vie

et lui seul sans âme ni devoir parfait.

 

Le 05/11/2020 à 17:39, Invité Kerlann a écrit :

quand une horde folle a dépecé ton âme

toi ébloui pour te hisser sur les plateaux stellaires

sur la guète illunée les Cerbères surveillent

et gardent le secret de ton visage

 

Un travail de géant, une poésie fractale, immersive, prenante, un chant  qui n'en finit pas d'éclore !. 

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