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J'ai pensé

Featured Replies

Posté(e)

Cette saison
le vent
et les flots à l'envers

 

J'ai pensé : "vas-y, fais le vite,
efface le temps pour qu'il se plisse,
vas-y, souffle plus fort,
que je puisse attraper deux trois vagues
et les coudre."

 

C'est le temps qui se glissera à l'intérieur
un sable fin du bord des saisons
un revers d'amain
mon angevin
un ourlet finement cousu
qui se remplira
des poussières qui nous rencontrent

 

Et puis un son
le temps pleurait
il avait peur

 

J'ai pensé : "tu y es presque, continue,
souffle, souffle encore plus fort,
il se replie,
il sait qu'il va finir sa vie entre mes plis,
et les épices pour lesquelles je me battais
vont se dissoudre
et le flacon qui les contenait,
forme divine,
va se briser
et le morceau qui disparaît
ne sera jamais remplacé."

 

Mais cet été va mourir
je le croyais pris au piège

il a brisé l'aiguille qui pendait autour de mon cou

 

J'ai pensé : "pourquoi tu continues de souffler,
pauvre fou,
veux-tu que je te pique ?
mais tu ris !
tu as raison,
mes coutures n'ont pas tenu
et mes cicatrices ne s'effacent pas
elles s'agrandissent,
mais tu continues ?
tu me nargues ? Tu te moques ?
c'est donc toi que j'entendais !
et tu me réponds
je deviens folle
que le temps n'existe pas pauvre folle."

 

Et puis des silhouettes sur un bateau à vapeur
avec des chapeaux et de grandes robes
peut-être un voyage à travers le temps
ma pauvre tête à l'envers
avec des balconnières
les fleurs séchées qui ornaient les salons ont rejoint le feu
des balconnières fraîches, rouges
que cet été meurtrier aura épargnées
parce que ma main les aura protégées
d'une ombre animale
qui savait
malgré moi
malgré mes envies de tempêtes
qu'après l'été, que je retenais en vain,
il y aurait cet autre automne qui n'existe pas encore
je le sais le vent
le poète à l'arrosoir
et les balconnières promettent des graines
que le vent ira semer où bon lui semble

 

Mes épices auront brûlé
mais le flacon infirme continue de me boire
il se reconstitue après chaque été mort
amputé
il se reconstruit
plus petit
matière arrachée

 

Et les hirondelles s'attroupent et les fils balancent
il n'en faut pas plus pour sentir le vertige et la trahison
des images en arrière
des images d'archives désormais
avec des arrêts parfois
comme si j'avais à portée de ma main nouvelle
un bouton pour relancer le film des minutes vers l'avant

 

J'ai pensé : "il y avait du vent dans mes cheveux d'autrefois, dans mes cheveux d'avant."

 

J'ai pensé : "n'aie pas peur de lui,
regarde ta balconnière
ta peau en sueur
ta naissance
regarde bien
et le vent te dira que tu n'es plus folle
l'été n'est pas perdu."

 

J'ai pensé encore : "lance une pièce de monnaie
mais, 
je ne l'ai pas fait,
ce vent,
le malicieux,
aurait été fichu de la poser sur la tranche."

 

Je n'y pense plus à présent. Il pleut enfin.
 

Modifié par Diane
orth.

Posté(e)

Je repasserai lire ce texte, je reviendrai m’y perdre. Merci pour le partage !

Posté(e)

Je me suis sentie ballotée entre tes mots, Bleue. Et même si je n'ai pas tout compris j'ai beaucoup aimé ma lecture, merci !

Posté(e)

Le long texte est assez harassant à lire et pour tout dire, je suis épuisée 🙂

 

Tout cela est assez bizarroïde, voire terrifiant comme ce passage 

 

Il y a 12 heures, Eobb a dit :

Mes épices auront brûlé
mais le flacon infirme continue de me boire
il se reconstitue après chaque été mort
amputé
il se reconstruit
plus petit
matière arrachée

Il est question de maladie ?

Posté(e)

Bonsoir @Eobb une drôle d'atmosphère filtre tout le long de ce poème ; en définitive l'image qui m'est venue est un sablier, je ne sais pas exactement pourquoi. 

Posté(e)

C'est épique 😁 J'aime beaucoup ce texte. Je n'ai pas la clé pour l'ouvrir, mais j'ai ressenti beaucoup de choses à la lecture, entre autres la pérennité des blessures, l'urgence de la quête, la vanité des combats contre l'irrémédiable, l'acceptation, l'abandon. Les images sont superbes et le rythme excellent, comme toujours.

Posté(e)
  • Auteur

@Picotto j'ai l'esprit vagabond qui aime pourtant ses frontières

 

@Filoniens c'est l'automne, avec cette impression parfois sans nom

 

@Mohè tu connais mes écritures aux labyrinthes dans lesquels je perds parfois le fil et pourtant je parviens à en sortir lorsque je grimpe sur une paroi par je ne sais quel élan. Merci Mohè

 

@Diane non, il ne s'agit pas d'une maladie du docteur. Votre "bizzaroïde" me lance en arrière : sur un portail était noté "attention, chien bizarre" et cela m'a attiré mais je ne l'ai pas vu, bizarre, vous avez dit bizarre, comme c'est bizarre

 

@Joailes le sablier du temps

 

@Natacha Felix vos ressentis sont à fleur de peau, un rythme cardiaque au plus près de la peau.

 

Dans mon imaginaire, je capturais le vent, je le pensais. Je demandais au vent la tempête pour attraper trois vagues et les coudre. Le temps devenait objet et je l'enfermais à l'intérieur. Il ne passait plus. Mes épices, au temps contenu, mes envies, ne tiendrait plus à l'intérieur, j'en serais libérée mais le temps n'existe pas et le vent ne peux rien même si je crois qu'il rit. Voyage dans le temps. Et puis, je sème, j'arrose pour accepter à nouveau ce temps qui passe, il pousse et embellit

Le 27/11/2019 à 23:08, Eobb a dit :

Mes épices auront brûlé
mais le flacon infirme continue de me boire
il se reconstitue après chaque été mort
amputé
il se reconstruit
plus petit
matière arrachée

Vigilance car chaque fin d'été ce sentiment, cette envie et du coup, je me sens à l'étroit, fatiguée d'y revenir encore après cette rude bataille de l'été précédent.

Posté(e)

J'aime quand un poème  me prend et m’étourdit. Je serai infoutu d'analyser ce texte  mais la sensation qu'il me procure me pousse à relire encore et encore.

Posté(e)

Le texte est agréable . J'ai ressenti une forme d'inspiration.

 

 

 

Posté(e)

Si le texte est long c'est qu'il chemine à son rythme, un peu déjanté et dans lequel les images nous croisent au passage , comme il sied dans des mondes semblables à ceux d'Alice, jadis.

Posté(e)
  • Auteur

@Nomal' sland je m'étourdis parfois en écrivant. Merci beaucoup

 

@Mohand merci pour votre ressenti

 

@Gabriel Montigny un mot en tirant un autre par sa définition, par ses sonorités, un mot invitant une image, un souvenir, le poème est parfois habité par Alice. Merci

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