Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Nuit carmin

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Lorsque tombe la fatigue des jours,

Pour oublier ces horizons hors d'atteinte,

Je m'allonge au creux des chairs nocturnes,

Enfant caché sous un linceul mélancolique.

 

Je le savais pourtant,

 

            Que jamais les morts ne disparaissent.

            Ils habitent les fractures des nuits,

            Les bâillements des heures rouillées.

 

            Le souffle céleste s'en remet à l'ombre,

            S'épuise dans la nostalgie des hauts fonds.

            Les anges ne se laissent pas apprivoiser.

 

 Je le savais aussi.

 

D'avoir gratté en vain le derme de joies imberbes,

Mes ongles émiettés ne sont plus  que schiste jauni.

Je bascule dans le revers moite d'un rêve couleur carmin

Où un chien éthique dévore l'effloraison de mon repos.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je vous ai lu au creux de la nuit carmin des maraîchers comme un chien étique affamé de poésie et j’ai dévoré la floraison riche en carotène de votre propos.

Posté(e)
Il y a 5 heures, Eathanor a dit :

    Que jamais les morts ne disparaissent.

            Ils habitent les fractures des nuits,

            Les bâillements des heures rouillées.

 

            Le souffle céleste s'en remet à l'ombre,

            S'épuise dans la nostalgie des hauts fonds.

            Les anges ne se laissent pas apprivoiser.

Pourtant je le savais aussi, c'est un plaisir de te lire ce dimanche matin, merci beaucoup.

Posté(e)

Non les morts ne disparaissent pas, ils se sont réfugiés dans les anfractuosités de notre âme...

Une belle révélation d'Épiphanie 🙂

Posté(e)
Il y a 8 heures, Eathanor a dit :

D'avoir gratté en vain le derme de joies imberbes,

Mes ongles émiettés ne sont plus  que schiste jauni.

Je bascule dans le revers moite d'un rêve couleur carmin

Où un chien éthique dévore l'effloraison de mon repos.

L'image est forte et douloureuse, à la limite du malaise...

Loin d'une nuit câline ou magique ...

Posté(e)

Les morts et les anges ne disparaissent jamais.  J'ai pourtant lu ailleurs, il faut pleurer nos anges tout le temps qu'on peut et ensuite il faut passer son temps à chasser son chagrin. Facile à dire ou à écrire, pas facile à faire mais je pense vraiment qu'il faut le faire sinon vivants nous devenons anges.

Posté(e)

Vous avez l’immense talent de donner à ce qui est laid l’apparence du beau. On eût dit que vous encensez la mort (thème central dans votre poème) : « linceul » « morts ». La Camarde, vous la peignez avec douceur : « le souffle céleste s’en remet à l’ombre ». 

On sent l’influence de Baudelaire dont le projet poétique est de faire surgir le beau des racines mêmes du mal, d’où le très beau titre « les Fleurs du mal » de son célèbre recueil de poèmes.

On sent par ailleurs, notamment dans la  dernière strophe, l’influence surréaliste : René Char, André Breton : «  le derme de joies imberbes ».

Je ne peux enfin faire l’impasse sur la jolie paronomase : « le revers d’un rêve ».

Très belle réussite.

Posté(e)
Il y a 9 heures, Eathanor a dit :

Où un chien éthique dévore l'effloraison de mon repos

J'aime bien ce vers en particulier ...Il fallait oser 😀

Amicalement

 

VM

Posté(e)

Poème âpre et déliquescent dont les images sont de nature à hanter l'esprit comme une gourmandise lovecraftienne qui suinterait d'un sommeil torturé. Lors, la porte ouverte, "ça" s'engouffre...

Posté(e)

@Eathanor,

 

C'est triste à mourir de plaisir. Et hop ! un coeur.

Posté(e)

Est-ce le cerbère ou Anubis qui hante ce poème funèbre, c'est en tout cas l'effroi qui gratte à la porte!

Posté(e)
Il y a 16 heures, Eathanor a dit :

Ils habitent les fractures des nuits,

rien que ce vers vaut qu'on s'y perde...

