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Quel miracle tes mains!

Featured Replies

Posté(e)

Doux menuet de miel qui émane des mangues,

Quand minuit fait sa mue se mêlant aux harangues

Des fleurs et des oiseaux, voici tes mains, maints songes,

Malmenant la mousson sur un mauve mensonge

Mouillé en manuscrit pour mouler les mirages.

Moites sont tes paumes pour ces chauds modelages

Où des mânes marins, des manouches minois,

Dans la marne et le mil mugissent en émoi,

S'immolant de marées au pied des vieux fossiles

Encor sanguinolents de mouvants évangiles.

 

Hôtesses des milans, tes deux mains messagères,

Au vol si gracieux  miment l'onde mammaire

Et vont mander ton âme au feu d'un météore

Qui s'amuse à mirer la mémoire des morts,

Aimant à marier au dessus des monts noirs,

La mine de la foudre et la plume du soir,

Émincées et limées avant l'ultime transe,

S'apprêtant à plonger au seuil d'un gouffre immense,

Dans un firmament fou, l'encrier boréal,

Rempli jusqu'à ras bord dans sa moire infernale!...

 

Quel miracle tes mains! Manne mince et menue

Née d'un chariot blanc d'éclairs inattendus,

Cristal rose des ergs, semailles de Mercure,

Mousseline des mers, céleste manucure,

Fétiche d'un été déjà roux de muscade,

Sable d'or fin sacré sous les draps des cascades,

Petits monceaux d'azur, fragment d'un livre saint,

Maquis sans épine qui s'ouvre en un écrin

Pour les pleurs des condors et l'envol des caresses,

Témoignant des nichées d'augure et de sagesse.

 

Quel miracle tes mains! Monture méridienne,

Musc d'un grand manitou livrant les indiennes,

Tendres mets d'orient, savoureux pains d'argile,

Rameaux plus reluisants qu'un arbrisseau du Nil,

Brasero des veillées où cause le silence

Flairant toute amitié dans sa timide errance,

Tes mains savent régir en un étrange office,

De mutantes prières et de sourds sacrifices,

Avec tous les enfants que tu sais prophétiques,

Avec tous les mourants que tu touches, mystiques!..

 

Quel miracle tes mains! immuables meunières,

Muscle de merisier, pur limon des rivières,

Saillie d'une source aux phalanges minérales,

Méandres d'art mutin aux fraîcheurs de pétales

De magnolias mus par deux jolies pirogues,

Dont le flot communie et dont le parfum vogue

Vers une baie nacrée où pêchent les flamants,

Échassiers par tes doigts aux ongles rose-sang.

 

Quel miracle tes mains! Mouette en mal de mer,

Le plumage soyeux et le bec émissaire

Tenant la sardine pailletée de soleil,

Joyau d'or et d'argent frétillant sans pareil,

Pour un festin secret sur une île oratoire

Où les morses sont morts, lourd rivage d'ivoire,

Sous les embruns rougis par un couchant cruel

Quand le vent gabelou fait provision de sel.

 

Mais d'où viennent tes mains essuyeuses de larmes?

Vibrent-elles pour seoir ton ineffable charme?

Pieux toucher de nuit, est-ce chose d'humain?

Ô gestes fécondés! charme né de tes mains.

Petits moineaux de mai musardant sur la miche,

Dans le creux de ta main, le museau de la biche

Est venu sublimer la noble mignardise,

Celle aux vertus d'amour si longuement exquise,

Que se disputeront dans un nid troubadour,

Les beaux chardonnerets, les fauvettes du jour,

Ou les mulots malins ou bien les musaraignes,

Captifs fiers et heureux d'être à la même enseigne,

Entre tes mains, sucrées, magiciennes corolles,

Qui se ferment, s'ouvrent, qui parfois s'étiolent,

En mitaine d'hiver quand le blizzard rumine

Pour courir se blottir comme la blanche hermine.

 

Quel miracle tes mains! Mélancolie monarque,

Monacales odeurs effeuillées chez Plutarque,

Lingerie de la brousse aux plis de brume rose,

Clapotis de la lave en fusion ou en prose,

Frai funèbre des fjords, coulée pétrifiante

Qui fait naître en son sein des voix terrifiantes,

Des motifs de saisons toutes griffées de froid,

Se souvenant encor du rite des parois,

Sous le feu des flambeaux dans les grottes polies,

Quel miracle tes mains! Ce sont les plus jolies!...

 

Modifié par Frédéric Cogno

Posté(e)

Et quel miracle que les tiennes, capables d'écrire autant de mots qui transportent, simplement au creux de mains ... Bravo. 

Posté(e)

@Frédéric Cogno As-tu pensé à une musique pour ce magnifique texte ?

Posté(e)

moi qui né à Lourdes ne croit qu'en mon seul miracle, là je dois dire que je m'incline et vais soumettre au jury lourdais si le vôtre est officiellement recevable, sinon vous serez toujours celui de mon coeur touché

Posté(e)

Puissantes métaphores cosmiques qui rendent hommage à ce miracle de la création : Les mains que tant de tableaux ont célébré!

Posté(e)

@Frédéric Cogno,

 

J'en suis sur le cul de ce flot enchanteur qui m'a transporté jusqu'aux confins de l'impectitude et de l'ernesthétisme. Merci pour cet excellent moment de lecture. Et hop ! un coeur.

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 21 heures, Yguemart a dit :

@Frédéric Cogno As-tu pensé à une musique pour ce magnifique texte ?

Bonsoir Yguemart. Sincèrement non, ce n'est pas une chanson mais pourquoi pas une musique appropriée... Je reste ouvert.

En tout cas un grand merci pour tes encouragements.

Posté(e)

Des mots qui se muent en miel .

Posté(e)

Magnifique ! Les allitérations en [m] produisant un effet de mollesse et de tendresse évoquent à merveille la douceur, la magnificence de ces jolies mains, faiseuses de miracle, ces mains essuyeuses de larmes. Â lire et à relire sans modération ! Un coup de cœur bien mérité.

 

Posté(e)

Une écriture puissante qui emmène loin par la puissance de son débit qu'on devine intarissable.

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