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La margelle de mon existence

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Dans la froidure des grandes villes dortoirs,

Jusque dans les ruelles aux poumons bétonnés,

Je traîne mon spleen, épave mélancolique,

Au bout d'une laisse toute de cuir décoloré.

 

Dans l'air flotte une odeur de nuages évaporés.

Entre les lumières exsangues de lampadaires falots

Il peut se mesurer jusqu'à l'extension des silences.

La ferraille nocturne gémit sous mon pas traînant.

 

Alors que j'avance le long de façades indifférentes,

Des rêves floutés crépitent sur les trottoirs.

Dans le caniveau écument des reflets séléniens

Comme pour cacher ces éclats d'attentes brisées.

 

Sous les ombres des vacarmes nocturnes,

Las de moissonner en vain des champs d'étoiles,

Fatigué de trébucher dans ces haillons de suie,

Je me suis assoupi sur la margelle de mon existence.

Posté(e)

Un de mes préférés de ton oeuvre -  à laquelle je suis très sensible - il y a toujours ce spleen inéluctable, ces mots forts ;  mais c'est une bonne idée de s'assoupir sur la margelle ... c'est reposant et peut-être la vérité finira par sortir du puits ...  

Posté(e)

J'ai beaucoup aimé ce texte sensible car vivant entre Paris et mes montagnes, je comprends et peux même vivre ce que vous décrivez. Vos mots sont chirurgicalement choisis. 

Posté(e)

Après le langage verlan, vous inventez le langage vers long... Et vous utilisez à plein les possibilités laissées au poète de pouvoir poursuivre l'émotion jusqu'au bout du vers sans avoir le carcan de le terminer par une rime obligée et inattendue qui étouffera toute fantaisie... Comme c'est beau de pouvoir manipuler le vers libre comme vous le faites !

Mais rassurez-moi ! Réveillez-vous ! Ne restez pas assoupi !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un savoir-faire indiscutable au service d’un ton désabusé et d’une tristesse qui fait douter du sens de sa vie. Un cœur!

Posté(e)

De belles et sombres images.

le spleen dans toute sa splendeur.

attention la marge(lle) est étroite....😊

Posté(e)

"Je me suis assoupi sur la margelle de mon existence." Une fin toute reposante sur une margelle!   Où finit le spleen?

 

L'état d'âme nous est parfaitement par des mots qui lui sont propres. Merci.

 

 

 

 

Posté(e)
Il y a 13 heures, Eathanor a dit :

Dans la froidure des grandes villes dortoirs,

Jusque dans les ruelles aux poumons bétonnés,

Je traîne mon spleen, épave mélancolique,

Au bout d'une laisse toute de cuir décoloré.

 

Dans l'air flotte une odeur de nuages évaporés.

Entre les lumières exsangues de lampadaires falots

Il peut se mesurer jusqu'à l'extension des silences.

La ferraille nocturne gémit sous mon pas traînant.

 

Alors que j'avance le long de façades indifférentes.

Des rêves floutés crépitent sur les trottoirs.

Dans le caniveau écument des reflets séléniens

Comme pour cacher ces éclats d'attentes brisées.

 

Sous les ombres des vacarmes nocturnes,

Las de moissonner en vain des champs d'étoiles,

Fatigué de trébucher dans ces haillons de suie,

Je me suis assoupi sur la margelle de mon existence.

Très belle poésie dans le détail du ressenti. Les mots sont extrêmement bien choisis et frappent le lecteur en plein cœur ! "je me suis assoupi sur la margelle de mon existence". Très pénétrant et très belle métaphore. Bravo

Posté(e)

La mélancolie traîne son découragement tout au long de ces vers. J'ai lu ce poème comme un tableau sans couleurs,sa beauté grise m'a impressionné.Bravo !

Posté(e)

@Eathanor,

De la margelle, attention à ne pas tomber dans le puits ! Un spleen décliné cependant avec moins d'accents horrifiques comme dans tes précédents opus. Et hop ! un coeur.

Posté(e)

Une belle réussite poétique.

 

Posté(e)

Un poème où les sentiments sombres sont palpables et le décor désincarné.

Plus je le lis plus je l'apprécie et en apprécie les subtiles métaphores et votre ambiance.

 

Posté(e)

Vous savez que je ne comprends pas grand chose à la grande ville ! Mais en ce qui concerne le spleen, je m'y connais un peu et là vous le déclinez avec une puissance d'une douceur infini. Comme le dit Marc, il ne faut jamais trop se pencher sur la margelle de sa vie. Bien que parfois...

Posté(e)
Le 31/01/2020 à 18:24, Eathanor a dit :

La ferraille nocturne gémit sous mon pas traînant.

C'est une ferraille que je connais bien.

Posté(e)

Un poème mélancolique sur la vieillesse qui nous prend et nous emmène sans retour possible. Il doit bien y a voir un peu d'espoir tout de même dans la vie du poète qui a écrit ce texte?

Posté(e)

Vraiment très beau. Mention spéciale pour le dernier vers superbe qui ramène au titre et à sa forte métaphore.

Posté(e)
Le 31/01/2020 à 18:24, Eathanor a dit :

Dans la froidure des grandes villes dortoirs,

Jusque dans les ruelles aux poumons bétonnés,

Je traîne mon spleen, épave mélancolique,

Au bout d'une laisse toute de cuir décoloré.

 

Le 31/01/2020 à 18:24, Eathanor a dit :

Sous les ombres des vacarmes nocturnes,

Las de moissonner en vain des champs d'étoiles,

Fatigué de trébucher dans ces haillons de suie,

Je me suis assoupi sur la margelle de mon existence.

Deux extraits d'une grande profondeur poétique. Spleen étoilé. Le noir se fait moins sombre. 

Posté(e)

Il y a dan ce poème une force du décor, infini reflet d'un intérieur aux pareils délitements. Cette poésie sombre et urbaine, cette poésie des villes aux modernes solitudes nous renvoie une image tout à coup atrocement humaine.

Posté(e)

Vraiment du très beau travail

Posté(e)
  • Auteur
  • Administrateur

Merci pour vos lectures, la profondeur de vos retours et vos coups de cœur.

Ils sont autant de cadeaux que je reçois avec plaisir et humilité.

Posté(e)
Le 31/01/2020 à 18:24, Eathanor a dit :

Fatigué de trébucher dans ces haillons de suie,

C'est vraiment beau. Accrocheur et poétique comme j'aime.

  • 2 semaines plus tard...
Posté(e)

Une noirceur confondante s'insérant sous les interstices d'un macadam interstellaire ?...

Posté(e)

Très bel écrit, merci pour ce beau partage

Bon Dimanche à vous

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