Posté(e)

On a beau dire, les images bien noires, dans cet univers qui t'est si personnel, font mouche. Tu le savais ..? 

Posté(e)
  • Auteur
  • Administrateur

Une nouvelle fois, merci pour la générosité de vos commentaires.

Posté(e)

Ces ongles émiettés me font penser à ces morts oubliés qui se réveillent vivants sous le couvercle de bois.

Les morts ne s'effacent pas et restent penchés sur nos destins pourtant, je ne connais pas ceux qui ont marché avant moi et ont versé dans leurs veines ce sang qui coule aujourd'hui dans les miennes.

J'aime cet univers qui remonte certainement de très loin mais je ne sais pas d'où.

Posté(e)

De retour des festivités, c'est un plaisir cette lecture, et

Le 05/01/2020 à 01:35, Eathanor a dit :

Que jamais les morts ne disparaissent.

            Ils habitent les fractures des nuits,

            Les bâillements des heures rouillées.

nos morts en sont d'autant plus présents,

 

Le 05/01/2020 à 01:35, Eathanor a dit :

D'avoir gratté en vain le derme de joies imberbes,

Mes ongles émiettés ne sont plus  que schiste jauni.

Je bascule dans le revers moite d'un rêve couleur carmin

Où un chien éthique dévore l'effloraison de mon repos.

cette  strophe est très forte et pleine de beauté

Posté(e)

Bonsoir @Eathanor

Je rejoins les commentaires de @Lina et de @ouintenabdel. Vous avez effectivement cet "immense talent de donner à ce qui est laid l'apparence du beau". L'ombre tutélaire du grand Charles ténébreux plane sur ce poème qui avance au bord de l'abîme du désespoir, avec une beauté déchirante.

 

"J'aimerais terminer sur un message d'espoir. Je n'en ai pas. En échange, est-ce que deux messages de désespoir vous iraient ? " Woody Allen  😉

 

  L'absence d'un mort nous inonde de sa présence, et nous le rend encore plus cher. 
Christian Bobin ; La lumière du monde

 

Posté(e)

Enfant caché, morts habitant des fractures, anges qui ne s'apprivoisent pas : pas de surprise si le repos se fait dévorer...

Images fortes au service d'un poème qui passe de la lassitude à l'agitation tandis que le sérénité demeure un "horizon hors d'atteinte". Le "je le savais" répété laisse entrevoir que ceci n'est pas une occurence inhabituelle. Beau mais torturé. Torturé mais beau. 😊

Posté(e)

Texte d'une grande beauté poétique. Des mots posés avec la jutesse d'un  luthier. J'ai lu et relu, Nuit carmin, c'est un écrin littéraire qui voyage entre "je le savais" et l'envie d'ailleurs. 

Modifié par Invité

  • 2 semaines plus tard...
Posté(e)

Toute la beauté d'une tristesse pour cette " Nuit carmin ", merci pour l'émotion 🙂

Posté(e)

@Eathanor Merci pour ce beau texte qui nous affuble le courage poétique d'affronter notre destin d'humains. Et bravo pour l'émotion que me donne la lecture de votre poème. Belle journée.  

  • 3 semaines plus tard...
Posté(e)
Le 05/01/2020 à 01:35, Eathanor a dit :

Que jamais les morts ne disparaissent.

            Ils habitent les fractures des nuits,

            Les bâillements des heures rouillées.

 

Sincèrement très beau. Le sens poétique a trouvé votre univers.

  • 1 mois plus tard...
Posté(e)

Eathanor, j'aime votre univers, sans doute sombre, mais je crois que je préfère l'ombre à la lumière...

Merci du partage

Posté(e)

Il existe des mondes, au delà du nôtre, accessibles par les rêves, mais seule la séparation de l'âme de son enveloppe charnelle permet de les arpenter, sans avoir besoin de respirer. Votre poème est une porte entre ouverte sur un clair-obscur, on s'y engouffre prudemment ! Merci pour l'évasion le temps d'une lecture. 

Modifié par Invité

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.