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Alakaluf

Featured Replies

Posté(e)

Alakaluf


 

Si un jour la porte s’ouvre

couleur d’amande douce

« tenez, monsieur, votre valise »

et me laisse pantois

à la corde, anathème

si j’en sors, de prison

comme un pantin

dont on ne sache qu’il pense

tant il regarde de silence

le vide de derrière ses yeux

je sais que tu es là

même sans voix légère

comme de l’air d’un rien

de brume et de rivière

dans le soleil naissant de ton sourire

même sans toi

et que la pierre de mon cœur bondit

comme une balle jusqu’à toi perdue …


 

Tu tiens encore sa main

le chauffeur te sourit

« Votre valise, monsieur »

j’ai tiré chez Filou

je demande des nouvelles

Elle est morte cent fois

on jette des rimes d’une rive à l’autre …

je me demande si tout va bien

il dit que tout va bien … enfin, il pense

On entre, on meurt, on ressuscite !

Alors tu paies un coup ! à blanc ! je dis

c’est balourd, je le sais

et sa main dans ma main, je la serre

sa joue contre ma joue, je me dis

ça va bien … ça va bien

La nouvelle Hélowise, tu l’as vue ?

je demande, comme ça

Dans ton tchelo, ça l’ faisait pas !

on a bu en silence à même la pierre

un fond de pays, sa lie

à la mémoire meurtrie des chevaux

Filou est mort

depuis qu’ils ont abattu le troupeau

vendu les terres en nantissement

là-bas j’ai perdu l’alphabet

je prends congé d’écrire, no mas !

mais ça devrait aller …


 

Tu passes chez les filles

trois ans déjà l’été

ton pal’tot s’est pendu

aux frondaisons des verbes indécis

Elle ne vient plus, dis-moi, passer le temps

auprès du serpent rouge ma chouette

tu te surprends à divaguer

sur les branches de grands arbres

j’adore les ciels électriques qui voltigent

entre les lignes vont les funambules

tout va bien … tout va bien elle pense

aux affaires à ne pas oublier

pour le week-end, à l’habitude

il est temps d’éclipser, le soleil va mourir


 

Au col de la Tombe du Père, là-haut

la neige farde tes cheveux

le vent gribouille les corps

de l’automne qui attend à la porte

je pose ma valise, bourré d’images

j’y suis enfin !

je craque de toutes les jointures

jusqu’à l’éclatement du fruit

plus farouche que le bleu

serti dans la traverse

j’ouvre les pages des orages

les tiennes les miennes je les accroche

à toutes épines des vents

sur la première de couverture j’ai gravé

des voix d’enfants qui rêvent

une soie de rétine

et sous le drap pour la beauté du geste

une dernière main

glissé ma dédicace

à qui connaît mon crime


 

Et la nuit tourne et me retourne

entre ses vagues naufragent

des aventuriers ivres de poèmes

canots de plume dans le détroit

se brisent au récif acerbe de la lune

le fanal sombre entre les écorces du ciel

où je ne trouve plus de chemin


 

Sous la voûte des orbites

qui voyagent avec lui

il a joué les mots

de ses forêts d’oiseaux

sur le buisson de cerf

sources sous l’arcade des pensées

une boîte à musique

entre les doigts

la note des épices

dont il voulait recomposer

la partition dans le verseau


 

Touche-le

il n’est ni mort ni de cire

il rêve qui l’embrasse

les yeux pleins de peinture

et de cheveux

je l’exhorte à se taire

il ne peut s’y résoudre

le souffle sur les lèvres

dépose le pollen des papillons de la nuit

il ploie

dans le saule

danse une valse lente


 

Au matin sur la neige danse encore

qui partait pour une autre montagne

le voilier des bouleaux a levé l’ancre

l’oiseau en criant monte dans le soleil transi …

un pan de rideau elle a tiré

mais il est mort déjà


 

La voix est libre

Écrivez ! écrivez, je vous prie !

 

 

 

Modifié par O Salto

Posté(e)
Il y a 5 heures, O Salto a écrit :

on jette des rimes d’une rive à l’autre …

 

Il y a 5 heures, O Salto a écrit :

sur la première de couverture j’ai gravé

des voix d’enfants qui rêvent

une soie de rétine

et sous le drap pour la beauté du geste

une dernière main

glissé ma dédicace

à qui connaît mon crime

Incontestablement vous donnez envie d'écrire. Un grand bravo!

Posté(e)
  • Administrateur
Le 05/10/2020 à 14:51, O Salto a écrit :

La voix est libre

Écrivez ! écrivez, je vous prie !

Pour aller dans le sens de @Frédéric Cogno, il est sur que votre poème ne peut que renforcer ce besoin de laisser courir la plume sur le papier.

Posté(e)

 

Le 05/10/2020 à 14:51, O Salto a écrit :

Et la nuit tourne et me retourne

entre ses vagues naufragent

des aventuriers ivres de poèmes

canots de plume dans le détroit

se brisent au récif acerbe de la lune

le fanal sombre entre les écorces du ciel

où je ne trouve plus de chemin

 

Un très beau travail d'écriture poétique. C'est vivant, presque haletant, formidablement enlevé. Une belle plume qui fait honneur à la littérature.

Posté(e)
Le 5/10/2020 à 14:51, O Salto a écrit :

Et la nuit tourne et me retourne

entre ses vagues naufragent

des aventuriers ivres de poèmes

canots de plume dans le détroit

se brisent au récif acerbe de la lune

le fanal sombre entre les écorces du ciel

où je ne trouve plus de chemin

 

juste sublime ce passage nocturne éblouissant de vos lumières

  • 2 semaines plus tard...
Posté(e)
  • Auteur

Merci aussi à vous @Filae77, et @Rosa Canina de votre passage.

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